L'Afrique du Sud

 

 

Préhistoire

Durant le Later Stone Age se mettent en place des groupes apparentés aux Bochimans et aux Khoïkhoï actuels. En l'absence de documentation écrite et compte tenu de la rareté des vestiges archéologiques, il est difficile de reconstituer précisément l'histoire et l'évolution de ces groupes. Il semblerait que le nombre des Bochimans n'ait jamais excédé une cinquantaine de milliers d'individus sur le territoire de l'actuelle Afrique du Sud. Ces chasseurs-cueilleurs nomades avaient un tel respect de la nature qu'ils n'ont, en termes modernes, laissé presque aucune empreinte écologique à part des peintures rupestres.

Il y a environ 2 500 ans, certains Bochimans ont acquis du bétail des régions plus au nord, ce qui a graduellement changé leur mode de vie économique de chasseurs-cueilleurs vers celui d'éleveurs. Cela a introduit les notions de richesse personnelle et de propriété dans leur société, en solidifiant ainsi les structures et développant sa politique.

Les Khoïkhoï se sont déplacés vers le sud, rejoignant la région du cap de Bonne-Espérance. Ils ont continué à occuper davantage les côtes, tandis que les Bochimans, qu'ils nommaient San, sont restés à l'intérieur des terres. Leurs liens étaient toutefois étroits et le mélange des deux cultures a donné lieu à celle des Khoïsan.

 

Expansion des Bantous

À la même époque où les Khoïkhoï apparaissent, des peuples Bantous sont arrivés du nord-ouest, plus précisément du delta du Niger. La première vague de ces peuples migrants issus de l'âge du fer, agriculteurs et éleveurs, aurait atteint l'Afrique du Sud vers l'an 3004 pour s'établir dans l'actuelle province du KwaZulu-Natal vers 500. D'autres ont descendu la rivière Limpopo vers les IVe siècle ou Ve siècle pour parvenir vers le Xe siècle dans l'actuelle province du Cap-Oriental. Leur migration n'était pas cohésive et s'est faite en petites vagues, déplaçant tout de même des populations de chasseurs-cueilleurs.

Non seulement éleveurs, les Bantous étaient aussi des agriculteurs, maîtrisant entre autres cultures, celle du blé. Ils travaillaient aussi le fer et vivaient dans des villages. Ce sont les ancêtres des peuples parlant les langues nguni : xhosa, zoulou et diverses autres langues tribales. Les Xhosas seront les seuls à être organisés en États pour se défendre de leurs voisins. Pour tous les autres peuples, l'unité politique ne dépassera pas le groupe de village.

Au nord, dans la vallée du fleuve Limpopo et de la Shashe, s'établit un premier royaume indigène régional à partir du Xe siècle. Économiquement fondé sur l'extraction de l’or et le commerce de l’ivoire, la position stratégique de ce royaume de Mapungubwe permet à ses habitants de commercer via les ports d’Afrique de l’Est avec l’Inde, la Chine et le sud de l’Afrique. Ce royaume prospère est alors le plus important lieu de peuplement à l’intérieur des terres de l'Afrique subsaharienne. Il le demeure jusqu’à sa chute à la fin du XIIIe siècle, résultant d'un important changement climatique contraignant les habitants à se disperser. Le siège du pouvoir royal se déplaça alors au nord vers le Grand Zimbabwe et vers Khami. Diverses communautés s'installèrent ensuite dans le voisinage.1

 

 

La colonisation européenne

L’Afrique du Sud, longée dès la fin du 15e siècle par les navigateurs portugais, commença réellement à intéresser les Européens au 17e siècle.

C’est en effet en 1652 que la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales, la Jan Compagnie, y installa une escale pour ses bateaux sur la route des Indes. Il s’agissait de ravitailler en produits frais les navigateurs dont beaucoup mouraient de scorbut.

Cette année-là, un fonctionnaire de la Jan Compagnie, à la tête d’une centaine d’hommes, débarqua avec mission de construire un fort au Cap de Bonne Espérance, de faire des provisions d’eau douce, de cultiver des légumes frais et de se procurer du bétail auprès des indigènes pour ravitailler les bateaux de la Compagnie.

Les premiers Européens d’Afrique du Sud furent donc des Hollandais employés de la Compagnie. Puis vinrent des « bourgeois libres » - non employés donc - mais liés à la Compagnie par un contrat. Ce contrat valable pour vingt ans leur imposait de fournir du travail et des produits à la Compagnie, de vendre à celle-ci leur production à des tarifs fixés, leur interdisait de produire des denrées qui pourraient concurrencer la Compagnie et, surtout, de commercer librement avec d’autres que la Compagnie.

Les colons étaient soumis à l’administration de la Compagnie et n’avaient pas le droit d’agrandir les terres qui leur étaient allouées.

Ces paysans-colons supportèrent mal le pacte colonial qui les subordonnait à la Compagnie. Tout au long des quelque deux siècles et demi d’histoire coloniale, un antagonisme tantôt sourd, tantôt violent opposa la petite communauté de paysans blancs à l’administration coloniale du Cap. Celle-ci, d’abord hollandaise, devint britannique à partir de 1795. Cela n’arrangea rien. Il y eut des revendications, des émeutes, des révoltes ; et surtout des vagues successives de migration afin de fuir l’emprise de l’administration coloniale, au-delà des frontières de la colonie. Les colons y trouvèrent des terres libres et se taillèrent de grands domaines dans de bons pâturages sur lesquels ils élevèrent du bétail et vécurent en quasi-autarcie.

Seulement ces terres n’étaient justement pas si libres que ça. Les colons du Cap, aussi bien que les vagues successives de « Treck boers », de « paysans migrants » comme ils s’appelaient eux-mêmes (boer signifie « paysan » en hollandais), se heurtèrent à différents peuples : d’abord aux Bushmen et aux Hottentots, premiers occupants du pays, puis, au fur et à mesure de leur expansion, aux peuples numériquement bien plus importants, de langues bantoues.

Des peuples Bushmen et des Hottentots, il ne reste plus grand-chose aujourd’hui. Ils furent exterminés comme le furent, à peu près à la même époque, les peuples indiens d’Amérique. L’État colonial anglais désormais bien installé au Cap et les descendants des émigrants hollandais qui se nommaient désormais les « Boers », tantôt alliés tantôt se combattant, menèrent au cours du 19e siècle plusieurs guerres pour occuper les terres des différentes tribus bantoues. Ils s’affrontèrent aux tribus Xhosas puis aux Zoulous qui s’étaient constitués en un véritable empire militaire, à l’initiative de leur chef Chaka.

Les rapports entre l’impérialisme britannique et les « Boers » semblèrent se stabiliser vers le milieu du 19e siècle. Les régions côtières du Cap et du Natal étaient colonies britanniques. Se désintéressant de l’intérieur des terres, l’Angleterre finit par reconnaître l’indépendance des communautés boers qui se transformèrent en cinq Républiques, dont les deux principales furent la République du Transvaal fondée en 1852, qui ne comptait guère plus de 5 000 familles et l’État libre d’Orange, fondé en 1854 par quelques 4 000 familles boers.

À vrai dire, elles n’eurent qu’un répit de courte durée.

 

La « ruée vers l’or » sud-africain

Tout commença à changer à la fin du 19e siècle. En 1867 et 1871, ce fut la découverte du diamant. En 1886, ce fut la découverte de l’or dans les Républiques boers. Cela donna une impulsion brutale aux entreprises de l’impérialisme britannique en Afrique du Sud. Le centre de la vie économique, jusqu’alors situé au Cap, se déplaça soudainement vers les zones minières. Le grand capital anglais rattrapa ainsi les fermiers boers. Les Républiques du Transvaal et de l’Orange ne furent plus pour eux ces lieux isolés où ils tentaient de maintenir sans être inquiétés leur économie rurale, précapitaliste, basée sur l’exploitation d’une main-d’oeuvre africaine privée de tout droit et maintenue dans une condition servile.

La découverte des richesses minières déclencha une formidable ruée des hommes et des capitaux. Les hommes d’affaires de Londres s’intéressèrent à leur exploitation. Parmi eux, un certain Cecil Rhodes vint faire fortune. Il fonda en 1880 la société minière De Beers. Huit ans plus tard, la De Beers disposait du monopole de la production de diamants. Et Cecil Rhodes s’occupa alors de l’or du Witwatersrand, au Transvaal, la région où était en train de naître la ville de Johannesburg. Sa société, la Gold Fields, devint l’une des deux plus puissantes sociétés minières parmi les huit qui se partageaient l’or du Transvaal.

En marge de l’économie boer traditionnelle, une industrie capitaliste se développa à une allure vertigineuse. Neuf ans après l’ouverture des mines de diamant, la production était passée d’un peu plus de 150 000 livres à près de trois millions et demi. Ouvertes en 1886, les mines du Witwatersrand produisaient en 1894 déjà près de 7 millions de livres d’or.

Toute une population nouvelle afflua vers les centres miniers. Près de 100 000 Britanniques vinrent s’installer entre 1885 et 1895 au Witwatersrand. La ville de Johannesburg poussa comme un champignon. Née de rien, elle comptait 3 000 habitants en 1887, 30 000 en 1890 et plus de 100 000 dont la moitié d’ouvriers noirs, en 1896.

Tout cela se produisait dans le même pays où 30 000 Boers vivaient isolés les uns des autres dans leurs fermes disséminées, se consacrant à la culture du blé, de l’orge, de l’avoine, du maïs et élevant des troupeaux de chèvres, de moutons, de boeufs et de chevaux. Voici comment, en 1900, l’auteur français d’un ouvrage favorable aux Boers, les décrivait : « Le Boer est resté pasteur (il ne s’établit pas comme commerçant ou artisan), il n’a pas hâte de s’enrichir, il ne désire pas changer... il ne demande qu’à vivre isolé. Sans enthousiasme, avec l’horizon intellectuel le plus borné,... conservant sa bible qu’il ne sait pas toujours lire au chevet de son lit, il a l’esprit pratique qui convient aux pionniers de la civilisation africaine ».

Cet esprit pratique ne fit tout de même pas manquer à certains Boers du Transvaal et de l’Orange l’occasion de tirer profit de la mise en exploitation des richesses minières. Les nouvelles agglomérations offrirent de nouveaux débouchés à la production agricole dont les prix augmentèrent brutalement. Le commerce se développa. Au Transvaal les prix des terrains s’envolèrent.

Mais cela, c’était presque dérisoire par rapport à ce que représentaient les immenses richesses minières du Transvaal. Et les capitalistes anglais regrettaient que l’or du Witwatersrand restât sur le territoire du Transvaal, c’est-à-dire un État jaloux de son indépendance, qui levait des impôts sur les bénéfices des compagnies minières, ne se pliait pas à leurs besoins et refusait tout droit politique et civique à la communauté britannique qui représentait pas exemple 34 000 personnes à Johannesburg contre seulement 8 000 Boers !

 

La guerre des Boers

L’intérêt économique nouveau et considérable que représentaient pour la Grande-Bretagne les territoires occupés par les deux Républiques boers et en particulier le Transvaal, l’amena à tout faire pour briser leur résistance. C’était l’époque de la conquête coloniale du continent africain et de son dépeçage par les puissances européennes. Les Portugais étaient présents au Mozambique, au nord-est du Natal et du Transvaal, en bordure de l’Océan Indien, tandis que l’Allemagne de Bismarck avait mis la main sur le territoire du Sud-Ouest africain, l’actuelle Namibie.

Cecil Rhodes ambitionnait la réalisation d’un vaste empire britannique mais le Transvaal recherchait un soutien du côté de l’Allemagne contre les prétentions britanniques. C’était là une raison supplémentaire et urgente pour l’impérialisme anglais de préparer la guerre contre le Transvaal et l’Orange. Ce fut la guerre des Boers.

La guerre commença en octobre 1899. Elle fut menée avec tous les moyens d’une grande puissance industrielle comme l’Angleterre. Ceux qui la conduisirent du côté anglais tuent d’ailleurs deux vétérans des massacres coloniaux : Lord Kitchener qui venait d’écraser les populations du Soudan, et Lord Roberts qui venait de l’Armée des Indes. Ce fut une guerre coloniale menée avec la même férocité que celle dont les armées anglaises - comme d’ailleurs les armées françaises ou allemandes avaient fait preuve dans les précédentes guerres de conquête en Afrique ou ailleurs, la différence étant que cette guerre se menait cette fois contre une population blanche de souche européenne.

La guerre dura deux ans et demi, au cours desquels la population opposa une résistance acharnée. Les paysans boers menèrent contre l’armée anglaise une lutte de guérilla. Pour en venir à bout, les Anglais coupèrent les combattants boers de leurs arrières. Les troupes incendièrent systématiquement les fermes et les cultures, massacrèrent les troupeaux et procédèrent à la rafle des femmes, des vieillards et des enfants qu’ils rassemblèrent dans des campements de fortune gardés militairement. Les Anglais appelèrent ces camps « camps de concentration ». Le mot était promis à un grand avenir !

Dans un pays dévasté par la politique de la terre brûlée, les Boers épuisés capitulèrent le 31 mai 1902. 4 000 d’entre eux étaient morts au combat et 1 100 avaient été déportés dans de lointaines colonies anglaises. 28 000 personnes étaient mortes de maladie dans les camps, dont 22 000 enfants, dans un pays où les Boers étaient, avant la guerre, sans doute moins de 500 000.

L’impérialisme anglais avait ainsi écrasé dans le sang les velléités d’indépendance des Républiques boers. L’ensemble de l’Afrique du Sud devint une colonie anglaise. Au sein de la population blanche de cette colonie, il subsistait deux groupes bien distincts : la population de langue et d’origine anglaise, formée des immigrants arrivés à la fin du 19e siècle d’une part, et d’autre part la population boer. La guerre des Boers contribua à faire que cette population boer se sentit soudée, acquit une conscience nationale, ressentit une haine durable pour l’Angleterre qui représentait pour elle le colonialisme et la conquête étrangère. Il y eut un nationalisme « boer », un peuple « boer » qui se nomma aussi « afrikaner », qui revendiqua sa propre culture, sa propre langue, « l’afrikaans », langue dérivée du hollandais et comportant des mots africains.

Une fois gagnée la guerre des Boers, l’impérialisme anglais chercha un accommodement avec les dirigeants boers. Il chercha à mettre en place dans la colonie, un État et un gouvernement disposant d’un soutien local. Il accorda à la population d’origine anglaise les droits politiques que les Républiques boers lui refusaient lorsqu’elles étaient indépendantes, mais il reconnut aussi des droits politiques à la population boer. Il n’y a qu’à la population africaine qu’on ne reconnut aucun droit. On peut même dire que c’était là la base de l’accord conclu entre les Boers et les Anglais.

Ainsi, huit ans après la guerre des Boers en 1910, la colonie fut unifiée sous le nom d’Union-Sud-Africaine, avec un gouvernement siégeant à Prétoria, un parlement siégeant au Cap et à l’élection duquel la population d’origine anglaise pouvait désormais participer. Elle prit la forme d’une fédération comprenant le Natal, la province du Cap, l’État libre d’Orange et le Transvaal. La colonie reçut le statut de dominion, c’est-à-dire qu’elle disposa d’une très grande autonomie.

En fait, la fondation de l’Union-Sud-Africaine, la réconciliation entre la Grande-Bretagne et une fraction des dirigeants boers correspondait aussi à une alliance de classe que l’on a nommée, de façon imagée, « l’alliance de l’or et du maïs » : celle des classes dirigeantes boers, c’est-à-dire en fait les secteurs capitalistes de l’agriculture sud-africaine avec le grand capital impérialiste de la puissance coloniale, l’Angleterre. De plus en plus d’ailleurs, à la différence de ce qui se passait dans les autres colonies, ce grand capital impérialiste tendit à réinvestir sur place et à devenir en fait un capital sud-africain. Sous la poigne de ces deux classes qui progressivement n’en firent plus qu’une, le nouvel État accéléra l’entrée de l’Afrique du Sud dans l’ère capitaliste.2

 

Naissance d’une classe ouvrière

L’arrivée du grand capital impérialiste et des activités industrielles imposa un bouleversement de toute la société sud-africaine dans cette période de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. En particulier, on vit apparaître une nouvelle force sociale, le prolétariat.

Les sociétés minières firent venir d’Europe, en général de Grande-Bretagne, la main-d’œuvre qualifiée dont elles avaient besoin. Ces ouvriers britanniques qualifiés n’acceptèrent de venir dans le pays qu’en étant assurés de trouver sur place les salaires et les conditions de travail qu’ils auraient trouvés en Europe même.

Mais l’exploitation intensive des mines, les industries qui surgirent tout autour, créèrent aussi un besoin massif de main-d’œuvre non qualifiée que les grandes compagnies voulaient payer le moins cher possible.

Mais il arriva en Afrique du Sud ce qui arriva dans presque tous les pays à l’aube de la révolution industrielle. La population locale, même pauvre et affamée, n’accepta pas facilement d’être réduite à l’esclavage industriel. Dans les Républiques boers, les indigènes noirs continuaient à vivre d’une agriculture de subsistance, cultivant la terre en partie pour le propriétaire boer, en partie pour eux-mêmes, en partie pour vendre leurs produits. Ils n’avaient guère envie de quitter la terre pour l’usine ou la mine.

Le grand capital ne trouva pas plus la main-d’œuvre qu’il cherchait dans la population boer. Sans doute une grande partie de cette population était pauvre. Mais le fermier afrikaner, même pauvre, restait par-dessus tout attaché à sa terre, à son mode de production individuel.

Alors, les grandes compagnies minières allèrent d’abord recruter des travailleurs contractuels dans les pays voisins, notamment au Mozambique. Et ; pour qu’ils ne s’enfuient pas de la mine après quelques jours de travail, elles créèrent le système des « compounds ».

Le « compound », c’était - et c’est toujours, car cela existe encore - un camp de travail forcé où les travailleurs sont soumis à un véritable esclavage. Pendant toute la durée de son contrat le travailleur doit vivre à l’intérieur d’un véritable camp de concentration militairement gardé.

Pour justifier ces « compounds », les compagnies disaient qu’il fallait empêcher les travailleurs d’emporter avec eux de l’or ou des diamants. À la fin de son contrat on gardait même le travailleur sur place le temps de le purger pour voir si on ne trouvait pas dans ses excréments un peu d’or ou des diamants qu’il aurait avalés pour pouvoir les passer. Mais le but réel du « compound » était de contraindre ces hommes que l’on avait été chercher au fin fond de la campagne africaine à être des esclaves dociles.

Pour trouver de la main-d’œuvre acceptant de travailler à ces conditions, les compagnies allèrent d’abord recruter des travailleurs contractuels jusqu’en Chine. Mais pourquoi recourir à l’immigration alors que la main-d’œuvre pouvait se trouver sur place ? Il suffisait de soumettre la population locale.

La Commission du Travail du Transvaal, qui était pratiquement la voix officielle des patrons des mines d’or estima nécessaire de recourir, selon ses propres termes, à la « contrainte directe ou indirecte », à « des impôts plus élevés », et enfin à « l’introduction dune législation modifiant le régime des terres tenues par les indigènes ».

Les dirigeants sud-africains s’y prirent d’une façon radicale. En 1913 fut adoptée la « loi sur les terres indigènes ». Sous prétexte de protéger les terres des Noirs, cette loi institua des réserves dans lesquelles l’achat des terres par des Blancs serait interdit. Mais réciproquement, la loi interdisait toute tenue des terres par les Noirs à l’extérieur de ces réserves, qui ne constituaient pourtant que 7,3 % de la superficie de toute l’Union-Sud-Africaine (pourcentage qui fut porté en 1936 à 12,7 %). Cela voulait dire l’expulsion violente de centaines de milliers de Noirs des terres qu’ils occupaient à l’extérieur des réserves. Alors que les réserves elles-mêmes étaient bien incapables d’accueillir et surtout de nourrir tous les Noirs d’Afrique du Sud. Chassés des terres désormais réservées aux Blancs, pourchassés par la police, l’armée et les commandos des fermiers blancs, réduits à la misère s’ils rejoignaient les réserves, les Noirs n’eurent plus d’autre choix que d’accepter de devenir des prolétaires sous-payés.

Les compagnies avaient déjà instauré le système des « compounds ». Mais avec cette loi, c’est toute l’Afrique du Sud qui était en train de devenir pour les Noirs, un gigantesque « compound », un grand camp de travail forcé. Pour permettre d’extraire l’or et les diamants dont le monde capitaliste avait un furieux besoin, ce sont des centaines de milliers de vies humaines qui furent tragiquement bouleversées.

En même temps, l’expulsion des Noirs et la création des réserves, permirent de rejeter la population noire non productive, les femmes, enfants ou vieillards, vers les réserves. On leur laissait le soin de trouver sur place à se nourrir des fruits d’une terre surpeuplée. Les seuls Noirs que les dirigeants sud-africains voulaient voir dans les zones blanches étaient des travailleurs migrants n’ayant pas à payer le logement et la nourriture de leur famille. Le coût de la force de travail des Noirs était réduit d’autant.

Mais la violence capitaliste ne s’exerçait pas que contre les Noirs. Elle frappait et bouleversait en fait toute la société. Bien des petits fermiers boers se réjouirent peut-être quand ils virent les Noirs chassés de la terre. Pour eux c’était des concurrents qui partaient, et cela les confortait dans l’idée que eux, les Boers, étaient tout de même une race supérieure qui avait droit à un meilleur traitement. Mais ils se trompaient. Il n’y eut, sans doute, pas de « loi sur les terres des Boers » pour les mettre dehors. Mais ils furent chassés quand même, eux aussi, de la terre.

Pour certains d’entre eux, ce fut la conséquence de la guerre des Boers et de la politique de la terre brûlée menée par l’armée anglaise. Pour d’autres, ce fut tout simplement la concurrence de l’agriculture capitaliste qui ruina un grand nombre de petits fermiers.

Ainsi, en même temps que des centaines de milliers de « pauvres noirs » étaient jetés sur le marché du travail, il en fut de même pour un grand nombre de « pauvres blancs ». Ceux qu’on appelait ainsi étaient des Afrikaners, des petits agriculteurs ruinés qui allèrent chercher du travail dans les villes et qui, souvent, tout comme les Noirs, ne purent trouver qu’un travail non qualifié.

En somme, les « pauvres Blancs » et les « pauvres Noirs » étaient frères dans l’infortune. Réduits à l’état de prolétaires, ils devinrent les deux principales composantes de la classe ouvrière sud-africaine. Ils étaient concurrents, ils auraient pu devenir frères dans les luttes de la classe ouvrière. Mais cela ne se fit pas.

 

Premières luttes ouvrières

Les premières organisations ouvrières furent d’abord la réplique pure et simple des organisations ouvrières anglaises. Les ouvriers qualifiés originaires de Grande-Bretagne arrivèrent dans le pays avec leurs habitudes syndicales. Entre 1880 et la fin du siècle, plusieurs sociétés ouvrières se créèrent. Il s’agissait de syndicats de métier, de syndicats corporatistes semblables aux syndicats anglais d’alors.

C’est ainsi qu’en 1884 à Kimberley, la ville des mines de diamant, les compagnies minières voulurent imposer aux mineurs européens le système du « compound » qu’ils avaient déjà inventé. Ce fut la révolte. Les ouvriers organisèrent des piquets de grève. Une des compagnies minières mit sur pied des troupes de choc armées qui ouvrirent le feu sur les grévistes. Il y eut quatre morts. Mais cela n’empêcha pas la grève de continuer, tant et si bien que les compagnies durent céder.

De fait, les compagnies ne purent pas imposer aux ouvriers venus d’Europe les mêmes conditions qu’elles imposèrent aux Noirs. Elles durent leur faire des concessions. Du coup, les ouvriers européens commençaient à se considérer comme des privilégiés au sein de la classe ouvrière. Ils crurent même qu’ils avaient droit à un meilleur traitement, non pas du fait de leurs luttes, mais du simple fait qu’ils étaient européens. Et le grand capital finit par se servir de cette situation.

Mais au début du siècle, les compagnies minières cherchaient plutôt à imposer à tout le monde, ouvriers européens compris, les salaires les plus bas possible. C’était même cela qui était à l’origine de bien des grèves, comme celle de 1907, la première grève de grande ampleur. Les compagnies minières du Rand voulaient réduire de 15 % les salaires des mineurs. Elles cherchaient tout simplement à se débarrasser des mineurs anglais dont elles estimaient qu’ils étaient habitués à des salaires trop élevés. Pour cela, elles voulaient profiter de l’arrivée sur le marché du travail des « pauvres Blancs » afrikaners à qui la misère faisait accepter des salaires plus bas. Les Afrikaners refusèrent en fait de jouer les briseurs de grève ; mais les compagnies réussirent tout de même à être victorieuses.

En 1913, il y eut une nouvelle vague de grèves et de manifestations. La Chambre des Mines poursuivait ses objectifs de réduction des salaires et d’abaissement des conditions de vie des mineurs. Un simple problème de refus de faire des heures supplémentaires le samedi après-midi dans une mine fut le point de départ d’une grève générale. Des manifestations violemment réprimées par la police et les troupes impériales firent 21 morts et plus de 80 blessés. Les patrons miniers durent céder, au moins sur le papier. Mais ils préparèrent leur revanche.

Au début 1914, de nouvelles grèves éclatèrent dans les mines de charbon du Natal et chez les cheminots. Le gouvernement décréta la loi martiale et jeta en prison un bon nombre d’ouvriers.

Il fit même déporter neuf dirigeants syndicaux en les mettant carrément sur un bateau à destination de Londres.

Au cours de ces luttes, l’élément afrikaner s’affirma de plus en plus au sein de la classe ouvrière blanche. Les « pauvres Blancs » entraient de plus en plus nombreux dans les mines et dans l’industrie en général. Cela créa des difficultés avec les organisations syndicales qui restèrent, longtemps imbues du sentiment de supériorité des Britanniques qui les composaient à l’égard de ces « pauvres Blancs » venus directement de leur campagne. Réciproquement, les ouvriers afrikaners, sans tradition syndicale, animés d’un profond nationalisme boer, regardaient avec méfiance ces organisations syndicales essentiellement formées d’ « Uitlanders », autrement dit d’étrangers, relativement bien payés et de surcroît anglais.

Mais, s’ils n’avaient pas les traditions syndicales des ouvriers anglais, en provenance d’un pays dit plus « civilisé », les ouvriers afrikaners n’en étaient pas moins des gens prêts à se battre avec détermination et avec courage, très hostiles aux compagnies minières, en qui ils voyaient les représentants du colonialisme.

Sur le plan des traditions et du passé, comme sur le plan des droits politiques et syndicaux, sur le plan des salaires et des conditions de vie, bien plus de choses encore séparaient les ouvriers noirs de l’ensemble des ouvriers blancs. Le grand capital se servait de l’embauche des ouvriers noirs comme d’une menace et d’une pression pour modérer les revendications des ouvriers blancs. Réciproquement, lorsque le patronat et le gouvernement cédaient aux revendications des ouvriers blancs, ils présentaient cela comme des avantages concédés aux Blancs parce qu’ils étaient blancs, et qu’en tant que tels ils avaient droit à un meilleur traitement. Ils cherchaient à leur donner le sentiment qu’ils étaient des privilégiés, et que le gouvernement et les patrons eux-mêmes étaient au fond leurs protecteurs contre les Noirs.

Les organisations ouvrières sud-africaines ne luttaient pas contre cet état d’esprit. Au contraire, elles le reflétaient et l’entretenaient. Ce fut le cas d’abord de la principale organisation politique ouvrière, le Parti Travailliste. Ce parti était une réplique, dans les conditions coloniales, du Parti Travailliste anglais. C’était le parti des ouvriers qualifiés, anglais en général, blancs, toujours. Il se moquait bien des Noirs. Pour lui, ce n’était que des « indigènes », ou tout simplement ils n’existaient pas. Le Parti Travailliste se souciait avant tout de défendre les intérêts à courte vue de la classe ouvrière blanche ; contre les patrons parfois, mais contre les « indigènes » concurrents sur le marché du travail, toujours.

Le « Labour Party » sud-africain n’était certes pas pire que le Labour Party britannique lui-même. Il reflétait ni plus ni moins la même mentalité et la même politique corporatiste et conservatrice, avec cette différence qu’en Afrique du Sud la classe ouvrière blanche était confrontée directement à un peuple colonisé. Elle était placée au centre de l’entreprise de colonisation et de soumission du pays. Elle-même n’y échappait pas. Dans la situation de conflit, de crise, que connaissait l’Afrique du Sud, il lui fallait choisir de qui elle était l’alliée.

Le « Labour Party » sud-africain, lui, n’hésita pas. Il était tout préparé à être solidaire de la classe dirigeante sud-africaine et, au-delà, du colonialisme anglais. Il le montra par toute son attitude à l’égard des travailleurs indigènes. Il le montra aussi en 1914 en votant pour que l’Union Sud-Africaine se joigne à l’Angleterre pour faire la guerre à l’Allemagne. Cela avait d’ailleurs des conséquences directes puisque le territoire voisin du Sud-Ouest africain, que l’on appelle aujourd’hui la Namibie, était justement alors une colonie allemande, et que l’Afrique du Sud alla l’occuper.

D’autres militants ouvriers se montrèrent plus soucieux des intérêts réels de la classe ouvrière. En 1915, une minorité internationaliste se détacha du Labour Party. Elle donna naissance à la Ligue Socialiste Internationale, et plus tard au Parti Communiste sud-africain. Ses dirigeants se soucièrent, eux, de jeter un pont entre la classe ouvrière blanche et la classe ouvrière noire et de surmonter la division. Mais leur parti était bien faible quand, après la guerre, on vit des mouvements de grève se développer dans les différentes couches de la classe ouvrière.

Ce fut au lendemain de la guerre de 1914-1918 que les luttes ouvrières les plus importantes eurent lieu. En effet, après une trêve durant la guerre, la crise sociale resurgit avec plus de violence encore. Alors que la guerre avait favorisé un certain essor de l’industrie, l’après-guerre précipita une crise, dans le secteur industriel comme dans le secteur agricole. Le nombre de « pauvres Blancs » augmenta encore. On estima qu’en 1920 ils étaient 200 000 à 300 000 « pauvres Blancs » ayant rejoint les villes à la recherche d’un emploi problématique, soit près d’un quart de la population boer. Bien souvent, ils allaient vivre dans les mêmes taudis entourant les grandes villes que les ouvriers noirs. Et lorsqu’ils trouvaient un travail, c’était le plus souvent un travail non-qualifié, tout comme les Noirs. Dans cette période, du fait de cette condition commune, il y eut un certain rapprochement entre les « pauvres Blancs » afrikaners et les ouvriers noirs.

Or, justement, les travailleurs noirs, à leur tour, commencèrent à entrer en lutte et à s’organiser. En 1919, fut créée l’ICU « Industrial and Commercial Workers Union » - le syndicat des travailleurs de l’industrie et du commerce - à l’initiative des travailleurs noirs et métis des docks du port du Cap, dirigés par un Africain, Cléments Kadalie. Ce syndicat fut au coeur de nombreuses grèves et dut affronter plusieurs fois la répression. Dans la ville de Port-Elisabeth, par exemple, des Blancs armés par la police ouvrirent le feu sur des grévistes noirs et firent 20 morts parmi eux.

L’ICU n’en recruta pas moins, en quelques années, quelques dizaines de milliers de membres. Dans les années vingt, la combativité des travailleurs noirs rejoignait à toute vitesse celle des travailleurs blancs.

Une des plus grandes luttes eut lieu en 1920 : 71 000 mineurs africains se mirent en grève pour des augmentations de salaire. La grève, parfaitement organisée, stupéfia tout le monde et notamment les mineurs blancs qui jusque-là étaient persuadés que les ouvriers noirs étaient incapables de lutter. La grève dura une semaine et fut écrasée par les habituelles méthodes policières. Plusieurs ouvriers furent fusillés. Mais le mouvement ouvrier noir continua de se développer.

 

La défaite de 1922

Malheureusement, les travailleurs blancs restèrent spectateurs des luttes des travailleurs noirs. Leurs dirigeants syndicaux n’estimèrent pas nécessaire de les appeler à montrer une quelconque solidarité et ils regardèrent sans réagir les ouvriers africains subir la répression.

Mal leur en prit, car deux ans après la grève des mineurs noirs, ce fut au tour des mineurs blancs de subir cette répression. Ils menèrent une véritable grève insurrectionnelle qui reste une des plus importantes batailles menées par la classe ouvrière sud-africaine. Ce fut l’insurrection des mineurs du Rand.

À la fin de 1921, les compagnies minières annoncèrent aux mineurs de charbon que leurs salaires seraient réduits de 5 shillings par journée de travail. D’autres réductions de salaires furent annoncées pour diverses catégories de mineurs. En outre les compagnies annoncèrent que 5 000 ouvriers européens seraient remplacés par des ouvriers indigènes, payés à un salaire dix fois plus bas.

C’était une déclaration de guerre. Les travailleurs des mines réagirent. Début janvier 1922, 30 000 mineurs se mirent en grève dans le Rand. La grève fut au début dirigée par les syndicalistes de la Fédération Industrielle sud-africaine. Mais les ouvriers se lassèrent des hésitations de ces dirigeants. Finalement, ils créèrent un Conseil d’Action qui dirigea la grève, et ordonna une grève générale des mineurs, ou plus exactement, et la différence est de taille, des mineurs blancs.

Le gouvernement prit ses dispositions pour une répression sanglante contre les grévistes. Il décréta la loi martiale et mobilisa l’armée. Il regroupa 60 000 hommes de troupe, avec des mitrailleuses et des canons, et même des tanks et des avions. En face, les ouvriers s’étaient procuré des armes et organisés en commandos. Ils menèrent une résistance acharnée que le gouvernement ne parvint à briser qu’au bout d’une semaine d’une véritable guerre civile. Un des quartiers ouvriers de Johannesburg, Fordsburg, fut bombardé par l’aviation. Il y eut sans doute plus de 200 morts, plus de 500 blessés, 4 750 arrestations, 18 condamnations à mort et 4 ouvriers furent effectivement pendus.

L’insurrection des mineurs du Rand témoigne de la combativité et du courage que les ouvriers sud-africains savaient avoir quand il le fallait. Ils n’hésitaient ni à lutter, ni à écarter les dirigeants qu’ils jugeaient trop mous, ni à prendre les armes et à mourir pour leur cause.

Mais dans leur lutte, ils ne se donnaient pas d’autres objectifs que des objectifs corporatifs : le maintien de leur salaire à eux, ouvriers mineurs blancs. De fait, ils se battaient pour le maintien d’un privilège que les mineurs noirs n’avaient pas. Leur lutte ne pouvait pas gagner le soutien des travailleurs noirs, que d’ailleurs ils ne recherchaient pas. Pendant toute la grève, les 200 000 ouvriers noirs continuèrent de travailler. C’était leur tour d’être spectateurs. Cela donnait aux compagnies et au gouvernement une position de force que tout le radicalisme et toute l’énergie des mineurs ne pouvaient pas compenser.

Ainsi, avant d’être vaincus par les avions et les mitrailleuses du régime, les mineurs furent vaincus par leur propre absence de politique, l’isolement auquel leur corporatisme d’ouvriers blancs les condamnait.

Ainsi donc, pendant les deux premières décennies de ce siècle, la classe ouvrière sud-africaine a mené une succession de luttes grévistes importantes. Elle était entrée dans cette période de luttes avec différentes composantes : Boers, Anglais et surtout Noirs, avec toute une tradition de nationalismes, de divisions, de méfiances, voire d’hostilités.

Bien sûr, le développement capitaliste en chassant des campagnes vers les mines, aussi bien des « pauvres Blancs » que des Noirs, et puis le capitalisme sauvage des propriétaires de mines tendant à imposer à tous des salaires bas, et des conditions de vie infectes, ont été un puissant creuset pour mélanger des ouvriers de toutes origines.

Mais l’évolution économique et sociale qui se déroula en Afrique du Sud pendant la période de l’essor du mouvement ouvrier, avait profondément marqué ce dernier.

Sur la base des richesses considérables d’Afrique du Sud, apparut et se développa progressivement, une bourgeoisie locale. Elle était essentiellement, en tous les cas à ses débuts, anglaise ou anglophone. D’autres pays d’Afrique disposaient également de richesses, sinon aussi importantes qu’en Afrique du Sud, du moins considérables tout de même. Mais le profit de l’exploitation de ces richesses était généralement intégralement rapatrié dans les métropoles impérialistes. En Afrique du Sud, une partie des capitaux, à l’origine surtout anglais, restèrent sur place, et une partie des propriétaires de ces capitaux, même lorsqu’ils n’étaient pas d’origine sud-africaine, s’installèrent dans ce pays au climat clément, où existait déjà une forte colonie de peuplement et où les conditions de vie pouvaient ressembler à celles de l’Europe pour ceux qui possédaient des capitaux.

Il y eut donc en Afrique du Sud, une accumulation nationale. Des dynasties capitalistes prirent racine. Cette accumulation sur place permit à la bourgeoisie de céder à certaines revendications, d’améliorer le niveau de vie de certaines catégories d’ouvriers, de contribuer en somme à la formation d’une certaine aristocratie ouvrière. Et si cela lui était possible, cela lui devint en même temps souhaitable dans là mesure justement où elle vivait sur place et où elle avait bien plus besoin de s’assurer une paix sociale que n’en avait besoin par exemple, la bourgeoisie d’Angleterre dans ses autres colonies d’Afrique.

Seulement, la formation de cette aristocratie ouvrière se coula dans le moule formé par la société sud-africaine, avec ses divisions nationales et raciales. Aux Blancs les meilleurs postes, les meilleurs salaires, même si pendant toute une période, ces meilleurs postes et ces meilleurs salaires étaient des notions toutes relatives. Et les organisations ouvrières de cette Afrique du Sud du début du siècle, qui n’étaient ni meilleures que les organisations corporatistes aux États-Unis ou les Trade-Unions travaillistes en Angleterre, s’adaptèrent à cette évolution des choses.

Le mouvement syndical, créé comme on l’a dit par des travailleurs anglais, habitués aux pratiques du Labour, passa tout naturellement du corporatisme attaché aux privilèges des ouvriers qualifiés au nationalisme et au racisme, dans la mesure où ces privilèges corporatifs avaient tendance à se définir en fonction de la couleur de la peau. Ce qui était au début une facilité devint une politique.

Alors, bien sûr, sur cette base corporatiste puis raciste, le mouvement ouvrier organisé d’Afrique du Sud réussit dans un premier temps simplement à empêcher les travailleurs blancs de tomber aussi bas que les travailleurs noirs, et c’est à peu près tout ce qu’il avait obtenu au sortir de cette période des années 20. Mais par la suite, avec l’essor du capitalisme sud-africain, il obtint pour les ouvriers blancs des privilèges non négligeables.

Malgré ce succès apparent du point de vue des ouvriers blancs, ce fut tout de même une politique à courte vue, comme l’est d’ailleurs toute politique corporatiste et réformiste. Parce que cette politique contribua à aggraver, à renforcer, à rendre définitives pour toute une période, des divisions nationales et raciales qui, avec une autre politique, auraient pu être surmontées.

Et ce fut une politique à courte vue, même du point de vue des intérêts stricts du Parti Travailliste, car si c’est lui qui était, au début du siècle, l’expression du nationalisme de la fraction blanche de la population ouvrière, il ne tarda pas à être écarté de ce rôle par plus nationaliste, plus raciste et plus démagogue que lui, en l’occurrence par le Parti National Afrikaner.

 

La classe ouvrière et les nationalistes « afrikaner »

Ce Parti National était dirigé par le Général Hertzog qui était un des généraux ayant mené la guerre, des Boers contre les Anglais. C’était un parti bourgeois qui cherchait à représenter plus spécifiquement la bourgeoisie afrikaner et ses tentatives pour s’opposer à la tutelle anglaise.

Ce parti trouva une base sociale dans la bourgeoisie afrikaner petite et moyenne, au sein de laquelle le souvenir de la guerre des Boers et l’opposition à la présence anglaise étaient restés vivaces. Mais il chercha à trouver une base populaire également dans les villes, parmi les ouvriers, les « pauvres Blancs ». Il sut gagner leur soutien en se montrant décidé, audacieux et surtout démagogue. Au moment où en Europe on assistait à l’ascension de Mussolini et au début de celle de Hitler, Hertzog et son parti développèrent dans les conditions particulières de l’Afrique du Sud une version locale de la démagogie fasciste.

Au cours des mouvements de grève du Rand, les nationalistes trouvèrent l’oreille des Afrikaners, qui constituaient la majorité des mineurs blancs.

Ces travailleurs étaient sensibles aux arguments du Parti National quand il leur disait qu’il fallait se défendre contre l’impérialisme anglais. En même temps, le Parti National sut utiliser leur corporatisme. Il disait aux ouvriers blancs qu’en tant que Blancs ils avaient droit à des privilèges par rapport aux ouvriers noirs, et qu’il fallait donc se défendre contre les « indigènes » ; les ouvriers blancs étaient sensibles à ce genre d’arguments.

Les dirigeants du Parti National, tout en défendant les intérêts bourgeois, surent avoir un langage proche du peuple, être violents en paroles pour dénoncer le capitalisme étranger, « l’impérialisme anglais » qui dominait le pays. Le nationalisme déçu, la colère de ces « petits Blancs », la rage des mineurs contre les grandes compagnies de l’or ou du charbon, leur peur d’être rabaissés au même niveau que les ouvriers noirs, tout cela se retrouvait dans la démagogie du Parti National. Le prétendu « anti-impérialisme » de ce parti était le lieu commun qui faisait confluer sur son nom les votes des petits fermiers, des petits-bourgeois, des ouvriers blancs. Il cherchait à donner à tous ces gens, le sentiment qu’il existait entre eux une communauté d’intérêts, d’une part contre la puissance coloniale, d’autre part et surtout contre les Noirs.

Par le biais du parti de Hertzog, la colère, la combativité des ouvriers afrikaners étaient ainsi détournées de leurs véritables ennemis. Au lieu de se tourner contre ceux qui les dominaient, elles étaient retournées contre ceux qui étaient plus exploités qu’eux. La démagogie nationaliste devint pour la bourgeoisie sud-africaine le moyen d’enchaîner la classe ouvrière et les « petits Blancs » à ses intérêts à elle, pour s’en servir comme d’un appoint électoral et d’une masse de manœuvre contre le prolétariat noir qu’elle craignait de plus en plus.

Cette politique réussit au Parti National d’autant plus que le principal parti ouvrier, le Parti Travailliste, comme nous l’avons dit, ne combattait nullement le corporatisme des ouvriers blancs et leurs préjugés vis-à-vis des Noirs. À côté du Parti National, il semblait seulement un peu plus inconséquent et irrésolu. Sous la pression du Parti National, dont il craignait qu’il lui prenne son électorat, le Parti Travailliste crut habile de conclure un pacte électoral. En réalité, cela ne fit que permettre au Parti National de se renforcer à ses dépens.

 

Les nationalistes au pouvoir

Le résultat fut que, aux élections de 1924, la coalition du Parti National et du Parti Travailliste devint majoritaire. Une fois au pouvoir, ses dirigeants montrèrent leur aptitude à garantir en Afrique du Sud l’ordre social. En s’appuyant sur les préjugés des petits Blancs, ils perfectionnèrent la législation raciste et anti-ouvrière.

Celle-ci était déjà impressionnante : une loi assimilait déjà la rupture du contrat de travail par un Noir à un crime ; une loi sur les zones urbaines réservées aux Noirs prévoyait des zones de résidence obligatoire pour les Noirs et imposait un système de laissez-passer. Les nationalistes accentuèrent encore cette législation. En 1924, une loi sur la conciliation industrielle étendit au secteur industriel le système de la « colour bar » déjà en vigueur dans les mines. Cette « colour bar », la « barre de la couleur » consiste à réserver aux Blancs les emplois qualifiés afin de leur garantir un salaire plus élevé que celui des Noirs.

Une série de lois codifia les libertés syndicales des Noirs dans un sens restrictif. La loi de Conciliation Industrielle permit de façon détournée d’exclure la population noire de l’exercice du droit syndical.

Par ailleurs, la loi interdit aux ouvriers indigènes employés dans les services essentiels de se mettre en grève tant que le conflit en cours n’était pas venu devant un comité de conciliation ou un conseil industriel. La peine prévue pour les grévistes pouvait aller jusqu’à trois ans de travaux forcés assortis ou non d’une amende de 500 livres.

Le Parti Travailliste accepta ces mesures discriminatoires, sauf les mesures les plus ouvertement racistes et répressives. Il menait sur le fond une politique peu différente de celle du Parti National. La seule différence est qu’il cherchait à le cacher, en faisant semblant d’être un peu plus libéral vis-à-vis des Noirs. Cela permettait au Parti National d’apparaître à bon compte comme un parti plus radical, plus décidé, comme un meilleur défenseur des intérêts des ouvriers blancs. Souvent même, ce furent les nationalistes qui prirent la direction des grèves des ouvriers blancs en les orientant dans un sens corporatiste et anti-Noirs. Le Labour Party, lui, paya sa politique en perdant de plus en plus son influence dans la classe ouvrière au profit des nationalistes. Ceux-ci réussirent à prendre la direction de nombreux syndicats.

Pour rançon de sa politique, le Parti Travailliste sud-africain ne fit qu’alimenter la croissance des nationalistes, avant de disparaître presque entièrement de la scène politique. Ses secteurs les plus combatifs se lièrent aux plus démagogues, et aussi aux plus droitiers, des hommes du Parti National.

 

Mouvement ouvrier noir et nationalisme africain

Vu l’évolution désastreuse qui amena la classe ouvrière blanche à devenir l’auxiliaire de la bourgeoisie, il n’est guère étonnant que le mouvement ouvrier noir, qui avait encore bien moins de traditions, ait eu une évolution dans une certaine mesure symétrique. Lui aussi rechercha des faux alliés du côté des très minces couches de privilégiés qui existaient dans la population noire et du mouvement politique qui les représentait, le mouvement nationaliste.

L’organisation qui est encore aujourd’hui la principale organisation nationaliste noire, l’ANC, le Congrès National Africain, avait été fondée en 1912 au cours d’un congrès dont les participants étaient des membres de cette petite-bourgeoisie noire relativement privilégiée : avocats ou médecins, enseignants, journalistes ou agents de l’État. L’ANC proclamait l’unité du peuple africain et luttait pour l’abolition des pratiques discriminatoires les plus odieuses, notamment pour la reconnaissance des droits politiques que la Constitution sud-africaine refusait aux Noirs. Ses déclarations témoignaient surtout du désir de ses fondateurs d’avoir leur place dans les classes dirigeantes au côté de privilégiés blancs. Les quelques rares privilégiés noirs voulaient être pleinement intégrés à la société sud-africaine, mais ne proposaient pas de la révolutionner.

Ce conservatisme de l’ANC se refléta jusque dans ses statuts. Ceux-ci étaient inspirés de la Constitution britannique. L’ANC fut dirigée d’une part par une Chambre Haute composée de chefs traditionnels, sorte de réplique de la Chambre des Lords anglaise, d’autre part par une Chambre Basse, sorte de Chambre des Communes censée représenter le peuple africain, c’est-à-dire en fait les « élites » qui avaient donné naissance à l’ANC.

Le mouvement ouvrier noir, lui, naquit indépendamment. L’ICU, le Syndicat des Travailleurs de l’Industrie et du Commerce, né au lendemain de la Première Guerre mondiale eut un développement très rapide.

Pendant toutes ces années, le mouvement ouvrier noir montra sa vitalité. Des grèves, des manifestations, se succédèrent, chaque fois violemment réprimées, sans que cela les empêchât de se poursuivre. En 1925, l’ICU s’installa à Johannesburg, au cœur des zones minières du Rand, et sa puissance suivit son cours ascendant. Il comptait en 1927 plus de 100 000 membres.

Mais la politique des dirigeants de l’ICU n’était pas révolutionnaire, elle non plus. Ils prétendaient seulement détendre les intérêts de la population noir. Ils ne luttaient pas au nom de la classe ouvrière, pour transformer la société. Ils ne concevaient pas la lutte des ouvriers noirs dans un cadre politique qui leur aurait permis de faire le lien avec les luttes des ouvriers blancs. Ils n’apparaissaient pas comme des militants cherchant à donner une issue politique aux luttes de toute la classe ouvrière et aux contradictions de toute la société.

De fait, l’ICU dut bien sortir malgré tout du cadre purement syndical et revendicatif. Il ne pouvait ignorer que c’était le pouvoir politique qui exerçait la répression contre les luttes des travailleurs noirs. Mais son leader, Clements Kadalie, refusait l’idée de lutte de classe comme étant une idée venant des Blancs. Pour lui, la lutte des ouvriers noirs n’était pas une lutte de classe, mais une lutte raciale. Lorsqu’il donna un caractère politique à la lutte de l’ICU, lorsqu’il se montra radical, ce fut en devenant plus nationaliste, plus anti-Blancs que ne l’était l’ANC. D’ailleurs, sous la pression de l’ICU, l’ANC devint, elle aussi, plus radicale tout en restant évidemment nationaliste.

La période ne fit donc pas surgir, ni du côté des travailleurs blancs, ni du côté des travailleurs noirs, un parti refusant le nationalisme, refusant de mettre les travailleurs à la remorque de la bourgeoisie. Le petit Parti Communiste sud-africain défendit des idées internationalistes et prolétariennes et, né dans les milieux blancs, il tenta bien de s’implanter dans la classe ouvrière noire. Les militants du Parti Communiste entrèrent par exemple au syndicat noir ICU et y trouvèrent une audience. Mais ils en furent bientôt exclus par Kadalie avant que l’ICU lui-même se désagrège. Le Parti Communiste en tous les cas ne réussit pas à s’implanter de façon significative au temps où il professait des idées révolutionnaires, et ce temps ne dura pas. En 1928-1930, l’Internationale Communiste, devenue stalinienne, imposa au Parti Communiste un tournant radical et gauchiste dans le ton, mais nationaliste sur le fond, axant sa propagande sur la création d’un État noir indépendant. Ses militants jouèrent encore un rôle dans bien des luttes de la classe ouvrière et le payèrent souvent de bien des sacrifices, ou de leur vie. Mais en ce qui concerne sa politique, il servit tout au plus de pont entre l’ANC et la classe ouvrière noire.

 

De la guerre mondiale à l’apartheid

L’instauration de l’apartheid fut d’abord une réaction de la bourgeoisie contre la classe ouvrière noire.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la bourgeoisie sud-africaine eut d’autant plus besoin de la main-d’œuvre noire, qu’une partie de la classe ouvrière blanche était partie à la guerre. Des centaines de milliers d’Africains quittèrent les réserves pour répondre aux besoins de l’industrie de guerre. La « barre de couleur », cette « barre » qui interdisait aux ouvriers noirs d’occuper des emplois qualifiés, fut moins respectée. Dans certains secteurs, l’écart entre les salaires des Noirs et ceux des Blancs diminua.

Cela mettait la classe ouvrière noire dans une situation un peu plus favorable et elle le sentit.

Dès 1940-1941, des mouvements de grève, limités certes, mais durs, eurent lieu, de même que des actions visant à empêcher les contrôles de laissez-passer par la police.

Les mesures du gouvernement déclarant illégales « toutes les grèves menées par tous les africains en toutes circonstances » ou interdisant la tenue de réunions sans autorisation dans les zones minières n’empêchèrent ni les grèves, ni les mouvements de révolte.

En août 1943, un vaste mouvement de boycott pour empêcher une augmentation du prix des transports eut lieu dans la zone africaine urbaine d’Alexandra, près de Johannesburg et se renouvela deux ans plus tard, dans la même zone. Dans les deux cas, les compagnies de transport durent céder.

Au fil de telles luttes contre l’exploitation brutale et sauvage que la bourgeoisie blanche faisait subir à la classe ouvrière noire, le mouvement syndical et politique se renforça peu à peu.

Une nouvelle génération de militants donna une nouvelle impulsion au mouvement nationaliste, en particulier au travers de l’organisation de la « Ligue des jeunes ». Le syndicat des mineurs noirs se reconstitua. Le Parti Communiste connut à nouveau un certain développement.

Et en 1946 éclata, sous la poussée de la base, une grande grève des mineurs dans le Rand qui montra la combativité de la classe ouvrière africaine.

Aussitôt, des forces de police arrivèrent. Les mines furent quadrillées. Un appel à la grève générale fut lancé. Alors, la police, armée de fusils et de gourdins, investit les mines pour faire reprendre le travail. Les policiers tirèrent sur les récalcitrants. Il y eut une dizaine de tués et des dizaines de blessés.

Aucun soutien ne vint ni de la part des partis politiques blancs, ni de la part des syndicats de travailleurs blancs. Les seules manifestations de soutien qui eurent lieu vinrent de la communauté indienne, une des autres communautés opprimées d’Afrique du Sud, issue des Indiens que la Grande-Bretagne fit venir dans les années 1860 pour travailler dans sa colonie du Natal. Ces manifestations furent violemment réprimées. Isolée, désorganisée, la grève finalement s’effrita.

La répression s’abattit. 52 dirigeants syndicaux furent jetés en prison et le mouvement syndical des mineurs fut totalement démantelé.

Cette grève de 1946 eut de grandes conséquences. La bourgeoisie blanche avait eu peur. Elle avait pris conscience qu’elle était assise sur une poudrière. Elle venait de faire l’expérience que toutes les lois qu’elle avait mises en place dans les décennies précédentes ne la protégeaient pas vraiment, pas définitivement des mouvements de révolte des travailleurs qu’elle exploitait sans merci.

Cette peur-là fut un atout pour l’opposition nationaliste qui, depuis des années, était candidate au pouvoir. Le parti de Malan avait pour lui d’avoir su encadrer la classe ouvrière blanche, et surtout proposait clairement et cyniquement de mettre en place un système de séparation entre Noirs et Blancs plus étanche encore, « l’apartheid ».

Et effectivement, en 1948, une véritable vague électorale porta au pouvoir le parti de Malan, c’est-à-dire l’aile la plus nationaliste, la plus raciste, la plus extrémiste de l’ancien Parti National ; et dès lors, ce fut l’instauration de « l’apartheid » tel que l’Afrique du Sud le connu durant 43 ans.

 

L’apartheid

En 1948, des paysans, des petits-bourgeois des villes, mais aussi une bonne partie et peut-être la majorité des ouvriers blancs, votèrent donc pour porter au pouvoir ce parti raciste et fascisant, prônant un nationalisme violemment anti-Noirs mais aussi anti-Anglais. Une fois au pouvoir, les nationalistes poussèrent à l’extrême tout le système de lois partageant la société en deux, en fonction de la couleur de la peau, légalisant un ensemble de privilèges pour la minorité de Blancs, privant de droits la majorité des Noirs, et les minorités de Métis et d’Indiens existant dans le pays.

Tout le pays fut divisé en zones réservées aux différentes communautés : blanche, indienne, métis et noir. Et les zones blanches furent interdites aux Noirs et aux gens de couleur, sauf... pour y aller travailler.

Jusqu’au sein des familles, on instaura la barrière raciale et on sépara les éléments de couleur des Blancs ou prétendus tels. On interdit les mariages mixtes. La ségrégation raciale fut réglementée par le menu dans tous les domaines de la vie quotidienne. Les Noirs n’eurent pas le droit de voyager dans les mêmes compartiments des trains ou des autobus que les Blancs, ni dans les mêmes taxis ; ils n’eurent pas le droit de s’asseoir sur les mêmes bancs publics, ni d’aller aux mêmes plages, ni de se faire soigner dans les mêmes hôpitaux ou de prendre les mêmes places dans les stades ; et comme chacun sait, les petits Blancs se sont même réservé l’insigne privilège d’uriner dans des toilettes séparées !

L’enseignement en anglais fut interdit pour les Noirs sous prétexte de « respecter leur culture ». On devait leur apprendre désormais les langues tribales comme première langue et comme matières, les seules matières que le gouvernement considérait comme utiles pour les Noirs : par exemple savoir piler le mil, ou savoir faire la cuisine à l’africaine, accroupi autour d’un feu de bois !

Les emplois qualifiés étaient réservés aux ouvriers blancs en vertu de la loi de « réservation des emplois ». Pour les Africains on reprit, en les durcissant encore, les dispositions qui existaient sur le vagabondage au 19e siècle.

La prison, ou le travail forcé dans les fermes pénitentiaires furent la règle pour tous ceux qui étaient en infraction avec le système des laissez-passer. Car tout Africain ne pouvait se déplacer en zone blanche sans un ensemble de documents appelés « pass ». En 1952 , ces « pass », ces laissez-passer, devinrent de véritables livrets de travail, d’une centaine de pages où toute la vie de l’ouvrier était consignée et qu’il devait présenter à tout contrôle, à toute réquisition. Ainsi, comme le décrit la journaliste Ania Francos : « Un policier en cinq minutes peut savoir de quelle réserve vient l’Africain, de quelle tribu, l’endroit où il est autorisé à vivre, le nom de son employeur, sa fiche de paie, s’il a payé ses impôts, son loyer, combien de fois il a été condamné pour contravention aux lois sur les pass, s’il a eu des activités politiques... Il y a, en plus, beaucoup de signatures, mais pas la sienne : celle du magistrat de la réserve d’où il vient, celle du bureau de la main-d’œuvre, celle de son employeur, celle de la police ».

La grève fut interdite pour les travailleurs noirs. Les syndicats agréant des travailleurs de plusieurs races dans leurs rangs furent dissous.

Ce n’est cependant pas aux travailleurs africains que les lois sur l’apartheid ont apporté le changement le plus brutal. En effet, ils subissaient déjà de fait, de par les lois précédentes, toutes les formes d’oppression et de répression contenues dans l’apartheid.

Pour le mineur de fond des gisements du Witwatersrand, parqué après comme avant dans ces espèces de camps de concentration que sont les « compounds », les nouvelles lois et la présence des nationalistes au pouvoir n’ont pas été un bien grand changement.

Car le mineur sud-africain est victime d’une discrimination et d’une ségrégation qui va au-delà de la nationalité et de la couleur de la peau. Certes le système des « compounds » est ignoble, comme est révoltante la comparaison de la condition des mineurs noirs avec leurs garde-chiourmes blancs, mais la condition des mineurs sud-africains n’est somme toute pas différente de celle des mineurs du Zaïre ou de Rhodésie, États noirs décolonisés, et même sans doute meilleure du point de vue des salaires.

Mais il n’en était pas exactement de même ni pour la petite bourgeoisie et la bourgeoisie noire, pour l’élite comme ils disent, ni pour les autres communautés existant en Afrique du Sud, les Métis ou les Indiens.

Lors de la venue des nationalistes au gouvernement et des nouvelles lois sur l’apartheid, à la différence des Africains, les Métis, vivaient au moins dans certains quartiers du Cap, mêlés avec la population blanche. Il n’y avait pas de réserves pour eux. Mais depuis, ils ont été déplacés en masse et renvoyés à plusieurs kilomètres à la périphérie de la ville, et ont été regroupés dans des endroits inhospitaliers, non viabilisés, dans des cabanes en planches, une fois que leurs lieux d’habitation précédents ont été déclarés « zones blanches ». Une certaine bourgeoisie métisse a réussi malgré tout depuis à se refaire, y compris à y reconstruire un milieu luxueux, mais cela a été le drame pour toute une partie de la population qui a perdu une bonne part de ses moyens d’existence du fait de la transplantation, en particulier la petite bourgeoisie commerçante ou artisanale.

De plus, les nouvelles lois leur ont pratiquement interdit l’accès aux universités « non métisses » et la ségrégation scolaire s’est ajoutée aux autres mesures. Les Métis ont également perdu la totalité des droits de vote dont ils disposaient avant : leurs droits d’élire des représentants au Parlement, à l’Assemblée provinciale et aux Conseils municipaux du Cap et de Kimberley.

Quant aux 800 000 personnes de la communauté indienne, dans laquelle 75 % des familles étaient propriétaires de leurs terrains d’habitation, et qui jouissaient en moyenne d’un niveau de vie et de culture bien supérieur à celui des Métis et bien entendu des Africains, elle aussi a subi durement les nouvelles lois mises en place par les nationalistes.

Une fraction importante des Indiens a été chassée de ses lieux d’habitation, notamment dans la ville de Durban, classée en grande partie « zone blanche ». Ayant été regroupés, ils ont perdu leurs possibilités de contact avec les autres communautés. Et cela s’est traduit par la ruine et la disparition de milliers de petits commerçants, bien que cela n’ait pas empêché toute une bourgeoisie indienne, parfois très riche, de survivre.

 

Vers « l’indépendance » des Bantoustans

Par la suite, les tenants du régime ont fignolé le système en tentant de donner à la ségrégation raciale une base territoriale. Oh, là encore, ils n’avaient pas grand chose à innover. Les réserves pour Africains existaient depuis un demi-siècle. Mais le projet en voie de réalisation depuis bien des années consistait à transformer ces réserves en États indépendants. Les tenants de l’apartheid ont appris ceci des grandes puissances, qu’accorder un drapeau, un hymne national, c’est encore ce qui coûte le moins cher. Alors ils ont décidé d’accorder quelques drapeaux et quelques hymnes. En effet, dans le but d’aggraver les divisions des différentes ethnies noires que l’oppression de l’apartheid avait plutôt tendance à unifier, le projet consista à créer des États tribaux : un mini-État pour les Zoulous, un autre pour les Xhosas, un autre encore pour les Sotos ; il en était prévu au total une dizaine.

Par-dessus le marché, la plupart des mini-États dont le plus petit atteint à peine 600 kilomètres carres ont été composés de plusieurs tronçons - jusqu’à une dizaine - parfois séparés par plusieurs centaines de kilomètres. L’ensemble de ces États que le régime de l’apartheid reconnaîtra comme des terres où les Noirs ont le droit d’être chez eux, occupera en tout et pour tout les 13 % du territoire de l’Union-Sud-Africaine qui étaient déjà consacrés aux « réserves » depuis 1936 et cela bien sûr dans les zones les plus déshéritées.

Les tenants du régime savaient, bien entendu, que l’ensemble des Noirs qui représentaient 83 % de la population ne pouvaient pas s’entasser tous dans ces zones ; mais ce n’était pas ce qu’on leur demandait car l’économie sud-africaine a trop besoin des travailleurs noirs qui la font marcher. Seulement, une fois le système définitivement mis en place, chaque Noir serait officiellement considéré comme un ressortissant étranger. Oh, cela ne changerait pas grand-chose pour eux. Simplement, ils ne seraient plus privés de droits en tant que Noirs, mais ils le seraient en tant qu’étrangers.

 

Contre l’apartheid, des luttes incessantes

Le mécontentement s’est concrétisé, depuis la mise en place du régime de l’apartheid, par une succession pour ainsi dire incessante de conflits, d’escarmouches entrecoupés parfois de véritables émeutes.

Il y a eu plusieurs campagnes de refus collectif de présenter les « pass », il y a eu des boycotts de transports ou de centaines de produits agricoles ou industriels, des grèves, des assauts contre des édifices publics avec destruction de ce qui symbolise la domination blanche.

Il y a eu la grève générale du 1er mai 1950, la campagne de défis organisée en 1952 par l’organisation nationaliste ANC visant à transgresser les lois ségrégationnistes. Puis il y eut plusieurs émeutes, en 1956 et en 1960, chaque fois sauvagement réprimées, notamment pour protester contre l’extension de l’obligation du pass aux femmes africaines qui jusqu’alors en étaient dispensées. Il y eut des boycotts de bus ; puis, en 1960, il y eut les massacres de Sharpeville où, toujours pour protester contre l’obligation de présenter le pass, 5 000 personnes se retrouvèrent à manifester devant un poste de police. Ce fut une manifestation pacifique désarmée, sur laquelle la police tira, faisant 67 morts et 186 blessés. Ce massacre déclencha alors une réaction large, massive qui dura pendant plusieurs mois à travers tout le pays, faisant succéder grèves aux manifestations, et que le gouvernement ne parvint à briser qu’après 5 mois d’état d’urgence, et une répression qui fit des centaines de morts et des milliers de blessés.3

 

Le nouveau visage de l'ANC

En 1958, à la mort soudaine de Strijdom, Hendrik Verwoerd lui succède à la tête du gouvernement. Alors que l'opposition libérale blanche se scinde en deux (des dissidents du parti uni forment le parti progressiste), la politique sud-africaine est de plus en plus contestée au niveau international, notamment aux Nations unies.

En mars 1961, l'Afrique du sud annonce son retrait du Commonwealth et, le 31 mai, la République sud-africaine est officiellement proclamée.

 

Après le massacre de Sharpeville, le gouvernement fait interdire la plupart des mouvements de libération comme l'ANC ou le Congrès panafricain. Leurs dirigeants entrent alors dans la clandestinité. Nelson Mandela fonde alors une aile militaire de l'ANC, appelé Umkhonto we Sizwe, ce qui signifie la Lance de la Nation et qui se lance dans des actions de sabotage des infrastructures industrielles, civiles ou militaires. En fin d'année, le chef de l'ANC, Albert Lutuli, obtient le Prix Nobel de la paix.4

En mai 1961, Mandela lance avec succès une grève générale où les grévistes restent à leur domicile, obligeant le gouvernement à faire intervenir la police et l'armée. Il écrit et signe un plan de passage graduel à la lutte armée. Il coordonne des campagnes de sabotage contre des cibles symboliques, préparant des plans pour une possible guérilla si les sabotages ne suffisaient pas à mettre une fin à l'apartheid.

Nelson Mandela décrit le passage à la lutte armée comme un dernier recours ; l'augmentation de la répression, les violences policières et de l'État, le convainquent que des années de lutte non violente contre l'apartheid n'ont apporté aucune avancée. Mandela favorise le sabotage, qui « n’entraîne aucune perte en vie humaine et ménage les meilleures chances aux relations interraciales », avant de s'engager dans « la guérilla, le terrorisme et la révolution ouverte ». Un membre de l'ANC, Wolfie Kadesh, explique la campagne de sabotage à la bombe menée par Mandela : « […] faire exploser des lieux symboliques de l'apartheid, comme des bureaux du passeport interne, la cour de justice pour natifs, et des choses comme ça… Des bureaux de poste et… des bureaux du gouvernement. Mais nous devions le faire d'une façon telle que personne ne fût ni blessé ni tué. » Mandela dira de Kadesh : « Sa connaissance de la guerre et son expérience de première main du combat m'ont été extrêmement précieuses. » Entre 1961 et 1963, quelque cent quatre-vingt-dix attaques armées sont répertoriées, principalement à Johannesburg, à Durban et au Cap.

Mandela collecte aussi des fonds à l'étranger pour le MK (Umkhonto we Sizwe) et organise l'entraînement paramilitaire du groupe. Il suit une formation militaire en Algérie nouvellement indépendante et étudie Carl von Clausewitz, Mao Zedong, Che Guevara et les spécialistes de la Seconde Guerre des Boers.

En raison de cet engagement militaire et de la qualification de l'ANC comme « organisation terroriste », Nelson Mandela ainsi que plusieurs autres responsables politiques de l'ANC ne pourront entrer aux États-Unis sans visas spéciaux jusqu'au 1er juillet 2008.

Le 5 août 1962, Nelson Mandela est arrêté après dix-sept mois de clandestinité et est emprisonné au fort de Johannesburg. Son arrestation a été rendue possible par des informations communiquées par la Central Intelligence Agency (CIA), sur la cachette et le déguisement de Mandela en chauffeur de voiture. Mandela est en effet considéré par ces organisations comme terroriste et communiste dans le contexte de guerre froide, où « l’idéologie de l’apartheid s’affichait comme ligne de défense de l’Occident » très dépendant des minéraux et métaux (or, platine, chrome, manganèse, uranium, antimoine, diamant…) dont l'Afrique du Sud, « gardienne de la route maritime du Cap » est l'un des principaux producteurs mondiaux du ''monde libre''.

Dans sa déclaration pour sa défense le 20 avril 1964, devant la Cour suprême de l’Afrique du Sud à Pretoria, Nelson Mandela expose le raisonnement qui l'a fait recourir à la violence comme tactique. Il révèle comment l'ANC a utilisé des méthodes pacifiques pour résister à l'apartheid pendant des années, jusqu'au massacre de Sharpeville, la déclaration d'état d'urgence et l'interdiction de l'ANC par le gouvernement, qui leur a montré que leur seul choix était de résister à travers des actes de sabotage. Agir autrement aurait été pour eux pareil à une capitulation sans condition. Nelson Mandela explique comment ils ont écrit le manifeste du Umkhonto we Sizwe avec l'intention de démontrer l'échec des politiques du Parti national quand l'économie serait menacée par le manque de volonté des étrangers à risquer des investissements dans le pays. Il finit sa déclaration, reproduite intégralement dans le Rand Daily Mail, le grand quotidien progressiste anglophone de Johannesburg, par ces mots :

« Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et agir. Mais, si besoin est, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Si Mandela et la majorité de ses compagnons sont reconnus coupables des quatre chefs d'accusation, ils échappent à la peine de mort dont ils étaient passibles.

En 1964, la résistance se retrouve décapitée. Les attaques armées de MK en territoire sud-africain cessent et ne reprendront véritablement qu'en 1976. Tandis que les pays du Commonwealth prennent leur distance, le gouvernement sud-africain, loin d'être sanctionné, profite des années de prospérité économique pour encourager l'immigration européenne et développer son industrie et son armement avec l'Allemagne et la France, avec le soutien des États-Unis au nom de la lutte contre le communisme.

Verwoerd, premier ministre de l'Afrique du Sud, intensifie l'application de sa politique de séparation forcée en procédant à de nombreuses expulsions de populations noires vers les zones qui leur sont attribuées afin que de bonnes terres soient développées ou habitées par les Blancs. Un système de contrat oblige les salariés noirs de l'industrie à vivre dans des résidences dortoirs au sein des townships loin de leurs familles demeurées en zone rurale. Les conséquences pour ces populations sont souvent catastrophiques au niveau social tandis que la population carcérale atteint cent mille personnes, un des taux les plus élevés au monde. Entre 1960 et 1980, ce sont plus de trois millions et demi de paysans noirs qui sont dépossédés de leurs terres sans aucun dédommagement pour devenir un réservoir de main-d'œuvre bon marché et qui ne sont plus des concurrents pour les fermiers blancs

 

Matricule 46664

Nelson Mandela est emprisonné dans l'île prison de Robben Island, sous le numéro de matricule 46664, où il reste dix-huit de ses vingt-sept années de prison. En prison, sa notoriété s'étend au niveau international. Sur l'île, il effectue des travaux forcés dans une carrière de chaux. Les prisonniers y sont victimes de kératite, due à la poussière et à la lumière ; Mandela doit d'ailleurs plus tard se faire opérer de ce fait du canal lacrymonasal. Les prisonniers échangent néanmoins leurs connaissances dans ce qui devient « l'université Mandela », parlant aussi bien politique que de William Shakespeare, Nelson Mandela récitant et enseignant le poème Invictus (Invaincu) de William Ernest Henley afin de les encourager. Quand ils ne vont pas à la carrière, Mandela et les autres détenus cassent des cailloux dans une des cours de la prison avec des cadences éprouvantes.

Les conditions de vie dans la prison sont très rudes. Les prisonniers sont séparés selon leur couleur de peau, les prisonniers noirs recevant les plus petites rations. Les prisonniers politiques, dont fait partie Nelson Mandela, sont séparés des criminels de droit commun et ont encore moins de droits. Mandela étant un prisonnier de classe D (la plus basse classe), il n'a droit qu'à un visiteur et une lettre tous les six mois. Cette lettre a souvent été retardée durant une longue période et rendue illisible par la censure de la prison. Il se lave avec de l'eau de mer froide et dort dans une cellule minuscule. Mais si Robben Island est un lieu pour briser la volonté des prisonniers, celle de Mandela semble se renforcer dans la détention. Selon le témoignage d'Amhed Kathrada, un de ses codétenus, Mandela n'accepte aucun traitement de faveur, que ce soit pour le travail ou les vêtements, et mène toutes les actions de contestation avec les autres prisonniers, dont des grèves de la faim. Il refuse par exemple d'appeler les gardes sous le nom de baas (patron) comme ils l'exigent.

Alors que beaucoup de prisonniers les plus militants du Congrès panafricain refusent de parler ou même regarder les gardiens, Mandela essaye d'analyser la situation et perçoit que les Afrikaners sont surtout dirigés par la peur que la majorité noire refuse de partager le pouvoir et fasse d'eux et de leur famille les victimes d'une révolution sanglante. Nelson Mandela profite de ces années pour apprendre l'histoire des Afrikaners et leur langue, l'afrikaans, afin de comprendre notamment leur mentalité et d'établir un véritable dialogue avec eux. Défiant le point de vue de l'ANC, qui considérait alors le pouvoir afrikaner comme une version moderne du colonialisme européen, il en vient lui-même à estimer et déclarer que l'Afrikaner est un Africain au même titre que n'importe lequel de ses codétenus noirs, songeant que, à leur place et dans d'autres circonstances, il aurait pu avoir la même vue sur l'apartheid. Cette compréhension des Afrikaners lui donne l'esprit de réconciliation nécessaire aux futures négociations.

 

La répression des émeutes de Soweto

Le 16 juin 1976 éclatent les émeutes de Soweto, nouvelle étape dans la contestation et la répression5. Environ 20 000 étudiants se présentent et, malgré des appels au calme des organisateurs, affrontent les forces de l'ordre. La répression des forces de sécurité sud-africaine et de la police de Jimmy Kruger est très féroce et fait près de 1 500 victimes. La plupart des autres pays, à l'exception du Royaume-Uni et des États-Unis qui craignent le basculement du pays dans le camp de l'Union soviétique, condamnent la répression et imposent une limitation du commerce ou même des sanctions. Les images et les témoignages sur le massacre de Soweto font le tour du monde alors que l'Umkhonto we Sizwe reçoit l'apport de nouvelles recrues en provenance des townships.

À partir de 1977, l'organisation est de nouveau capable de commettre des attentats plus ou moins ciblés, voire parfois meurtriers sur le sol sud-africain, visant en priorité les postes de police des townships et les noirs accusés de collaborer avec le régime blanc.

En 1977, un des chefs très populaire de la « Conscience noire », Steve Biko, est enlevé et assassiné par les forces de sécurité. Le journaliste et éditeur sud-africain Donald Woods alerte l'opinion publique mondiale sur les conditions de la disparition de Biko. Un embargo sur les ventes d'armes à l'Afrique du Sud est alors voté au conseil de sécurité des Nations unies alors que le pays est toujours engagé militairement en Angola contre le gouvernement marxiste, en soutenant directement ou indirectement le mouvement rebelle de l'UNITA. Cet échec diplomatique pour Vorster s'accompagne d'un scandale financier impliquant son ministre de l'Intérieur et de l'information Connie Mulder.

Pourtant lors des élections du 30 novembre 1977, le parti obtient le meilleur score de son histoire (64,8 % des suffrages) laissant en miettes l'opposition parlementaire, désormais principalement représentée par le parti progressiste fédéral (16 %). John Vorster ne tarde pas cependant à être rattrapé par le scandale de l'information et doit céder sous la pression son fauteuil de Premier ministre. En compensation, il obtient d'être élu président de la république, fonction symbolique de laquelle il est contraint de démissionner, officiellement pour raisons de santé, un an plus tard.

 

Les doutes du pouvoir afrikaner et la résurrection de l'ANC (1978-1989)

Depuis 1980, le congrès national africain connaît une nouvelle popularité dans la jeunesse des townships. Si l'ANC n'a pas organisé la révolte de Soweto et a vécu péniblement son impuissance dans les années 1970, la nouvelle décennie s'ouvre sous des augures bien meilleures, à la suite du démarrage d'une campagne de presse non concertée du Post de Soweto et du Sunday Express de Johannesburg, l'un en faveur de la libération de Nelson Mandela et l'autre pour connaître sa notoriété parmi les sud-africains. Des comités (Free Mandela Comittee) demandant sa libération sont créés dans tout le pays mais l'initiative du Post passe relativement inaperçue parmi les Blancs. Or, c'est autour de cet homme érigé en symbole et demi-dieu dans les ghettos noirs que s'organise la résurrection politique de l'ANC face, notamment, à la conscience noire. Grâce à la mobilisation autour de Mandela et à sa capacité d’organisation relativement absente chez ses rivaux, l'ANC se réimpose en quelques années comme la première force anti-apartheid de libération et la seule à disposer d'une capacité militaire, hormis le congrès panafricain. Ce dernier est d'ailleurs en pleine déconfiture interne depuis la mort de son fondateur Robert Sobukwe en 1978.

Après le succès d'opérations symboliques comme l'attentat contre la centrale nucléaire de Koeberg, Umkhonto we Sizwe commet, le 20 mai 1983, l'attentat à la bombe le plus meurtrier de son histoire à Pretoria (19 personnes tués, 217 blessés). Si le gouvernement dénonce le terrorisme ou l'assaut communiste, ce type d'action a un impact visible important sur la population noire qui lui apporte de plus en plus son soutien. En accentuant la pression, l'ANC veut également réduire le sentiment de sécurité de la population blanche.

En août 1983, les divers mouvements opposés à l'apartheid des différentes communautés sud-africaines s'allient pour leur part au sein de l'United Democratic Front (UDF) pour coordonner la résistance au régime. La création de cette UDF confirme l’influence grandissante du courant non racial face au panafricanisme. Son programme politique est celui de la charte de la liberté de 1955 ce qui lui donne rapidement l'allure de branche interne de l'ANC en Afrique du Sud.

La première réunion de l'UDF rassemble près de 12 000 personnes à Mitchell's Plain ce qui constitue le plus grand rassemblement contre l'apartheid depuis les années 1950. Le rassemblement est multiracial avec la présence de Archie Gumede, d'Helen Joseph et de Allan Boesak, un pasteur métis de l'église réformée hollandaise, par ailleurs président de l'alliance mondiale des églises réformées et ancien adepte de la théologie noire de la libération, rallié au courant non racial. La croissance de l'UDF est très rapide et touche toutes les communautés sud-africaines, y compris chez les Blancs, une première depuis l'échec du parti libéral.

À partir du mois de septembre 1984, une vague de violence éclate dans les townships que l'ANC appelle à rendre ingouvernables pour les autorités et à les transformer en zones libérées. Les premières cibles de ces violences sont d'ailleurs tous ceux considérés comme collaborateurs (les maires et conseillers municipaux des townships, les policiers noirs ou ceux connus comme étant des informateurs de la police) qui sont traités souvent par le supplice du pneu.

 

L'armée sud-africaine est envoyée dans les townships alors que s'organise une campagne de boycott des paiements des loyers. La répression alimente alors la révolte au lieu de la freiner et soude les communautés, les jeunes des townships étant pour leur part convaincus d'être dans la phase finale de leur lutte. Face à cette répression, les alliés naturels de l'Afrique du Sud comme les États-Unis se désolidarisent sous la pression de l'opinion publique et des mouvements noirs américains.
En 1985, la police tue 21 personnes lors d'une manifestation commémorative du massacre de Sharpeville. Durant l'année, 35 000 soldats sont déployés pour rétablir l'ordre dans les townships. Près de 25 000 personnes sont arrêtées, dont 2 000 de moins de 16 ans, et 879 personnes sont tuées dont les 2/3 par la police.6

 

En 1984, pour sortir du blocage politique, le régime politique est présidentialisé et un parlement tricaméral, ouvert aux Indiens et aux métis, est inauguré. Néanmoins, l'état d'urgence est de nouveau proclamé en 1986 alors que des sanctions économiques et politiques internationales isolent le pays en dépit de l'abrogation de lois symboliques de l'apartheid comme le passeport intérieur. Seul l'État d'Israël continue d'avoir des relations discrètes et collabore avec le pouvoir au point de vue militaire et sécuritaire (Échanges de technologies, contrats de licences de fabrication d'armement, échanges techniques en matière de sécurité intérieure et savoir-faire d'espionnage).7

 

La bourgeoisie sud-africaine change de politique

De son côté, la bourgeoisie sud-africaine qui avait tant profité de la dictature que le parti national faisait peser sur le prolétariat noir, commençait à changer de cap politique. Elle craignait que la situation ne passe de la révolte à la révolution. Harry Oppenheimer procura des locaux au COSATU (Congrès des syndicats sud-africains) à Johannesburg pour servir de siège aux syndicats. C’était un des dirigeants de l’Anglo-American, grand trust minier présent sur tous les continents et incluant la célèbre compagnie diamantaire De Beers.

Emmenée par Oppenheimer, une délégation du patronat se rendit en 1986 en Zambie pour y rencontrer la direction en exil de l’ANC. Ces rencontres se déroulèrent ensuite des dizaines de fois en quelques années, de façon à ce que les représentants de la bourgeoisie puissent vérifier jusqu’où l’ANC et le parti communiste pouvaient aller contre leur propre base dans les classes populaires noires, s’ils étaient légalisés et intégrés à l’État sud-africain afin de calmer les masses.

Le patronat rendit la première de ces rencontres publique de façon à faire pression sur le gouvernement de Botha, le dirigeant du parti national au pouvoir. Nelson Mandela, du fond de sa prison, saisit l’occasion pour écrire au gouvernement et lui proposer d’entamer des pourparlers. Il dû le faire à plusieurs reprises avant que Botha n’amorce un timide virage politique en envoyant secrètement son ministre de la justice rencontrer Mandela en 1987, et à partir de 1988 régulièrement. Ce tournant du pouvoir transférait sur le terrain des négociations le rapport de force, mais ne le supprimait pas. Le gouvernement continuait sa politique de répression et d’assassinat de militants.

Les bourgeoisies impérialistes s’inquiétaient pour la stabilité de l’économie sud-africaine, la plus juteuse en bénéfice du continent africain. Elles craignaient encore plus que l’énergie militante déployée par le prolétariat sud-africain ne soit contagieuse pour la population pauvre des pays avoisinants. Les militants de l’ANC et du PC en exil dans les pays limitrophes de l’Afrique du Sud, auraient pu chercher à lier les classes populaires qui, quelques soient les frontières issues du colonialisme, se battaient contre la même oppression sociale et économique : celle de l’impérialisme et de son relais local, la bourgeoisie sud-africaine. Le soulèvement des townships faisait l’admiration des opprimés bien au-delà des frontières sud-africaines. Mais pas question pour les nationalistes d’unifier les pauvres d’Afrique dans les luttes. Leur politique était à l’opposé. Ils respectaient les États nationaux et voulaient plus que tout trouver un compromis avec l’État sud-africain qu’ils aspiraient à diriger un jour.

Inquiètes d’une possible contagion, les grandes puissances, USA en tête, entamèrent en 1986 un boycott officiel du pays de l’apartheid pour faire pression en faveur d’un changement de régime. Cela faisait déjà plus de vingt ans que l’ONU passait des résolutions contre l’apartheid sans aucun effet concret. Mais à présent que les profits étaient menacés, il en allait autrement. C’était aussi l’époque de la fin de la guerre froide et l’URSS ne jouait plus de rôle sur la scène africaine. L’impérialisme américain, à présent sans rival mondial, fit pression pour que l’Afrique du Sud cesse d’alimenter les guerres régionales. Il avait bien d’autres moyens d’exploiter les richesses de la région.

Botha n’avait plus les moyens de sa politique d’apartheid. Il avait essayé un peu de concessions et beaucoup de répression tout à la fois, mais il n’était pas parvenu à ce que les travailleurs sud-africains se résignent aux injustices qu’ils subissaient. La révolte des townships ne pouvait pas être matée. Il fallait un changement politique pour désamorcer la poudrière.

 

L’alliance entre l’ANC et le Parti national

C'est au sein du Parti national, le parti de l'apartheid depuis 1948, que la bourgeoisie trouva le personnel politique pour sortir de cette impasse. En 1989 Botha démissionna de son poste de président de la république pour introniser immédiatement un autre dirigeant du parti national : Frederik De Klerk. De Klerk incarnait le virage politique de la bourgeoisie sud-africaine. Si elle ne pouvait plus dominer le pays au travers de la dictature raciste et du parti national, elle le dominerait grâce au suffrage universel et à l'ANC.

De Klerk commença par libérer de prison des dirigeants de l'ANC et démanteler certaines dispositions légales de l'apartheid. En février 1990 il fit un discours où il annonça la fin de l'interdiction de l'ANC et du parti communiste. Et une semaine après, Nelson Mandela, qui venait de passer 27 ans en prison, était libéré.

Mandela et De Klerk entamèrent alors une collaboration qui avait pour but d'organiser la transition vers un régime multiracial au mieux des intérêts de la bourgeoisie. Il fallait qu'en apparence tout change, pour que l'exploitation capitaliste subsiste. Leur rôle consistait à organiser au mieux la continuité de l'État bourgeois, dont le personnel allait être en partie renouvelé par l'apport de l'ANC. La transition dura quatre ans.

La politique de Mandela pouvait enfin aboutir. En l'absence d'un parti représentant leurs intérêts de classe, les travailleurs en lutte avaient imposé l'ANC comme force politique incontournable en Afrique du Sud. Les masses avaient fait leur travail et devaient maintenant quitter la scène politique.

 

Au seuil du pouvoir, l’ANC freine les mobilisations

De ce point de vue, les illusions dans l’ANC des travailleurs mobilisés - illusions semées et renforcées par le parti communiste - posaient même problème. La légalisation de l’ANC, qui avait dissous le front démocratique derrière lequel elle avait opéré auparavant pour apparaître elle-même au grand jour, avait fait affluer vers elle un demi-million d’adhérents qui n’avaient pas tous envie de patienter encore des années sous un gouvernement blanc. D’ailleurs au congrès de l’ANC de 1991, Mandela s’inquiéta publiquement que les adhérents soient principalement des pauvres et réclama un effort de recrutement dans les classes moyennes.

À présent l’ANC allait tenter de freiner la mobilisation, mais ce n’était pas si facile. D’autant moins que les rivalités politiques, aiguisées par la perspective d’un compromis gouvernemental, avaient leur traduction violente au sein de la population. Les négociations entre l’ANC et le gouvernement avaient lieu bien à l’écart des townships, dans le quartier d’affaire de Johannesburg. Elles étaient hors du contrôle de la population, mais pas sans conséquences sur elle.

L’Inkatha (un parti politique conservateur à dominante zouloue) voulait à tout prix sa place à la table des discussions. Et De Klerk utilisait la force de frappe de l’Inkatha pour affaiblir l’ANC au cours des négociations. Buthelezi déchaîna ses militants de la région de Johannesburg en se servant des foyers de migrants comme base pour lancer des raids meurtriers dans les townships. Il y eu 700 morts en juillet et août 1990. Cette guerre civile à l’intérieur de la population noire, qui se développait aussi dans la région de Durban, fit 13 000 morts en quatre ans. En plus de la menace que les troupes de l’Inkatha faisaient peser sur la population, la police de De Klerk elle aussi perpétra plusieurs tueries pendant les quatre années de la transition. Mandela réagissait à ces massacres en menaçant de rompre les négociations avec le gouvernement ou en les repoussant.

Les militants de l’ANC se défendaient physiquement, mais leurs dirigeants craignaient que les travailleurs ne s’arment eux-mêmes hors de leur contrôle. Lors des meetings de protestation contre les violences de la police ou de l’Inkatha, la population réclamait des armes à Mandela.

L’ANC, méfiante des masses, préférait que la police et l’armée, les forces de répression de l’apartheid, viennent rétablir l’ordre dans les townships. Sa politique était de faire accepter à la population noire, l’appareil d’État qui l’avait opprimé si longtemps. L’ANC fit également patrouiller dans les townships son service d’ordre, composé d’anciens guérilleros, pendant qu’était dissoute sa branche armée, dont des cadres étaient envoyés se former dans des académies militaires à l’étranger en vue d’intégrer l’armée sud-africaine en tant qu’officiers.

En 1993 un militant d’extrême-droite blanc assassina Chris Hani, dirigeant influent de l’ANC, secrétaire général du parti communiste et très populaire dans les townships dont il représentait la génération militante issue du soulèvement de Soweto. Ce meurtre relança l’agitation parmi les travailleurs. L’ANC organisa des meetings et des manifestations. L’affluence y était bien au-delà de ce qu’elle souhaitait. Ce fût l’occasion pour les masses de montrer leur mécontentement car si l’ANC se rapprochait chaque jour du pouvoir, peu de choses avaient changé pour la population. On vit des pancartes rédigées ainsi : « Mandela libéré il y a 3 ans, l’Afrique du Sud ne l’est toujours pas ! ».

Le parti communiste n’essaya absolument pas de profiter du décalage entre la politique des dirigeants de l’ANC et les sentiments de leur base, pour la bonne raison qu’il faisait partie de la direction de l’ANC. Le PC était en pleine croissance, tout comme ceux des syndicats qu’il dirigeait. Il comptait 80 000 adhérents et jouissait d’une réelle influence sur la classe ouvrière. Mais avant tout, le PC était très responsable vis-à-vis des intérêts de la bourgeoisie sud-africaine, de la solution politique et du rythme qu’elle avait choisi pour sortir de l’apartheid. Ses militants étaient disciplinés et ne tentèrent pas d’organiser les travailleurs impatients sur d’autres bases. Pour donner le change, le PC utilisait, et continue à le faire aujourd’hui, tous les symboles du communisme, drapeaux rouges, faucilles et marteaux, pour conduire une politique bourgeoise.

Les tueries qui eurent lieu pendant la période de transition finirent par détourner une bonne part du prolétariat, qui en était la principale victime, de l’activité politique. De sorte que plus on s’approchait de la fin de l’apartheid, moins la classe ouvrière avait envie de pousser ses conquêtes.

 

L’ANC parvient au pouvoir en assurant la continuité de l’État

En avril 1994, après que les principales forces bourgeoises du pays, le parti national pour les Blancs et l’ANC pour les Noirs, aient tout réglé en fonction des intérêts des capitalistes durant huit années de négociations secrètes puis officielles, la population fût appelé à entériner cet accord. Les premières élections au suffrage universel étaient organisées. Elles étaient la conséquence de la lutte déterminée du prolétariat sud-africain depuis 20 ans ; et en même temps les négociations débouchaient sur la continuité de l’État : la classe ouvrière était frustrée de sa victoire.

Le pays avait été redécoupé en provinces qui permettaient à ce que le pouvoir local soit détenu par tel ou tel partenaire de l’accord général quelque soit le résultat national des élections. Buthelezi, après avoir mené pendant des années une politique d’hostilité violente à l’égard de l’ANC, venait de signer un accord avec Mandela. L’Inkatha serait au pouvoir dans la région du Kwazulu-Natal, en échange de quoi elle s’engageait à accepter un gouvernement dirigé par l’ANC.

Les homelands disparaissaient pour réintégrer officiellement l’Afrique du Sud. Par contre l’ANC respectait soigneusement les frontières dessinées par les colonisateurs : le Lesotho et le Swaziland, complètement sous influence sud-africaine, restaient en dehors de la nouvelle Afrique du Sud. Pour leurs trois millions d’habitants il n’était pas question de droit de vote, il fallait rester soumis à des monarchies dictatoriales.

Aux élections de 1994, l’ANC obtint 12,2 millions de suffrages, soit 62 % et Mandela devint président de l’Afrique du Sud. Peu importait le résultat des autres formations politiques, du moment qu’elles dépassaient 5 %, puisque la composition du gouvernement résultait d’une entente générale. Le parti national, après 46 ans de pouvoir sur la base de l’apartheid, avait neuf portefeuilles dont une des deux vice-présidences pour De Klerk et le ministère des finances qui ne changeait même pas de titulaire, de façon à rassurer la bourgeoisie. Le gouverneur de la banque centrale restait lui aussi à son poste. L’Inkatha obtenait quatre ministères : dont celui de l’Intérieur occupé par Buthelezi et celui de vice-ministre de la Sécurité.

Le PC et COSATU ne s’étaient pas présentés aux élections sous leur propre drapeau mais sur les listes de l’ANC, qui dirigeait l’État et se taillait la part du lion avec 26 postes sur 39. Sur ce quota, le parti communiste obtenait notamment le ministère du Logement pour Joe Slovo où il se trouvait en première ligne face aux demandes de la population.

Le nouveau ministre de la Défense, un dirigeant du PC, maintint pour les cinq ans à venir le chef d’état-major de l’armée sud-africaine à son poste. En échange de quoi les 14 000 anciens soldats de l’ANC intégrèrent les rangs de l’armée. Ce type d’accord au sommet ne changeait pourtant pas la réalité des comportements racistes fortement ancrés parmi les cadres blancs de l’État. Beaucoup de soldats noirs désertèrent et d’autres manifestèrent contre leur hiérarchie blanche, mais sans le soutien de l’ANC. La situation était similaire dans la police où 2 000 policiers noirs firent grève en occupant une caserne, et où le gouvernement de Mandela envoya des forces loyales, composées essentiellement de Blancs, leur tirer dessus faisant un mort.

 

Une transition politique qui conforte la domination de la bourgeoisie

L’accord politique de 1994 valu à De Klerk et à Mandela la reconnaissance de la bourgeoisie mondiale sous la forme du prix Nobel de la Paix. D’ailleurs un des premiers gestes du président Mandela avait été de reconnaître officiellement la dette extérieure de l’État sud-africain, qui avait servie pourtant en partie à acheter les armes qui permirent de maintenir si longtemps l’apartheid.

La période de transition a été une période dangereuse pour la bourgeoisie. Son État était menacé par les luttes politiques des millions de travailleurs contre le régime d’apartheid. C’est là que l’ANC, épaulée par le PC et COSATU dont l’influence sur la classe ouvrière était importante, a joué un rôle déterminant. Non seulement ce changement de régime n’a absolument rien changé aux rapports de propriété et à la domination de l’économie par la bourgeoisie blanche, mais l’État lui-même a été peu affecté. Mandela et les principaux dirigeants de l’ANC n’étaient pas des révolutionnaires. Toute leur politique n’avait qu’un but : diriger l’État sud-africain tel qu’il était, et non le renverser.

Il était juste question de former des serviteurs noirs de l’État aux côtés des hauts fonctionnaires blancs. L’accord de 1994 stipulait d’ailleurs que le nouveau gouvernement ne pouvait pas se débarrasser des fonctionnaires de la période de l’apartheid avant 5 ans. Ainsi les patrons gardaient tous leurs interlocuteurs habituels dans l’appareil d’État. Les ministres changeaient, et encore pas tous, mais tous les hauts fonctionnaires et responsables, qui composent les rouages de l’État et sont habitués à faciliter les affaires de la bourgeoisie à laquelle ils sont souvent intimement liés, restaient en place. La continuité de l’État était assurée.

Pour mener une politique favorisant les bénéfices de la bourgeoisie, Mandela s’appuya notamment sur Trevor Manuel, d’abord ministre de l’Industrie, puis ministre des Finances sans discontinuer jusqu’en 2009. En 1995, le premier budget de l’ANC au pouvoir comportait une baisse de 6 % des salaires réels des fonctionnaires et de 10 % des crédits pour la santé, au nom de la compétitivité du pays qui devait se relever de décennies d’apartheid. Et cela semblait aux travailleurs d’autant plus crédible que les 80 députés du PC et les 76 de COSATU appuyaient ces mesures.

C’est un ancien secrétaire général de COSATU qui organisa la privatisation de la Poste et des Télécoms en 1997, rompant ouvertement avec des décennies de revendications de nationalisations. Joe Slovo, ministre du Logement et dirigeant du PC, oublia les promesses faites aux 13 millions de personnes sans-logis ou mal-logées du pays. Par contre il exigea des résidents des townships, la plupart locataires de taudis mis à leur disposition à l’époque de l’apartheid, qu’ils payent leurs charges locatives. Trop pauvres, ils en étaient incapables et de plus ils avaient l’habitude que ce soient les militants de l’ANC qui organisent des campagnes de boycott des charges, et non qu’ils y mettent fin. Des expulsions eurent lieu.

Le logement, le tout-à-l’égout, l’eau courante, l’électricité, les emplois, la santé : tout cela allait rester largement hors de la portée des masses pauvres. Presque aucune des terres dont l’ANC avait promis la redistribution aux paysans noirs, car elles avaient été volées sous l’apartheid, ne furent redistribuées. Bien que les deux tiers des terres agricoles soient la propriété de gros fermiers blancs, il n’était pas question de leur nuire car ils travaillaient pour l’exportation.

Pour donner le change aux pauvres le gouvernement lança un programme de reconstruction et de développement dont il confia la tête à un ancien secrétaire général de COSATU. Mais comme l’État ne lui accorda presque aucun financement, les syndicats demandèrent aux travailleurs de faire les sacrifices nécessaires. Le syndicat des chemins de fer expliqua « nous avons eu souvent des journées de grèves où nous n’étions pas payés. C’est à nous, en tant que travailleurs, de donner l’exemple des sacrifices ».

Mais tous les travailleurs ne l’entendaient pas de cette oreille. Des grèves éclatèrent en 1995 malgré le frein des appareils syndicaux de COSATU. On envoya aux grévistes des supermarchés les chiens policiers, les balles en caoutchouc et les grenades lacrymogènes. On en arrêta un millier. Dans les transports, le syndicat se désolidarisa de routiers grévistes.

Et pendant que le gouvernement demandait aux travailleurs d’être patients et de se sacrifier, il baissait l’impôt sur les bénéfices des sociétés de 48 à 35 % et supprimait le contrôle des capitaux entrants ou sortants du pays. Non seulement des compagnies d’assurance, mais aussi les deux plus grandes compagnies minières, dont l’emblématique Anglo-American qui symbolisait le capitalisme sud-africain, choisirent de baser leur siège à Londres. Ce qui ne les empêchait pas de continuer à exploiter les richesses du pays en or, platine, chrome, manganèse, diamant et charbon. Et puis l’implantation des plus grandes entreprises sud-africaines en Afrique noire, dont les marchés s’ouvraient enfin à elle, était facilitée car un Mandela à la présidence était bien plus efficace pour cela que les politiciens racistes du temps de l’apartheid.

 

Une couche de privilégiés noirs fabriquée à l’ombre du pouvoir

L’ANC au pouvoir ne se contenta pas de favoriser la grande bourgeoisie blanche qui dominait le pays depuis un siècle. Le projet nationaliste voulait que se crée aussi à ses côtés une bourgeoisie noire. Comme elle ne pouvait pas tirer sa position sociale, sa puissance financière et ses capitaux de la propriété des moyens de production qui étaient aux mains des riches Blancs, cette couche supplémentaire de parasites, noirs cette fois-ci, ne put exister que grâce au contrôle des nationalistes sur l’État.

La plupart de ces nouveaux capitalistes, qu’on appelait les « diamants noirs », n’ont pu amasser leurs premiers millions que grâce aux lignes de crédit ouvertes par l’État et les fonds que gérait l’ANC. Ils étaient issus directement des hautes sphères de l’ANC et de la bureaucratie syndicale de COSATU. Cyril Ramaphosa, dirigeant de l’ANC et du NUM, le syndicat des mineurs, pu racheter les mines les moins rentables que lui céda l’Anglo-American. Il en tira du profit, joua le rôle de courtier pour son propre compte, devint millionnaire et se lança dans d’autres affaires. Quant au successeur de Ramaphosa à la tête du NUM, il intégra aussi le monde de la bourgeoisie en devenant membre du comité de direction de l’Anglo-American.

COSATU créa une compagnie holding pour monter un casino en partenariat avec un propriétaire de salles de jeu. De son côté le syndicat du textile utilisa la presque totalité des fonds destiné aux enfants de ses membres pour acheter des actions en bourse et permettre aux bureaucrates qui le dirigeaient de s’initier au rôle de parasites bourgeois.

Ces hommes ont fait carrière dans l’appareil politique ou syndical lié à l’État, d’autres directement dans le monde des affaires en passant facilement de l’un à l’autre. L’argent passait aussi très facilement du public au privé, et pas seulement officiellement. Mandela avait amené, dans le sillage de son arrivée à la présidence, de nombreux hommes impatients de goûter aux délices du pouvoir dont ils estimaient qu’ils avaient été trop longtemps privés du fait de la couleur de leur peau. Ils voulaient s’enrichir et vite. La corruption prit alors une ampleur importante et des scandales incessants rythment depuis la vie politique du pays.

Toute cette politique a été et continue à être menée au nom de la redistribution des richesses aux populations défavorisées sous l’apartheid. Mais ce n’est pas le prolétariat noir qui en bénéficie, c’est la petite et moyenne bourgeoisie noire qui doit son épanouissement, et pour une toute petite partie sa transformation en bourgeoisie véritable, à l’arrivée de l’ANC au pouvoir. Cette nouvelle couche bourgeoise ne s’est même pas créée en s’appropriant les capitaux de la bourgeoisie blanche qui détient toujours les rênes de l’économie sud-africaine. Elle a été cooptée par la grande bourgeoise et ne vient que se surajouter à elle. Aujourd’hui les richesses créées par le travail de la classe ouvrière sud-africaine sont volées non seulement par la bourgeoisie impérialiste occidentale et la bourgeoisie blanche sud-africaine ; mais elles le sont aussi par des bourgeois noirs. Et cela à une époque où le capitalisme n’apporte plus aucun développement économique au pays, seulement un parasitisme accru.

 

Mandela passe le relais de la politique anti-ouvrière

Le dernier service important rendu par Mandela à la bourgeoisie sud-africaine et à son État, fût d’absoudre les crimes politiques de l’apartheid grâce à la commission vérité-réconciliation qu’il lança en 1996 en la confiant à Desmond Tutu, l’archevêque anglican noir de Johannesburg également prix Nobel de la paix. Mandela s’était senti obligé, devant les demandes des proches des victimes de l’apartheid, d’autoriser des auditions publiques. Elles étaient parfois très suivies.

Mais sans surprise cette commission ne déboucha sur presque rien, si ce n’est le recyclage de hauts-fonctionnaires de l’apartheid qui pouvaient, après passage devant la commission, retrouver une place au service de l’État. Le général Malan, qui avait ordonné en 1987 le massacre de 13 personnes, dont 7 enfants, au domicile d’un militant communiste, fût absous pour ce crime-là et même pas interrogé sur les milliers d’autres victimes de la répression dont il était également responsable en tant que chef des services de sécurité sous l’apartheid. Pour faire bonne figure on dénonça aussi les tortures et les assassinats commis au sinistre camp de l’ANC à Quatro au Mozambique, tout en laissant tranquille le ministre de la Défense qui en était un des responsables.

En 1999, à la fin de son mandat présidentiel, Mandela céda sa place à la tête de l’ANC à Thabo Mbeki, qui remporta les élections haut la main avec 66 % des voix. Mais la participation avait été bien plus faible et l’ANC perdait 1,5 million de voix. Mbeki reconduisit l’alliance entre l’ANC, le PC et COSATU. Elle était nécessaire pour comprimer les revendications ouvrières qui s’exprimaient de plus en plus. Mbeki annonça tout de suite après son élection, un train de mesures d’austérité et une grève de 500 000 travailleurs lui répondit. Mais le PC s’opposait toujours à ce que les travailleurs luttent pour leurs intérêts politiques propres. Une partie de l’appareil de COSATU avait bien agité un moment, avant l’élection de 1999, l’idée de présenter une liste indépendante de l’ANC. Mais elle y avait renoncé, et avait présenté des candidats sous l’étiquette ANC dont elle a financé la campagne avec l’argent des cotisations des syndiqués.

Mbeki accentua la politique de privatisation entamée sous Mandela depuis 1996, dont Trevor Manuel était l’organisateur. On privatisa partiellement des services parmi les plus utiles à la population : eau, gaz, transports urbains. On n’est pas surpris que la Lyonnaise des Eaux - aujourd’hui Veolia - entre autres trusts, en ait profité, amenant son lot de corruption.

Sous la direction de Mbeki, l’ANC absorba en son sein la majorité de ce qu’il restait du parti national, qui avait instauré l’apartheid. Le dévouement commun au service de la bourgeoisie avait créé une solidarité bien plus importante que l’oppression raciale et politique. C’est en élargissant ainsi le spectre des courants politiques qu’elle regroupe que l’ANC a pu affronter encore une fois victorieusement les élections de 2004. Mbeki fût reconduit au pouvoir avec 69 % des suffrages, mais le nombre de voix de l’ANC restait stable car l’abstention avait plus que doublé, touchant presque un quart de l’électorat.

 

Le sort des classes populaires sous les gouvernements de l’alliance ANC-PC-COSATU

Il y a de multiples raisons au désenchantement des travailleurs sud-africains. Les compagnies minières ont beaucoup licencié, conduisant des chômeurs à s’échiner dans des mines abandonnées pour extraire de la poussière d’or au péril de leur vie. La sécurité des mines officielles a été négligée au point qu’elles sont plus dangereuses encore que les mines chinoises. Le chômage touche plus d’un quart de la population active et bien plus chez les Noirs pauvres, peut-être la moitié si tant est que l’on puisse le savoir quand la survie de la population pauvre passe par l’économie informelle.

Bien que Trevor Manuel se vante que le pays ait connu 36 trimestres consécutifs de croissance, cela s’apparente à la fameuse « croissance sans emploi » que décrivent les économistes. Et cela n’empêche pas que 12 millions de personnes ne survivent qu’avec l’aide publique, et 2 millions d’avoir été expulsées de leur logement de 1994 à 2004.

Le township d’Alexandra avait été prévu pour loger 30 000 personnes lors de sa construction sous l’apartheid. Il en abrite 700 000 en 2010. Comme beaucoup d’autres townships, à Alexandra la plupart des routes sont en terre battue, un tiers des foyers n’a pas l’eau potable, un tiers n’est pas desservi par la collecte des ordures et 80 % n’ont pas de sanitaires. Et à quelques kilomètres de là, se situe le riche centre de Johannesburg, avec le quartier de Sandton, le plus cher de tout le continent africain.

Le PIB par habitant classe l’Afrique du Sud en 105ème position mondiale pour 2008, entre le Monténégro et la République Dominicaine, ce qui fait peu d’envieux. Plus de la moitié des 50 millions d’habitants vit sous le seuil de pauvreté. Un million d’enfants travaillent. La mortalité infantile est treize fois supérieure à celle de la France et classe l’Afrique du Sud entre l’Irak et la Bolivie. Un indice qui quantifie particulièrement les inégalités, l’indice de Gini, a empiré depuis la fin de l’apartheid, positionnant le pays à l’avant-dernière place mondiale, en 2005, derrière Haïti.

De plus le fléau du virus HIV touche particulièrement l’Afrique du Sud avec près de 6 millions de personnes infectées. Et cela se traduit dramatiquement par des morts du SIDA : 350 000 en 2007. Cette catastrophe n’a ses racines ni dans l’apartheid, ni dans la politique de l’ANC, même si ses dirigeants ont pendant des années nié de façon absurde des réalités scientifiques. L’épidémie touche durement bon nombre de pays pauvres qui n’ont que peu de moyens de prévention et pour lesquels le coût des médicaments produits par les multinationales de la pharmacie est exorbitant. En Afrique du Sud, le SIDA pèse de tout son poids dans la faible espérance de vie, 49 ans, qui classe le pays derrière la Somalie.

Par contre ce qui est de la responsabilité des gouvernements sud-africains c’est de n’avoir pas investi dans le système de santé contrairement à ce qu’ils avaient promis, et d’avoir privatisé la plupart des services publics. On estime que durant les dix années qui ont suivi 1994, 10 millions de personnes ont eu l’eau ou l’électricité coupé pour cause de non paiement de facture. Eskom, entreprise encore publique d’électricité, n’hésite pas à utiliser des gardes armés pour effectuer ce genre de travail. Même les abonnés réguliers ont une à deux heures de coupure d’électricité par jour. Les compagnies d’eau installent des compteurs d’eau prépayée, et si les gens n’ont pas de quoi payer, ils n’ont qu’à prendre l’eau dans les rivières et les étangs. En août 2000, juste après l’installation de tels compteurs une épidémie de choléra a touché 100 000 personnes dans la province du Kwazulu-Natal, en en tuant 200.

 

Mbeki discrédité par la politique de l’ANC

Cette situation a entraîné des luttes importantes. Dans beaucoup de townships des militants organisent des protestations locales contre la dégradation des services publics, et se retrouvent parfois à affronter la police. En 2007, un demi-million d’employés de l’État, essentiellement infirmières et enseignants ont fait trois semaines de grève, pourtant interdite, et ont amené le gouvernement à un compromis salarial.

Mais ce qui domine la situation c’est la déception face à la politique de l’ANC qui a renforcé considérablement l’individualisme. Les townships sont souvent gérés par de petites mafias issues de l’ANC qui considèrent les finances locales et les habitants comme leur propriété. Ils imposent un racket par la force. Parallèlement se développe le gangstérisme, une pourriture qui pousse sur la misère et qui pèse sur les plus opprimés, notamment les femmes victimes de viols.

On comprend facilement que Thabo Mbeki et son équipe gouvernementale au pouvoir depuis 1999 aient engendré beaucoup de frustration. En s’appuyant sur le rejet de Mbeki, une partie des dirigeants de l’ANC, derrière le vice-président Jacob Zuma, un ancien dirigeant du PC, ont commencé à prendre leurs distances avec le président dès 2005. Une intense lutte de faction s’en est suivie à l’intérieur de la coalition au pouvoir. Dans un premier temps Zuma a été évincé, perdant son poste de vice-président à l’occasion d’un des nombreux scandales de corruption. Mais Mbeki paraissait trop discrédité par ses deux mandats présidentiels et, en 2007, Zuma a réussi à prendre la direction de l’ANC.

Un atout important de Zuma, dans sa compétition avec Mbeki, a été la décision du PC et de COSATU de le soutenir à l’intérieur de l’ANC. Et du coup cela a renforcé l’image proche du peuple que Zuma aime à cultiver. Zuma a fini par l’emporter si complètement au sein de l’ANC que Mbeki, empêtré dans un scandale d’écoutes téléphoniques, a été obligé de démissionner de la présidence de la république avant la fin de son mandat. Au passage Zuma a évité une condamnation fâcheuse dans une affaire de viol, ce qui témoigne de son emprise sur l’appareil d’État avant même son arrivée au pouvoir.

Une partie des dirigeants de l’ANC appartenant au clan Mbeki en disgrâce, dont onze de ses ministres, ont alors scissionné pour former un nouveau parti en 2008 ainsi qu’une nouvelle centrale syndicale rivale de COSATU. Mais sur la base de la même politique que l’ANC.

 

Les émeutes xénophobes

Pendant que le petit monde des politiciens se déchire dans d’incessantes luttes de clans, la population pauvre affronte une misère grandissante. L’ANC n’a pas eu beaucoup à lui offrir si ce n’est un nationalisme exalté et une démagogie xénophobe lourde de conséquence. Si l’économie sud-africaine est largement dominée par les multinationales et les banques occidentales, elle est tout de même relativement développée en comparaison du reste de l’Afrique noire. Et elle attire des immigrés qui pour survivre acceptent des salaires de misère. Ces travailleurs ont été confrontés à l’hostilité des gouvernements de l’ANC qui ont, depuis 1996, expulsé autour d’un million d’immigrés.

Cette xénophobie d’État a pesé sur la population délaissée et sans perspective des townships. En mai 2008 des émeutes anti-immigré ont éclaté à Alexandra. Des travailleurs, souvent des mineurs licenciés, se plaignaient que les gens du Zimbabwe ou du Lesotho leur volaient leur travail. Des petits commerçants voulaient éliminer la concurrence des vendeurs de rue somaliens. Des pauvres sans-logis lorgnaient sur les baraques, pourtant sordides, habitées par des familles du Malawi ou du Mozambique. Une vague de meurtres, de pillage et d’incendie a déferlé dans le pays.

Officiellement les émeutes ont fait 62 morts, au moins 740 blessés et 80 000 sans abri. Un tiers des morts étaient de nationalité sud-africaine, soit qu’ils étaient originaires de région éloignées et parlaient une langue différente des émeutiers, soit qu’ils s’opposaient à eux. Il s’est d’ailleurs trouvé des organisations pour rassembler plusieurs milliers de personnes dans le centre de Johannesburg, au plus fort des émeutes, pour crier leur solidarité avec les immigrés ainsi que « Mbeki, leur sang est sur tes mains. »

 

Zuma à la présidence : toujours la même politique

C’est dans cette atmosphère de profonde démoralisation des travailleurs que Jacob Zuma a remporté les élections d’avril 2009. Zuma s’est hissé à la présidence de la république en renouvelant la politique d’alliance de l’ANC avec le PC et COSATU. Le PC a mis ses forces à son service en développant une campagne qui expliquait que les problèmes des travailleurs venaient de la politique qu’il appelle « néo-libérale » menée par Trevor Manuel depuis 1996 ; passant sous silence le fait qu’il avait été ministre des finances sous Mandela et sous Mbeki à une époque ou Zuma était vice-président. Et que le PC avait participé à tous ces gouvernements...

Les seuls changements que Zuma apporte à la politique de l’État sont cosmétiques. On ne dit plus ministre du logement, mais ministre des habitations humaines. Ce qui n’empêche pas le titulaire, un ancien dirigeant syndical, d’être un milliardaire. On donne aux bidonvilles le nom de dirigeants de l’ANC. Ce qui permet aux squatters de vivre dans le « campement informel Cyril Ramaphosa » ou dans le « campement informel Joe Slovo ». Sans être protégés le moins du monde des expulsions au bulldozer, surtout à l’approche de la coupe du monde de football 2010.

 

Les travailleurs subissent la crise mondiale

Ce n’est donc pas la politique de l’État qui met la population à l’abri des conséquences de la crise économique. Déjà, avant la crise financière de 2008, pendant la période d’intense spéculation mondiale sur les denrées alimentaires, l’alimentation avait augmenté de 16 % en une année. Le pain, la farine de blé, la farine de maïs, les pâtes avaient augmenté entre 20 et 30 % et l’huile de cuisson avait pris 66 % de hausse.

L’économie sud-africaine est touchée de plein fouet par la crise mondiale. Au cours de l’année 2008, la production minière a diminué de 33 % et la production manufacturière de 20 %. Plus de 750 000 emplois ont été perdus en un an. Les salaires de 1000 rands par mois, équivalents à une centaine d’euros, sont fréquents. 68 % des enfants vivent dans un ménage qui gagne moins que cette somme.

Par contre la bourse de Johannesburg a augmenté de 30 % depuis avril 2009, à l’image du regain de l’activité spéculative de la bourgeoisie mondiale. Et l’Afrique du Sud a été conviée à devenir membre du G20, ce qui permet à Zuma de parader devant les caméras aux côtés de Sarkozy et compagnie.8

 

 

L'apartheid est encore là

Eugène Terreblanche, fondateur et principal dirigeant du Mouvement de résistance afrikaner (AWB), organisation d'extrême droite raciste pro-apartheid, a été tué le 3 avril 2010 dans sa ferme, près de Johannesburg, par deux de ses ouvriers agricoles noirs à qui il refusait de payer leurs salaires (de 300 rands, soit 30 euros chacun).

Fondé en 1973, l'AWB reprochait à l'époque au régime d'apartheid de faire trop de concessions aux Noirs. Dans les années 1990, pour s'opposer aux négociations qui allaient aboutir à la fin du régime d'apartheid, il fut à l'origine d'assassinats et d'attentats à la bombe. À cette époque, l'organisation revendiquait plusieurs dizaines de milliers de membres. Depuis, son influence se serait beaucoup réduite : elle revendiquait 5 000 adhérents en 2008, et obtenait moins de 1 % des voix aux législatives de 2009.

En 2001, Eugène Terreblanche a été condamné pour tentative de meurtre, après avoir battu à coups de barre de fer un de ses ex-employés noir. Ce n'était pas la première fois qu'il était inculpé à la suite de violences exercées sur ceux-ci. Condamné à cinq ans de prison, il bénéficia en 2005 d'une mesure de liberté conditionnelle « pour bonne conduite ».

Si l'apartheid officiel a effectivement disparu dans la loi en 1994, seize ans après cela ne s'est pas traduit par l'amélioration du sort et de la situation pour l'immense majorité de la population noire. C'est vrai dans les campagnes comme dans les villes. Les promesses de la réforme agraire du gouvernement de Mandela (30 % des terres devraient avoir été transférées ou restituées - en fait vendues - à des propriétaires noirs d'ici à 2014) ne sont pas tenues. Moins de 5 % des terres ont effectivement changé de mains. Les bonnes terres sont restées, pour l'essentiel, la propriété de la minorité blanche, qui continue à régner comme par le passé, et souvent avec les méthodes du passé, sur des centaines d'ouvriers agricoles noirs pauvres. D'où une situation explosive qui s'est traduite, entre 1997 et 2007, par le meurtre de 1 250 fermiers blancs. Eugène Terreblanche n'était donc que le dernier en date... 9

 

 

Le massacre de Marikana

34 morts, 78 blessés et 259 arrestations - tel est le bilan officiel de l'opération menée le 16 août 2012 par la police sud-africaine, contre les grévistes d'une mine de platine de la compagnie anglo-sud-africaine Lonmin, à Marikana, à 100 km de Johannesburg.

Les grèves sont souvent marquées par des morts en Afrique du Sud. Mais cette opération policière est la plus sanglante qu'ait connue le pays, non seulement depuis l'avènement du régime multi-racial du Congrès national africain (ANC), en 1994, mais même depuis le massacre de Sharpeville perpétré en 1960 par le régime de l'apartheid.

La grève de Marikana avait démarré le 10 août parmi les 3 000 tailleurs de fond, pour un salaire mensuel de 1250 euros (soit 200 % d'augmentation) - revendication reprise ensuite par le reste des 28 000 ouvriers de la mine qui avaient rejoint le mouvement.

C'est que, malgré les promesses du régime, ces mineurs qui extraient l'un des métaux les plus précieux de la planète en sont toujours à survivre dans ce qu'on appelle, par un cynique euphémisme, des « campements informels » - des bidonvilles sans électricité où 30 foyers se partagent un seul point d'eau et un seul sanitaire - dans un pays où l'inflation a rendu bien des produits de première nécessité plus chers qu'en Europe.

Cette aggravation de la condition ouvrière est générale, et cela alors même que jusqu'à fin 2010, les grandes compagnies minières comme Lonmin, Anglo-American, BHP, etc. ont accumulé des profits records grâce au boom du marché mondial des matières premières qui suivit le krach de 2008.

Face à l'avidité de ces compagnies, les mineurs ne peuvent guère compter sur des appareils syndicaux notoirement corrompus et très liés tant au régime de l'ANC qu'aux compagnies elles-mêmes. Comme en témoigne le fait que, par exemple, on trouve au conseil d'administration de Lonmin un ancien secrétaire général du syndicat des mineurs, Cyril Ramaphosa, qui, devenu milliardaire, a conservé son influence sur la direction de ce syndicat.

L'exaspération des mineurs a déjà éclaté bien des fois malgré l'opposition des appareils syndicaux, comme lors de la vague de grèves de 2010 dans les mines. Ce fut le cas aussi en mai, dans une autre mine de Lonmin, cette fois pour soutenir le président de la section locale du syndicat, licencié par la compagnie à la suite de son exclusion par l'appareil syndical qui le jugeait trop combatif.

À Marikana, une fois de plus, c'était contre la volonté des appareils syndicaux que les mineurs étaient passés à l'action, illégalement donc selon la législation. Tout de suite, ils avaient subi les attaques tant des nervis de Lonmin que de la police. La première semaine de grève avait fait dix morts, dont six parmi les grévistes.

Le 16 août, suite au refus de Lonmin d'ouvrir des négociations, les grévistes avaient occupé une colline proche de la mine, annonçant qu'ils ne quitteraient pas les lieux avant d'avoir obtenu satisfaction. Rapidement d'importantes forces de police les avaient encerclés, appuyées par des hélicoptères et des blindés. Il avait ensuite suffi de quinze minutes d'une fusillade nourrie pour que le massacre soit accompli.

Face à ce bain de sang, la direction de la confédération syndicale COSATU a choisi son camp par un communiqué accusant les grévistes d'avoir déclenché les hostilités en tirant sur la police (qui n'a pourtant subi aucune perte !). Quant au président sud-africain Jacob Zuma, il s'est montré plus prudent en annonçant la mise en place d'une commission d'enquête. Il faut dire que le régime ne peut guère se permettre une réaction de colère dans les mines de platine (80 % de la production mondiale) et moins encore dans l'ensemble du secteur minier où une explosion sociale tarirait la principale source de devises du pays.

Mais si les barons de la mine comptaient briser la colère des mineurs par la terreur, ils risquent d'en être pour leurs frais. Déjà, face à la poursuite du mouvement à Marikana après le massacre du 16 août, la direction de Lonmin a dû renoncer à sa menace de licencier les mineurs qui n'auraient pas repris le travail le 20 août.

Mais progressivement, le mouvement a commencé à s'étendre. Le 21 août, le mouvement s'est mis à gagner peu à peu la douzaine de mines de platine du complexe de Rustenberg, qui emploie 58 000 ouvriers. De plus en plus de mineurs reprennent la revendication des 1250 euros par mois. Et dans les « campements informels », ils se préparent à poursuivre le combat au rythme des vieux chants de lutte contre l'apartheid - tant il est vrai que 18 ans après l'abolition formelle de l'apartheid racial, l'apartheid social de l'exploitation capitaliste reste, lui, à abattre.10

 

 

La richesse… et les salaires de misère

L’Afrique du Sud continue d’être l’une des sociétés les plus inégalitaires au monde.

Dans la mesure où c’est le pays le plus riche du continent africain, il regroupe une bonne partie des Africains que les statisticiens rangent dans la catégorie des « ultra-riches » (ceux dont la fortune dépasse les 30 millions de dollars). Parmi ces individus, au nombre de 187 380 dans le monde (en 2013), 2 535 sont en Afrique dont 785 en Afrique du Sud, soit près d’un tiers.

Selon le Sunday Times britannique, l’homme le plus riche d’Afrique du Sud en 2013, Patrice Motsepe, doit sa fortune à African Rainbow Minerals, une compagnie couvrant tous les domaines du secteur minier. De son côté, usant d’une autre mesure de la richesse, le magazine américain Forbes attribue la première place à Nicky Oppenheimer, grâce à sa participation de 2,3 % dans Anglo American. Un autre palmarès de la richesse, publié sous le titre « Qui possède qui ? », place aussi Motsepe en première position, suivi de Cyril Ramaphosa (grâce à ses parts dans diverses compagnies minières, dont Lonmin) avec, en troisième position, Sipho Nkosi, le PDG d’Exxaro Resources (fer et charbon). Tous ces poids lourds sud-africains de la fortune sont donc liés au secteur minier. D’ailleurs, plus de la moitié des Sud-Africains noirs les plus riches sont liés à seulement deux groupes miniers, Exxaro Resources et Optimum Coal. Tous ont donc d’autant plus de raisons de vouloir que la « discipline » règne dans les rangs des mineurs et que le NUM fasse preuve de docilité, tout comme AMCU, d’ailleurs.

Alors que les émoluments et avantages divers des PDG des grandes entreprises sud-africaines sont comparables à ceux de leurs homologues britanniques (par exemple, le PDG de la compagnie de téléphonie mobile MTN, Sifiso Dabengwa, a gagné au total 1,81 million d’euros au cours de l’année 2012-2013), il n’en va pas de même pour les travailleurs.

Un employé de sécurité gagne environ 3 000 rands (220 euros) par mois. Même les mineurs relativement mieux payés de la mine Lonmin de Marikana ne gagnent pas plus de 12 000 rands (880 euros). Lorsque ces mineurs ont revendiqué cette somme en 2012 pendant leur grève, elle a été qualifiée d’ « irréaliste ». Pourtant, la seule chose irréaliste là-dedans, c’est que même si ce salaire est plus élevé que la plupart des salaires ouvriers, une famille de quatre personnes a encore bien du mal à joindre les deux bouts avec !

Mais, si les salaires du platine sont comparables à ceux de Lonmin, la situation est bien pire dans les autres mines. L’immense vague de grèves qui s’est étendue dans tout le secteur minier à la suite de la grève de Marikana, dans l’espoir d’obtenir une augmentation de salaire comparable, fut finalement interrompue au début de 2013 par des licenciements en masse. C’est la tactique habituelle des patrons pour forcer les grévistes à reprendre le travail, après quoi ils réintègrent la majorité des licenciés (sauf les « meneurs ») et font quelques petites concessions. De sorte qu’en 2013, par exemple, dans les mines d’or, les salaires de la plupart des travailleurs tournent autour de 5 000 rands (366 euros) par mois.

 

Les moins payés et ceux qui ne le sont pas du tout

Pour les autres travailleurs, il n’y a pas de salaire minimum légal, sauf pour certaines catégories considérées comme particulièrement vulnérables : les employés domestiques, les chauffeurs de taxi, les salariés du ménage industriel, les agents de sécurité, les employés de commerce, ceux des eaux et forêts, les salariés chargés de la formation et ceux chargés de la petite enfance. Le salaire minimum de ces catégories tourne autour d’une moyenne de 1 500 rands (110 euros) par mois. Quant aux bénéficiaires de la retraite d’État, ils ne peuvent espérer plus de 1 280 rands (94 euros) par mois, et encore à condition d’avoir plus de 75 ans. Mais comme le seuil de pauvreté est officiellement fixé à 515 rands (38 euros) par mois, le gouvernement a le culot de présenter de tels revenus comme généreux ! Et tant pis si personne ne peut en vivre !

Quant aux chômeurs, qui représentent en 2013 officiellement 25,2 % de la population en âge de travailler, les trois quarts ayant moins de 34 ans, comment font-ils pour survivre ? Il y a bien des allocations sociales, mais uniquement pour couvrir les besoins élémentaires des enfants de moins de 15 ans, dont les parents (ou ceux qui en ont la charge) sont sans emploi ou dans une extrême pauvreté. Mais à raison de 260 rands mensuels (19 euros) par enfant, ces allocations ne couvrent que d’infimes besoins. Au-delà, il faut se débrouiller. De nombreux jeunes se tournent vers la rue, recourant à la mendicité, empruntant de l’argent à qui ils peuvent ou le volant. On peut les voir faire de l’équilibrisme entre les files de voitures aux feux rouges, proposant toutes sortes de menus services, dans l’espoir de quelques pièces.

Aujourd’hui au moins, il y a des cliniques qui délivrent gratuitement des soins de base et, en particulier, des antirétroviraux à ceux qui ont le virus du sida (20 % de la population). Mais les approvisionnements sont souvent insuffisants, ce qui, dans le cas du sida, entraîne des interruptions de traitement qui facilitent le développement de résistances aux médicaments chez les patients.

Le nombre des sans-abri est considérable. Beaucoup squattent ou vivent dans les innombrables bidonvilles, que l’on appelle officiellement « campements informels ». C’est particulièrement vrai des travailleurs migrants, qui fuient une situation pire encore dans les pays voisins tout en subissant, en plus, une atmosphère xénophobe toujours présente depuis les émeutes meurtrières de 2008.

Pour résumer, le fossé entre riches et pauvres saute aux yeux : d’un côté la dégradation, les bidonvilles et leurs monceaux d’ordures, et de l’autre, bien séparées, les banlieues riches des grandes villes, sillonnées des 4x4 rutilants de leurs habitants, avec leurs gigantesques demeures supersécurisées, entourées de hautes enceintes électrifiées.

 

La colère déborde

Malgré la récession, qui a particulièrement touché le secteur de la construction, on continue de construire d’immenses centres commerciaux, souvent financés par les fonds de pension des travailleurs ! Pourtant les commerces ont de plus en plus de mal à y survivre, même dans des centres à la mode tels que celui de Rosebank, à Johannesburg.

C’est ainsi que Soweto, l’ancien ghetto noir de Johannesburg, compte 23 centres commerciaux en 2013 alors même que les bidonvilles se multiplient entre les micro-maisonnettes datant du temps de l’apartheid et que leurs occupants, poussés à bout, manifestent régulièrement contre leurs conditions d’existence et se font tout aussi régulièrement tuer.

La pauvreté se développe dans tout le pays et, avec elle, le manque criant de logements et d’infrastructures de tous ordres. C’est ce qu’illustrent les manifestations sans fin dans les quartiers pauvres, tant dans les bidonvilles que dans ceux qui sont bâtis en dur, contre l’absence ou l’insuffisance des services publics les plus élémentaires, tels que l’eau courante, l’électricité ou la collecte des ordures. La violence policière, souvent meurtrière, en réponse à ces manifestations, est révélatrice de la dégradation politique et sociale qui gagne à tous les niveaux : le massacre de Marikana ne fut pas une exception, même s’il choqua par son ampleur.

Les « poo-protests » (littéralement, « manifestations de m... »), qui se sont déroulées dans les provinces de l’Eastern Cape et du Western Cape, sont en réaction à l’incurie des autorités. Elles ont été inspirées par une initiative délibérément provocatrice de la Ligue des jeunes de l’ANC, qui a déversé un monceau d’excréments devant Hellen Zille, la dirigeante du principal parti concurrent de l’ANC, l’Alliance démocratique, qui est au pouvoir dans la province du Western Cape. Celle-ci inclut la ville du Cap, mais aussi les immenses ghettos de Cape Flats, dont le bidonville tentaculaire de Kayelitsha. À la population de ces ghettos, qui attend des installations sanitaires depuis si longtemps, le gouvernement provincial avait osé proposer des toilettes portatives (de simples boîtes qu’il faut vider plusieurs fois par jour) en lieu et place de tout-à-l’égout !

La situation est encore pire dans la province de l’Eastern Cape, où l’ANC est au pouvoir. Seuls 49 % des habitants ont l’eau courante, 28 % partagent un robinet public et 14 % n’ont pas de toilettes du tout. Comme de plus en plus d’élus municipaux ont eu leur porte aspergée d’excréments et qu’une opération similaire a eu lieu à l’aéroport international du Cap, le ministre de la Santé, Aaron Motsoaledi, a cru devoir pousser l’hypocrisie jusqu’à dénoncer ces manifestations comme irresponsables, parce que dangereuses pour la santé publique ! Mais, ces « poo-protests » donnent la mesure de l’exaspération de la population face à des politiciens qui ne tiennent pas leurs promesses.

 

La corruption, et jusqu’au plus haut niveau

La faillite des institutions gouvernementales à tous les niveaux est d’autant plus choquante qu’elle s’accompagne d’une corruption généralisée, devenue si normale qu’elle n’étonne plus personne. Un emploi dans les institutions de l’État semble aller de pair avec le droit de toucher des pots-de-vin. Compte tenu de la dureté des conditions de vie pour la grande majorité de la population, cette corruption pourrait susciter la colère. Mais il règne une désillusion voire une résignation telles que cette corruption est généralement acceptée avec un certain fatalisme. Et il semble malheureusement que ce soit l’état d’esprit dominant parmi les employés de ces mêmes services publics, qui ne fournissent pas ce qu’ils devraient et au sujet desquels la population pauvre manifeste.

Et pourquoi ces employés ne se serviraient-ils pas eux aussi dans la caisse quand c’est ce qu’a fait, jusqu’ici avec impunité, le président Zuma ? Sa culpabilité dans le scandale de 2009, quand il a reçu un pot-de-vin du fabricant d’armes français Thomson-CSF, était évidente, mais il s’en est tiré grâce à des tribunaux eux aussi corrompus. Et cela, sans parler du scandale plus récent du « Nkandlagate », dans lequel Zuma a prétendu, contre toute évidence, ignorer que le « réaménagement » de sa résidence personnelle au KwaZulu-Natal avait coûté 206 millions de rands (15 millions d’euros) aux fonds publics.

Et puis, il y a les relations de Zuma avec les Gupta, une famille de milliardaires indiens qui possède plusieurs affaires en Afrique du Sud, dont le groupe de sous-traitance JIC Mining Services. Les Gupta ont utilisé leurs liens avec Zuma pour accueillir leurs invités sur une base aérienne militaire proche de Sun City lors d’un mariage. Bien sûr, cela peut paraître anecdotique, mais il y a plus sérieux. Comme le fait que l’un des fils de Zuma, Duduzane, soit l’associé en affaires de Rajesh Gupta et que leurs nombreuses entreprises (dont la compagnie aérienne Cornair-Kulula) aient décroché une myriade de contrats publics. Inversement, il semble que les Gupta aient trouvé de nombreux « emplois » pour caser la progéniture de dignitaires de l’ANC, dont le fils du Premier ministre de la province de Free State, Tshepiso. Ils emploient aussi la première femme de Zuma, Bongi Ngema-Zuma, comme responsable de la communication et du marketing de JIC Mining Services. De plus, les Gupta partageront avec Duduzane Zuma une partie des profits d’un contrat public de 550 millions de rands (40,3 millions d’euros) passé avec la China Railway Construction Corporation pour l’amélioration d’infrastructures ferroviaires…11

 

 

Violence et criminalité

À la suite de l'augmentation des cambriolages au début des années 1990, les Sud-Africains ont commencé à se barricader chez eux, élevant des clôtures et des murs pour se protéger de la rue, puis de leurs voisins. Devant la hardiesse des cambrioleurs, les plus aisés d'entre eux ont installé des détecteurs de mouvement et des alarmes dans leurs maisons puis des grilles électrifiées à 9 000 volts et des barrières à infrarouges. Les malfaiteurs s'en sont alors pris à leurs victimes devant chez elles, leur mettant un pistolet sur la tempe pour les forcer à ouvrir leur maison et à désamorcer le système d'alarme. Les habitants aisés de Johannesburg se sont retranchés dans des quartiers aux allures de forteresses, murés et sécurisés, uniquement accessibles par un portail surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Si dans ces quartiers la criminalité a chuté, parfois de 70 %, les municipalités ont souvent cependant interdit de se barricader de la sorte, afin notamment d'éviter le repli des riches entre eux.

D'après le journal Le Monde du 28 décembre 2004, l'Afrique du Sud bat des records en matière de criminalité : on y compte environ 25 000 meurtres par an, 30 000 tentatives de meurtre, plus de 50 000 viols et environ 300 000 cambriolages. Le taux de violence sexuelle en Afrique du Sud était, en 2000, le plus élevé au monde. En 2009, on estimait qu'un Sud-Africain sur quatre avait commis un viol, qu'un enfant était violé toutes les trois minutes. En 2013, les statistiques avancent que « 40% des Sud-Africaines seront violées dans leur vie ».

En 2005, l'Afrique du Sud a compté quelque 19 000 personnes assassinées, 55 000 personnes violées et 120 000 hold-ups selon les chiffres cités par le Sunday Times. Pour les années 2007 et 2008, les statistiques ont encore recensé quelque 240 000 cambriolages chez les particuliers, pas moins de 60 000 vols dans les magasins, les usines et les bureaux, près de 140 000 cas de dégradation lourde de matériel, ainsi que 18 487 assassinats et 18 795 tentatives de meurtre. Les violences se concentrent au Cap, à Durban, mais aussi à Johannesburg et à Pretoria. Les fermiers sont aussi fréquemment victimes d'attaques. Ainsi, presque tous les habitants d'Afrique du Sud ont une fois dans leur vie fait l'expérience directe de la criminalité.

L'État sud-africain dispose pourtant de 200 000 policiers et de 60 000 militaires pour rétablir l'ordre et la sécurité mais les agents de police sont généralement mal formés et mal payés. La police fait elle-même surveiller certains commissariats par des sociétés privées. Ces dernières, qui emploient 420 000 agents de sécurité privés, sont à ce jour chargées de la protection d'un million et demi d'entreprises et de foyers sud-africains.

En septembre 2011, les chiffres officiels de la criminalité indiquent à nouveau une forte baisse dans presque tous les types de crimes (15 940 meurtres - pour comparaison 662 au Royaume-Uni -, tentatives de meurtre, cambriolages, violences), confirmant la nette tendance des années précédentes. Le nombre de meurtres qui avait atteint il y a quelques années des records mondiaux, est retombé à des valeurs semblables aux années précédant la fin de l'apartheid en 1994. Seuls les explosions des distributeurs de billets, ou encore les crimes liés à la consommation de drogue ou d'alcool dont la répression a été renforcée, ont augmenté.

Ces chiffres sont toutefois à relativiser car les taux et les modalités de déclarations de crimes sont plus performants en Afrique du Sud que dans le reste de l'Afrique subsaharienne. Si en 2013, le taux d'assassinats était encore de 31.8/100000, c'est déjà 2 fois moins qu'en 1994. C'est moins qu'en Côte d'Ivoire (56.9/100000) qui arrive juste derrière la Jamaïque et le Honduras au niveau mondial. C'est aussi moins qu'en Zambie (38 pour 100.000 habitants), en Ouganda (36,3), au Malawi (36) et au Lesotho (35,2).12

 

 

Quand les représentants des grandes puissances rendent hommage à Mandela

Après avoir été emprisonné pendant un quart de siècle pour avoir été un dirigeant de l’ANC et de la lutte des noirs pauvres contre l’Apartheid, Nelson Mandela est mort le 5 décembre 2013. Il fut alors encensé par les représentants de pays qui n’avaient rien trouvé à redire à son emprisonnement quand il croupissait dans les prisons d’Afrique du sud.

Devenu chef de l’État, il avait mis un terme à l’apartheid, tout en protégeant la frange de privilégiés noire ou blanche au nom de la « réconciliation ». C’est cela qui lui a valu à sa mort en 2013 les hommages venus de toutes parts. L’élite privilégiée noire a pu accéder en partie à la mangeoire aux côtés de la minorité blanche ; mais l’apartheid social, lui, n’a pas disparu. Les travailleurs noirs continuent de subir des conditions de travail, de vie et de logement indignes.

Le combat des exploités contre tous leurs exploiteurs, noirs ou blancs, reste encore d’actualité en Afrique du sud.13

 

 

Mandela, un symbole de la lutte mais pas un représentant des exploités

Après l'annonce de la mort de Mandela, les Noirs d’Afrique du Sud et les opprimés du monde entier ont voulu saluer le combat d’un peuple contre la ségrégation raciale et pour la liberté et l’égalité.

Les dirigeants impérialistes ont salué, eux, la politique de Mandela qui a consisté à limiter et à arrêter ce combat. Ils voient en Mandela, l’homme de la « réconciliation » et de la « paix ». Mais la paix dont il s’agit est la paix sociale de la bourgeoisie et de l’impérialisme qui fait qu’au sommet de la société, on continue de s’enrichir quand, à la base, on s’appauvrit toujours et encore !

Le simple fait qu’Obama, le dirigeant de la première puissance impérialiste, puisse se reconnaître dans Mandela montre que ce dernier n’était pas un représentant des exploités.

Le combat contre l’apartheid fut le combat de tout un peuple, levé contre un régime infâme qui avait érigé la matraque, la torture et la prison en méthode de gouvernement. Cette lutte a signifié autant de souffrances et de déchirements que de courage et de fierté.

À travers Mandela, c’est donc au peuple sud-africain, aux opprimés révoltés, à ceux de Sharpeville, de Soweto, aux mineurs, aux ouvriers massacrés, que les opprimés du monde entier peuvent rendre hommage.

Mais le combat contre l’apartheid est inachevé, justement du fait de la politique de Mandela et de son parti, l’ANC. À la fin des années 1980, les dirigeants blancs à la tête du régime sud-africain, confrontés aux révoltes et aux grèves incessantes, durent se résoudre à mettre fin au système d’oppression raciale. Ils choisirent de s’allier à Mandela et à l’ANC qui avaient du crédit auprès des masses noires pour négocier une sortie de l’apartheid en douceur.

Il s’agissait de mettre fin aux lois consacrant l’oppression raciale, sans pour autant toucher à la mainmise des propriétaires blancs sur l’économie, sans remettre en cause les profits des multinationales, sans remettre en cause les intérêts des impérialistes, en particulier dans les mines.

Mandela était l’homme de la situation. Son long emprisonnement par le régime de l’apartheid avait fait de lui le symbole du combat contre l’oppression raciale. Mais il n’avait rien contre la propriété privée des terres et des mines, rien contre l’exploitation, rien contre le capitalisme, rien contre l’existence d’une élite… à condition que certains Noirs puissent s’y faire une place.

Les prolétaires et les pauvres qui attendaient de la fin de l’apartheid une redistribution des terres et l’accès à un emploi, à des logements décents, à la santé, à l’eau courante et à des écoles de qualité, furent priés d’attendre au nom de la « réconciliation nationale ».

Ce sont ces choix-là qu'ont salué à sa mort tous les hommes d’État. De Klerk, le dernier président blanc de l’apartheid, doit en effet à Mandela un fier service !

La fin de l’apartheid changea la vie de la classe privilégiée noire. Elle put, enfin !, accéder aux affaires et surtout à la mangeoire de l’appareil d’État et de la corruption. Une minorité noire est ainsi devenue riche et même très riche, à l’instar de ceux surnommés les « diamants noirs ». Certains habitent dans les quartiers luxueux de la bourgeoisie blanche, protégés par des murs surmontés de grillages électrifiés et par des milices privées armées jusqu’aux dents.

Mais la fin de l’apartheid ne changea pas la vie des masses pauvres. Les ghettos noirs n’ont pas disparu car la grande masse des Noirs reste misérable, confrontés à des conditions de travail, de vie et de logement indignes.

Les inégalités, l’exploitation sont tout aussi féroces qu’elles l’étaient sous l’apartheid comme l’a montré la grève des mineurs de Marikana, en 2012. Et les ouvriers comme les Noirs pauvres sont aujourd’hui matraqués, emprisonnés ou assassinés …par des policiers noirs !

Les lois raciales ont disparu, mais l’apartheid racial existe toujours de fait parce que les Noirs sont restés les exploités et les pauvres, parce que l’exploitation et la division de la société en classes sont tout aussi efficaces pour diviser la population.

L’hommage populaire rendu à Mandela par les Noirs sud-africains atteste de leur soif de liberté et de leur aspiration à une vie meilleure. Mais celle-ci ne sera conquise, là-bas comme ici, que dans un combat contre l’ordre social capitaliste de sorte qu’il n’y ait plus de privilèges ni de privilégiés, qu’ils soient noirs ou blancs.14

 

 

 

Saint Madiba, porte drapeau du néolibéralisme

Mandela est mort à l'age de 95 ans, après une vie bien remplie et durant laquelle, l'Homme aura fait ce qu'il pouvait pour que son passage sur terre reste utile à ses semblables. Un homme comme les autres avec une personnalité propre, des défauts et- des qualités. Un homme mortel, ni dieu ni prophète.

 

Après sa mort, au milieu de ce merveilleux concert de louanges, il serait urgent que les femmes et les hommes de la vraie gauche retrouvent un peu leurs esprits.

 

L'ANC est né en 1944 avec vocation de combattre l'apartheid qui permettait à une population blanche qui ne représentait que 10 % des Sud-africains, de ne pas avoir à se mêler physiquement aux Noirs et à les traiter comme une sous-humanité. Le pays, très riche (plus gros producteur d'or et de diamant du monde) réservait toute la richesse aux Blancs et laissait croupir la population noire dans une misère effroyable.

 

En 1954, l'ANC, qui était devenu un mouvement révolutionnaire, délégua 50 000 militants dans les villages pour rédiger des cahiers de doléances. Ces recueils furent ensuite analysés et synthétisés.

 

L'année suivante, le congrès du parti eut lieu à Kliptown, dans un terrain vague. Le parti avait rédigé un document que l'histoire retient comme « charte de la liberté ». Son article premier « Le Peuple gouvernera ». Il promet la nationalisation des mines et de toutes les industries qui ne sont pas en situation de concurrence. Il promet la redistribution des terres, l’accès à l'éducation, aux soins, la hausse des salaires pour tous.

 

Le parti National, dont Botha était le leader fit interdire l'ANC comme mouvement terroriste en 1961. Mandela et bien d'autres furent arrêtes en 1962. Il fut condamné à la prison à vie.

 

Durant sa captivité, le militantisme de l'ANC reprit de la vigueur au nom de la lutte contre la ségrégation et pour la défense de la charte. Bien des jeunes militants tombèrent sous les balles de la répression. Un peuple qui espère ne craint pas le sacrifice. Le culte de Mandela est né de ces insurgés qui avaient besoin de personnaliser leur combat.

 

Ce sont les pressions internationales, malgré le double jeu de certaines grandes puissances qui firent accepter à De Klerk qui avait succédé à Botha en 89, un assouplissement du régime d'apartheid, dont la manifestation ostensiblement représentative fût la libération de Mandela en 1990.

 

Quelques jours avant sa libération, Mandela déclara : « il n'est pas de liberté possible sans redistribution ».

 

En 1994, eurent lieu les élections du Premier Président de la république d'Afrique du sud (De Klerk avait le titre de « Président d'état »). Mandela les remporta sans aucune difficulté.

 

Alors, commença un étrange ballet de négociations dont le but avoué était d'assurer une transition en douceur. Les vainqueurs, les tenants de la justice et de l'équité, invitaient les bourreaux sanguinaires dont les méfaits auraient pu être débattus au tribunal pénal international ou a Nuremberg en 45. Ils leur demandaient de participer à l'élaboration de la transition et donc, de la nouvelle société !

 

Mandela discuta du volet politique avec De Klerk et gagna sur tous les tableaux. En particulier, il évita la partition du pays que réclamait le parti national.

 

Sur le volet économique, c'est Mbeki (étoile montante du parti ANC qui succédera à Mandela en 99) qui mena les négociations. Tandis que dans les comités du parti, des économistes préparaient des programmes sociaux (en particulier Vishnu Padayachee), qu'ils comptaient bien introduire dans la nouvelles constitution. Mais Mbeki céda sur tout. Il accepta la tutelle du FMI, de la banque mondiale et du GATT.

 

Il accepta que la banque centrale d'Afrique du sud demeure totalement indépendant de l'État. Il entérina même le maintien à la tête de cet organisme de Chris Stals qui en avait eu la charge sous l'apartheid.

 

Ils acceptèrent que Derek Keyes, ministre des finances sous Botha et Deklerk, garde son poste. On ose à peine réaliser comment un parti qui se bat de bien des façons et très durement depuis 50 ans peut se laisser rouler de cette façon.

 

Une fois de plus, le spectacle était dans la négociation politique, la négociation économique, beaucoup trop technique pour les médias demeurait dans l’anonymat des cuisines. Peut être même que la « tambouille » était trop peu noble pour le prisonnier devenu prophète. Peut être que Mbeki, qui avait fréquenté une école d'économie en Angleterre, sous le règne de Margaret Thatcher, avait il attrapé le virus néolibéral ?

 

La Nation étant prise dans le carcan des accords avec les instances néolibérales mondiales, toute velléité de réforme ultérieure fut vouée à l'échec, au refus des organismes de tutelle. Le pays s'était libéré du racisme et de l'inégalité en se livrant, pieds et poings liés, au capitalisme mondial assassin de peuples.

 

En 2005, on fêta, avec beaucoup d'ostentation, le cinquantenaire de la charte de la liberté. On eut même l'idée de faire de Kliptown une place touristique avec tour de la charte, musée, etc. Pour cela on déporta sans vergogne les ghettos de la vile pour les redistribuer manu militari dans des villes autour.

 

Comme en Pologne, les nouveaux dirigeants d'Afrique du sud avaient rejoint le camp des réalistes qui sont certains que seul le néolibéralisme peut éradiquer la misère, ce qui est vrai, surtout pour celle des riches.

 

Un bilan ?

 

Depuis l'arrivée de l'ANC au pouvoir le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour a triplé.

 

85 % de la population noire est pauvre.

 

83 % des Blancs qui représentent 9 % de la population totale, ont un revenu moyen ou élevé.

 

Le PIB , comme le note fièrement Goldman-Sachs a plus que doublé depuis 1994. À qui profite le progrès ?

 

Un million de petits exploitants agricoles ont été expulsés au cours de la première décennie du gouvernement de l'ANC.

 

Et bien entendu, il n'y a pas eu de nationalisation, bien au contraire ! Les mines sont toujours propriété privées et pratiquent l'esclavage à peine salarié. La famille Debeers à transféré sont capital en Suisse, au cas où. Au contraire, on a privatisé pour payer les dettes que le régime précédent avait gentiment laissé et que le nouveau « pouvoir » a accepté sans discuter.

 

 

Quelle leçon tirer de ce bel exemple historique ?

 

D'abord qu'un mouvement qui est appelé à accéder aux responsabilités doit se préparer soigneusement et avoir une transition clairement définie, décrite, planifiée.

Toute improvisation, toute marque de faiblesse, peut donner à l'adversaire ; même groggy, de revenir sur le ring et de se battre !

 

Ensuite, c'est que le néolibéralisme est un système redoutable. Même lorsqu'il est lié à une entreprise criminelle comme l'apartheid, il bénéficie d'appuis très diversifiés et possède une grand habilité à retourner les acteurs de la politique.

 

Ensuite, cet exemple permet de prendre conscience qu'aucune négociation n'est possible avec le capitalisme néo-libéral qui est une terrible machine à détruire les peuples par tous les moyens sans aucune conscience. C'est l’ennemi absolu aussi dangereux que les fascismes du XXe siècle.

 

Enfin, je crois qu'il faut prendre conscience de la raison pour laquelle, nous assistons à une sanctification de Mandela.

 

Les médias, la presse et les TV ont fait de cet événement une messe universelle.

Le monde néolibéral, a sanctifié le personnage, et dépensé des torrents d'argent pour faire de cette canonisation médiatique un événement retentissant. Et pourquoi se donne-t-il cette peine. Parce que Saint Mandela est porteur d'un message subliminal fantastique ! Un homme bon, intelligent, gai, ayant souffert beaucoup, ayant réclamé des droits justes, s'est insurgé contre la barbarie ! Quel homme ! Et en plus, il a été révolutionnaire, choisi le camps de ceux qui voulaient le partage et, figurez vous que quand il a pris le pouvoir, par sagesse, raison, intelligence, il a choisi le camp de ceux qui assurent que l'enrichissement des riches finira par profiter aux pauvres...

 

Il a compris comme nous, brave homme, qu' « il n'y a pas d'alternative ».

 

Ne nous commettons pas avec l'ennemi, camarades !!!!!! 15

 

 

Le numéro du matricule de Nelson Mandela en prison était le 46664.

 

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46664 = 64 64 6

6 4 = 6 avril

L'origine lointaine de l'apartheid remonte au 6 avril 1652 lorsque cinq navires de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC), sous le commandement du capitaine Jan van Riebeeck, ont accosté dans la baie de la montagne de la Table près de la péninsule du Cap de Bonne-Espérance et fondé la ville du Cap.

Le 6 avril 1652 marque ainsi le début de la colonisation européenne en Afrique du Sud.

6 avril = 6 4

Matricule de Mandela = 46664 = 64 64 6

Les chiffres 64 symbolisent ainsi le 6 avril (6 4) lors duquel les Européens ont débarqué en Afrique du Sud et fondé la ville du CAP.

CAP = CAPITALISME

46664 = 666 44

Dans l'Apocalypse, le chiffre de la Bête est le 666.

C'est le chiffre du CAP-ITALISME car en France, les capitalistes accaparaient officiellement 66,6 % des profits.

Le chef-lieu du département 44 est la ville de NANTES.

Dans « NANTES », il y a toutes les lettres du mot « SATAN ».

 

Dieu associe le matricule de Mandela au chiffre de la Bête parce qu'une fois sorti de prison, Mandela s'est prosterné devant le pouvoir de la Bête : le CAPITALISME. Il a ainsi vendu son âme au diable.

Comme dans l'Apocalypse, en Afrique du Sud, une deuxième BÊTE a surgi après la première car le néolibéralisme a surgi pour prendre la place du régime de l'apartheid. Cette deuxième BÊTE portait alors le visage de Mandela.

 

À travers le matricule de Mandela en prison, Dieu met en lumière le chiffre 64 (64 64 6).

Un cheval possède 64 chromosomes.

Le cheval symbolise le travailleur sur lequel le capitaliste monte pour bâtir et agrandir son empire.

Une fois sorti de prison, lorsque Mandela est arrivé au pouvoir, il a renié une partie de la charte de l'ANC pour que les capitalistes sud-africains puissent continuer à monter sur le dos des travailleurs, à la différence que contrairement à la période de l'apartheid, Mandela a permis l'émergence de cavaliers Noirs, ce qui n'a rien changé car l'écart entre les Blancs et les plus pauvres des Noirs a continué à s'accroître.

L'ANC avait un grand plan pour sortir les Sud-Africains de la pauvreté, ainsi que le révèle cet extrait de la Charte de la Liberté adoptée en 1955 :

« La richesse de notre pays, l'héritage des Sud-Africains, doit revenir au peuple. La richesse minérale sous notre sol, les banques et les industries du monopole, tout doit être transféré au peuple. Tous les autres commerces et industries doivent être contrôlés pour assurer le bien-être du peuple...»

Or lorsque Mandela a été élu, la nouvelle Constitution a exclu les exigences mentionnées dans cette Charte, en abandonnant la nationalisation de l'industrie et des mines ou encore la redistribution des terres.

Alors désormais, « que se passe t-il dans l'Afrique du Sud post-apartheid, quand des Noirs déshérités réclament une part décente de la richesse de la nation ? L'horrible vérité est qu'ils sont traités comme au temps de l'apartheid : on leur tire dessus.

 

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Les images du massacre des mineurs du Marikana en 2013 n'étaient pas différentes de celles du massacre de Sharpeville en 1960. À ceci près qu'elles étaient en couleurs et que c'étaient des ''nègres'' qui faisaient le sale, l'inhumain boulot. Pour ajouter à l'outrage, le monde a appris avec stupéfaction que 270 mineurs avaient été arrêtés et accusés de meurtre sur la base de la doctrine de ''l'objectif commun'', la même dont avaient fait usage les autorités sous l'apartheid. Sous la pression de la communauté internationale et des associations humanitaires, cette accusation abracadabrantesque fut levée et les mineurs emprisonnés furent libérés.

La vie de Mandela et l'ascension de l'ANC devraient servir d'avertissement aux combattants de la liberté en herbe et à ceux qui croient à l'égalité : le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument pour reprendre la phrase de Lord Acton. » 16

 

Mandela a été arrêté en 1962 mais il n'a pu se défendre publiquement qu'à partir du 20 avril 1964, lorsque la Cour l'autorisa à se défendre lors de son procès.

Adolf Hitler est né un 20 avril.

Mandela a ainsi été autorisé par la Cour à se défendre le 20 avril 1964, soit 75 ans - jour pour jour - après la naissance d'Adolf Hitler.

En 1994, Mandela est devenu le président de la République d'Afrique du Sud à l'âge de 75 ans.

Dieu fait ainsi le PROCÈS de Mandela en l'associant à Adolf Hitler, le dirigent du IIIe REICH.

Mandela a été autorisé à se défendre le 20 avril 1964.

Le chef-lieu du département 64 est la ville de PAU.

Dieu nous fait comprendre que des millions de Sud-Africains sont PAU-VRES et ont la « PAU » sur les os – car Mandela a permis au RICHE capitaliste de leur voler encore plus de nourriture quand il est arrivé au pouvoir à l'âge de 75 ans.

Mandela a été autorisé à se défendre lors de son procès, le 20 avril 1964, soit 75 ans - jour pour jour - après la naissance d'Adolf Hitler.

Le chiffre 75 est l'INVERSE du chiffre 57.

Le chef-lieu du département 57 est la ville de METZ.

Un METS est un aliment préparé lors d'un repas.

Mandela a permis au RICHE de voler la nourriture du pauvre.

Dieu nous révèle ainsi que Mandela a mené la politique INVERSE de celle qui aurait permis à tous les Sud-Africains de manger à leur faim. En effet, il aurait dû suivre les idéaux de la Charte de la Liberté qui stipulait : « La richesse de notre pays, l'héritage des Sud-Africains, doit revenir au peuple. La richesse minérale sous notre sol, les banques et les industries du monopole, tout doit être transféré au peuple. Tous les autres commerces et industries doivent être contrôlés pour assurer le bien-être du peuple... »

Dieu nous fait comprendre que c'était la voie à suivre en « transférant les richesses au peuple » mais Mandela a fait l'INVERSE en reniant cet idéal pour permettre aux capitalistes d'accaparer toujours plus de richesses au détriment du peuple sud-africain, et étant donné que Mandela était le président de l'AFRIQUE du Sud, Dieu nous révèle que des centaines de millions d'AFRICAINS ne mangent pas à leur faim puisque les richesses phénoménales du continent sont accaparées par les capitalistes au lieu de revenir en intégralité aux peuples africains ; donc Dieu associe Mandela à Adolf Hitler car s'il avait mené une politique INVERSE en redistribuant équitablement les richesses du pays entre tous les Sud-Africains, Mandela aurait montré le chemin à suivre à tous les peuples d'Afrique pour qu'ils prennent le contrôle des immenses richesses qu'ils produisent et ainsi éradiquer la pauvreté dans le continent pour mettre un terme au génocide de millions de vies humaines chaque année.

ANC = CAN

« CAN » signifie « POUVOIR » en anglais.

Mandela avait le POUVOIR d'éradiquer la misère en Afrique mais il a fait l'INVERSE en convertissant son pays au néolibéralisme, c'est-à-dire au nazi-capitalisme, c'est pourquoi Dieu associe Mandela à Adolf Hitler.

À la fin de son procès en 1964, Mandela dira de la Charte de la Liberté qu’elle « n’est en aucune façon un manifeste pour un État socialiste. Elle appelle à une redistribution, mais non à une nationalisation de la terre ; elle prévoit la nationalisation des mines, des banques et des grands monopoles industriels parce que ces facteurs économiques sont entre les mains de la seule minorité blanche et que, sans cette mesure, la domination raciale survivrait à la diffusion du pouvoir politique.(...) les nationalisations s’inscriraient dans une économie fondée sur l’entreprise privée. La réalisation de la Charte offrirait de nouvelles perspectives à toutes les classes – bourgeoisie comprise – d’une population africaine dès lors prospère. L’ANC n’a jamais, à aucune période de son histoire, préconisé un changement révolutionnaire de la structure économique du pays ; il n’a jamais non plus, autant que je m’en souvienne, condamné la société capitaliste. »

ANC = CAN

CAN = POUVOIR

Il faut INVERSER les lettres « ANC » pour obtenir le mot POUVOIR car Dieu nous fait comprendre qu'il faut mener une politique INVERSE de celle de l'ANC pour que les peuples prennent le POUVOIR en main. Dieu réclame un changement révolutionnaire en nous demandant de renverser le système capitaliste pour créer un monde sans classes sociales afin que les peuples prennent le contrôle de l'intégralité des richesses qu'ils produisent. C'est la seule solution pour éradiquer la misère dans le monde et ainsi permettre à tous les êtres humains de vivre dignement.

Gandhi est mort en 1949 et Mandela a pris le pouvoir en 1994.

1949 = 1994

Les deux derniers chiffres de ces deux années sont INVERSÉS parce que Mandela était l'INVERSE de Gandhi, vu que ce dernier symbolisait la paix alors que Mandela symbolisait la GUERRE puisqu'il sacralisait la GUERRE du RICHE contre le pauvre en ne condamnant pas la société capitaliste et ses classes sociales.

Et lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 1994, il a trahi une partie des exigences de la Charte de l'ANC en excluant de nationaliser les mines, les banques et les grands monopoles industriels, pour adopter scrupuleusement la doctrine du nazi-capitalisme. À l'époque, la presse financière a d'ailleurs salué cette conversion, le Wall Street Journal écrivait : « Bien que l'ANC possède encore une aile gauche puissante, M.Mandela, depuis quelque temps, s'exprime comme Margaret Thatcher plutôt que comme le révolutionnaire de gauche qu'on avait cru en lui. »17

Le révolutionnaire du 20 avril 1964 avait ainsi renié ses idéaux.

En effet, le 20 avril 1964, depuis le banc des accusés, Nelson Mandela a saisi l'occasion qui lui était faite par le procès de faire une déclaration pour faire connaître à un vaste public les motivations et objectifs des actions de l’ANC et d’Umkhonto We Sizwe. Il termina en déclarant : « Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et agir. Mais, si besoin est, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »18

Mais lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 1994, Mandela a arrêté de se battre en reniant ses idéaux et les conséquences furent dramatiques : l'Afrique du Sud est devenu le 2e pays le plus inégalitaire du monde et par conséquent l'un des plus violents au monde.

Ainsi, « plus de 10 ans après que l'Afrique du Sud eut décidé d'opter pour le thatchérisme comme moyen d'assurer la justice par voie de percolation, les résultats de l'expérience sont proprement scandaleux. Voyons quelques chiffres :

_depuis 1994, année de l'arrivée au pouvoir de l'ANC, le nombre de personnes qui vivent avec moins d'un dollar par jour a doublé, passant de 2 millions à 4 millions en 2006.

_entre 1991 et 2002, le taux de chômage des Noirs sud-africains a plus que doublé passant de 23 % à 48 %.

_seulement 5 000 des 35 millions de Noirs que compte l'Afrique du Sud gagnent plus de 60 000 dollars par année. Le nombre de Blancs qui se trouvent dans cette fourchette salariale est 20 fois plus élevé, et nombreux sont ceux qui gagnent bien davantage.

_le gouvernement de l'ANC a construit 1,8 million de logements ; pendants ce temps, 2 millions de personnes ont été jetées à la rue.

_près d'1 million de personnes ont été expulsées d'exploitations agricoles au cours de la première décennie de la démocratie.

_conséquence de ces évictions : le nombre de personnes qui vivent dans des cabanes de fortune a augmenté de 50 %. En 2006, plus d'un Sud-Africain sur quatre vivait dans des cabanes situées dans des bidonvilles officieux, souvent sans eau courante et sans électricité. »19

 

À sa mort, les médias ont glorifié Mandela sans revenir sur son bilan économique désastreux puisque critiquer le bilan de Mandela revenait à critiquer le néolibéralisme. Le procès n'a donc pas eu lieu car Adolf Hitler possède les médias et il rend par conséquent sa propre justice, qui est toujours clémente envers ses plus fidèles serviteurs.

Dans son discours du 20 avril 1964, Mandela affirmait chérir « une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie avec les mêmes opportunités » ; or vous pouvez voir sur les photos suivantes que plus de 40 ans après ce discours, Mandela a soutenu les principaux acteurs du capitalisme mondial, ceux qui mènent une lutte féroce pour accroître les inégalités dans le monde et combattent l'harmonie entre les hommes en menant des guerres impérialistes et en condamnant une partie de la planète à vivre dans la misère : ce qui génère la haine comme en témoigne la violence en Afrique Sud.

Par ailleurs, le capitalisme a permis aux puissances de l'argent d'accaparer le pouvoir politique, économique, médiatique et judiciaire, en créant ainsi l'inverse d'une « société libre et démocratique » comme le chérissait Mandela en 1964. L'Afrique du Sud prouve que le capitalisme n'a pas permis aux hommes de vivre « ensemble en harmonie avec les mêmes opportunités » : les enfants nés dans des familles pauvres étant quasiment condamnés à rester pauvres. Pire, à cause du capitalisme, des centaines de millions d'Africains sur le continent n'ont pas l'opportunité de se loger, se soigner, boire, manger, et tout simplement de vivre !

Nelson Mandela a arrêté de se battre contre l'apartheid lorsqu'il a pris le pouvoir en 1994, et il s'est ensuite battu jusqu'à la fin de sa vie pour que l'apartheid social perdure en posant régulièrement en photo avec les principaux acteurs du nazi-capitalisme. Il faut préciser que Mandela est devenu millionnaire une fois sorti de prison, c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles il a soutenu publiquement l'oligarchie à laquelle il appartenait dorénavant.

 

                                                 

 

                                                    

 

 

Au moment où cette photo a été prise, Nicolas Sarkozy menait une politique économique responsable de l'extermination d'un enfant toutes les 5 secondes, mais pourtant Mandela était hilare, main dans la main, avec l'un des principaux responsables de ce génocide. Sommes-nous en face d'un homme qui se préoccupe des 12 millions d'êtres humains mourant alors de faim chaque année ? Regardez son sourire, il rit a pleines dents avec les principaux responsables de ce massacre, car comprenez bien que ce sont les hommes politiques comme Nicolas Sarkozy qui plongent et maintiennent les Africains dans la misère en leur infligeant notamment le paiement de dettes odieuses contractées par des dictateurs que les puissances impérialistes ont bien souvent mis au pouvoir.

Mandela a déclaré lors de son procès le 6 avril 1964 : « Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu contre la domination blanche. » Or 40 ans plus tard, pendant qu'il se faisait prendre en photo avec les acteurs majeurs du nazi-capitalisme, une partie du peuple africain était exterminée par un système économique mis en œuvre principalement par des Blancs, et vous voyez bien sur cette photo que Mandela n'est pas en train de les combattre, il leur tient la main et sourit avec eux en étant ainsi complice de leur propagande. Alors ne tombez pas dans le piège de ces fausses icônes comme Mandela, fabriquées de toute pièce par le régime capitaliste.

Mandela a prononcé le discours suivant à l'ONU le 21 septembre 1998 : « Quand je serai chez moi à Qunu, aussi vieux que les collines des alentours, je continuerai de nourrir l'espoir qu'une nouvelle race de dirigeants est apparue dans mon pays, sur mon continent et dans le monde, qui ne permettra pas que l'on prive quiconque de la liberté, comme nous en avons été privés si longtemps ; qui ne fasse de personne un réfugié, (…) (un être) condamné à la famine (…) (ou) privé de sa dignité humaine, comme nous l'avons été. »

Nicolas Sarkozy ne faisait pas partie d'une « nouvelle race de dirigeants », au contraire, il appartenait à cette race de dirigeants prédateurs qui obligent les pays africains à se soumettre aux diktats des politiques d'ajustement structurel du FMI dont le résultat est d'augmenter les chiffres de la pauvreté et de la famine sur le continent africain.

 

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Un an avant leur rencontre, Nicolas Sarkozy avait humilié l'Afrique lors du discours de Dakar, le 26 juillet 2007, dans lequel il déclara : « Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez rentré dans l'Histoire. » Il insista sur le fait que « jamais l'homme (africain) ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. » « Vers la fin de sa diatribe, Sarkozy versa dans la démagogie la plus grossière : ''Voulez-vous qu'il n'y ait plus de famine sur la terre africaine ? Voulez-vous que, sur la terre africaine, il n'y ait plus jamais un seul enfant qui meurt de faim ? Alors cherchez l'autosuffisance alimentaire. Alors développez les cultures vivrières. L'Afrique a d'abord besoin de produire pour se nourrir. Si c'est ce que vous voulez, jeunes d'Afrique, vous tenez entre vos mains l'avenir de l'Afrique, et la France travaillera avec vous pour bâtir cet avenir.''

Voici comment la France "travaille" avec l'Afrique pour construire cet avenir radieux. Entre 1972 et 2002, le nombre des hommes, des femmes et des enfants gravement et en permanence sous-alimentés en Afrique a augmenté de 80 à plus de 200 millions de personnes. Or, l'une des principales causes de ce désastre est la politique de dumping agricole pratiquée par les États occidentaux. Ceux-ci versent, en effet, à leurs propres paysans chaque année des milliards de dollars au titre de l'aide à la production et à l'exportation. Conséquence : sur n'importe quel marché africain – la Sandaga de Dakar, par exemple – le consommateur peut acheter des poulets, des fruits et des légumes français, espagnols, italiens, portugais, etc., pour la moitié ou le tiers du prix des produits autochtones correspondants. Et quelques km plus loin le paysan wolof, toucouleur ou bankara – travaille 12H par jour sous un soleil de plomb sans avoir la moindre chance d'accéder à un niveau de vie décent.

Oui, le dumping occidental détruit l'agriculture vivrière en Afrique. A-t-on oublié que 37 des 53 pays du continent africain vivent principalement d'elle ?

La dernière conférence de l'OMC (avant le discours de Sarkozy à Dakar) s'est tenue en décembre 2005 à Hong Kong. Sous la pression des pays du Sud, notamment africains et latino-américains, une majorité d'États occidentaux ont accepté de supprimer les aides à l'exportation. Dans les trois mois qui suivraient, des négociations multilatérales mettraient fin, était-il prévu, au dumping agricole.

Au nom de la France, le président Jacques Chirac s'est opposé à cette décision. Mis en minorité à Hong Kong, ses diplomates s'appliquèrent par la suite à saboter les négociations multilatérales destinées à conduire à la réduction graduelle puis à la disparition des subventions.

Sabotage réussi, puisqu'en 2008, la pratique du dumping continue. Et au sein du Conseil des ministres de l'UE, à Bruxelles, et du Conseil général de l'OMC à Genève, Nicolas Sarkozy a pratiqué exactement la même politique dévastatrice pour l'agriculture africaine, que son prédécesseur.

Le discours de Dakar se voulait programmatique. Au delà du Sénégal, Sarkozy s'adressait à la jeunesse de tout le continent. Il fut reçu comme une gifle.

Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur les formes contemporaines du racisme, de la discrimination raciale et de la xénophobie, un intellectuel sénégalais, Doudou Diène, a pris la parole le 9 novembre 2007, devant l'Assemblée générale à New York. Il était vraiment très en colère : ''Il est essentiel que le président français, Nicolas Sarkozy, sache que le discours de Dakar a causé une blessure profonde.(…) Dire, devant les intellectuels africains, qu'ils ne sont pas entrés dans l'Histoire s'inspire des écrits racistes des XIIe, XVIIIe et XIXe siècles.'' »20

 

Pourtant, malgré le fait que Nicolas Sarkozy avait humilié les Africains et qu'il était l'un des principaux responsable du génocide des pauvres en Afrique, Nelson Mandela l'a reçu et soutenu politiquement en acceptant de poser en photo avec lui.

Il est étonnant de constater que cet homme qui dit compatir avec la souffrance des Africains est étrangement hilare avec les « stars » les plus riches de la planète alors que des Africains crèvent de faim toutes les secondes.

 

 

L'histoire traditionnelle nous raconte que Mandela n'a pu eu d'autres choix que d'adopter le néolibéralisme mais il avait le choix de ne pas se faire prendre en photo avec toutes les idoles du capitalisme. Ces rencontres ultra-médiatisées avaient pour effet de légitimer, d'humaniser la barbarie du capitalisme en l'associant à une « icône sainte », car à partir du moment où Mandela riait à pleines dents avec ses amis les plus riches de la Terre, pourquoi les citoyens du monde se seraient indignés contre l'inégale redistribution des richesses de la Terre étant donné que Saint Madiba n'y voyait aucun inconvénient, au contraire, il glorifiait les riches en se prenant en photo avec eux.

Mandela n'était pas communiste, durant son mandat de président, il s'est battu pour que les Noirs puissent devenir eux aussi capitalistes afin qu'ils s'enrichissent comme les Blancs. Il a combattu l'apartheid racial mais il s'est battu pour que l'apartheid social perdure et c'est la raison pour laquelle les médias aux mains des capitalistes l'ont sanctifié.

En effet, « l’inquiétude qui régnait au sein des gouvernements capitalistes et des oligarques patronaux quant aux implications du décès de Mandela sur l’actuelle crise en Afrique du Sud était liée à la gratitude pour services rendus par l’ancien président et dirigeant de l’ANC. Au milieu des années 1980, lorsque la classe dirigeante sud-africaine avait entamé ses négociations avec Mandela et l’ANC afin de mettre un terme à l’apartheid, le pays se trouvait dans une profonde crise économique et au bord de la guerre civile. Le gouvernement se sentait contraint d’imposer l’état d’urgence après avoir perdu le contrôle de la classe ouvrière noire dans les townships.

Les sociétés minières, les banques et les autres entreprises internationales et sud-africaines, ainsi que les éléments les plus conscients du régime de l’apartheid reconnurent que l’ANC, et Mandela en particulier, étaient les seuls à pouvoir désamorcer un soulèvement révolutionnaire. C’est à cette fin qu’il fut libéré de prison en 1990.

Utilisant le prestige qu’il avait acquis de par son association avec la lutte armée et son discours socialiste, l’ANC a œuvré pour contenir le soulèvement de masse qu’il ne contrôlait pas et qu’il ne souhaitait pas, en le subordonnant à un accord négocié qui a préservé la richesse et la propriété des sociétés internationales et des dirigeants capitalistes Blancs du pays.

Avant d’entrer en fonction, Mandela et l’ANC avaient laissé tomber une grande partie du programme du mouvement, notamment les points ayant trait à la nationalisation des banques, des mines et des principales industries. Ils signèrent une lettre d’intention secrète avec le Fonds monétaire international en promettant d’appliquer une politique économique libérale, avec des coupes budgétaires drastiques, des taux d’intérêt élevés et la suppression de toutes entraves à l’entrée du capital international.

Ce faisant, Mandela a concrétisé une vision qu’il avait énoncé près de quatre décennies plus tôt lorsqu’il avait écrit que l’adoption du programme de l’ANC signifierait : ''Pour la première fois de l’histoire du pays, la bourgeoisie non européenne aura l’occasion de posséder en son propre nom et son propre compte des moulins et des usines et le commerce et les entreprises privées prospéreront et s’épanouiront comme jamais auparavant.''

Mais cet ''épanouissement'' qui a généré des bénéfices pour les sociétés minières transnationales et les banques tout en créant une couche de multimillionnaires Noirs, a été assumé par l’intensification de l’exploitation des travailleurs sud-africains.

La voie ignoble empruntée par l’ANC n’était pas un fait isolé. Durant la même période, pratiquement chacun des soi-disant mouvements de libération, allant de l’Organisation de libération de la Palestine aux Sandinistes, a poursuivi une politique similaire, en faisant la paix avec l’impérialisme et en recherchant la richesse et les privilèges pour une mince couche de la société. (...)

Mandela, qui a joué un rôle de moins en moins actif dans la vie politique du pays, a néanmoins servi de façade à l’ANC qui s’est servi de son histoire faite de sacrifices et de son image d’humble dignitaire pour dissimuler son propre délit d’initié corrompu. Bien évidemment, derrière la façade, Mandela et sa famille, ont engrangé des millions vu que ses enfants et petits-enfants ont des avoirs dans quelque 200 sociétés. »21

 

Mandela est mort dans une luxueuse villa avec une fortune de 4 millions de dollars.

Jésus a dit : « Il est plus facile à un chameau d'entrer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu ».

Mandela était très riche alors que son peuple vivait dans la misère donc pourquoi le monde a t-il sanctifié un homme qui n'ira jamais au paradis ?

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Jésus, et il est évident qu'un homme possédant une fortune de 4 millions de dollars est riche.

Et n'oubliez pas que Mandela ne s'est pas battu tout seul contre l'apartheid, ils étaient des milliers de Sud-Africains à lutter contre ce régime ignoble, nombre d'entre eux sont morts et ont également été emprisonnés. Pourquoi un seul homme devrait recevoir toutes les louanges ? Qu'a t-il de plus que les autres ? Arrêtons de personnaliser les luttes collectives. Mandela n'était pas un saint, ni un héros mais juste un homme qui a combattu courageusement avec d'AUTRES une politique de ségrégation raciale.

« La focalisation sur Nelson Mandela, c’est-à-dire sur l’icône au-delà de la personne, ne concoure pas tant à une personnalisation du pouvoir qu’à une individualisation des luttes politiques.
La dissolution du collectif, de la classe, du peuple, des dominés et la mise en avant d’une seule personne présentée comme le "sauveur suprême" participent à une démobilisation de la conscience politique. La conscience de classe, qui pose le primat de l’appartenance à un groupe plus large, plus grand que sa situation individuelle, est ainsi dévitalisée. Les contradictions entre groupes sociaux sont reléguées au second plan, masquées par l’icône symbole de la convergence des luttes.

Cette personnification à outrance n’est pas fortuite, tant il est nécessaire pour les tenants du système économique capitaliste de poser les destins individuels, quels qu’ils soient, comme base et aboutissement de la société.
Combien parmi ceux qui célèbrent Nelson Mandela peuvent citer d’autres dirigeants ou figures de la lutte. Qui se souvient aujourd’hui des hommes et des femmes, des batailles et des alliances internationales qui ont fait l’histoire de l’ANC ?
En somme, on célèbre Mandela pour masquer la résonance politique de sa lutte.

La victoire de l’ANC sur le plan politique et son échec sur les plans économique et culturel nous enseignent qu’il est nécessaire d’articuler, de manière constante et permanente, le combat sur ces trois terrains. Reculer sur l’un, c’est perdre le bénéfice des deux autres.

Merci aux combattants d’Afrique du Sud et des pays arabes de toutes les époques de nous rappeler que le système capitaliste n’accepte, au bout du compte, les victoires des dominés que lorsqu’elles ne remettent pas en cause son maintien sous une forme ou une autre. »22

 

Mandela est né le 18 juillet 1918 (18 7 1918).

 

18 = AH

 

AH sont les initiales d'Adolf Hitler.

 

7 = SEPT

 

SEPT = 19x5x16x20 = 30400

 

Adolf Hitler – le dirigeant du IIIe REICH – est mort un 30 4 (30 avril).

 

Le chef-lieu du département 19 est la ville de TULLE.

 

A travers la date de naissance de Mandela, Dieu nous transmet ainsi le message suivant : « TUE LE RICHE ».

 

Mandela était le serviteur du RICHE, c'est la raison pour laquelle, lorsqu'il est arrivé au pouvoir, il a converti son pays au néolibéralisme. Il a donc soutenu une idéologie responsable de l'extermination de millions d'êtres humains chaque année, c'est pourquoi Dieu l'associe à Adolf Hitler, alors ne tombez pas dans le piège du régime totalitaire qui en a fait une « icône sainte ».

À travers Mandela, Dieu nous demande de « TUER LE RICHE », c'est-à-dire de le supprimer de manière démocratique, afin de mettre un terme à l'APARTHEID social, et ainsi sauver la vie de centaines de millions d'êtres humains ces prochaines années en redistribuant équitablement les richesses.

 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est matricule-Mandela.png.

 

Lorsqu'il était emprisonné, le matricule de Mandela était : 46664.

 

46664 = 4x6x6x6x4 = 3456

 

3456 = 34 56

 

34 se prononce 30 4.

 

Adolf Hitler – le dirigeant du IIIe REICH – est mort un 30 4 (30 avril) à l'âge de 56 ans.

 

Dieu nous révèle ainsi que le RICHE « emprisonne » des milliards d'êtres humains en les condamnant à vivre dans la misère.

 

Par conséquent, la nouvelle Alliance nous impose de signer l'arrêt de mort du RICHE – en partageant équitablement les richesses de la Terre – afin de libérer les milliards de pauvres sur Terre.

 

 

Un Sud-africain noir – Lettre ouverte à Mandela : Vous avez trahi et vendu le peuple noir

 

Par Cherokee Gérard.

 

Cher ancien président Nelson Mandela,

J’avais seulement 5 ans quand vous avez été libéré de prison. Je viens d’un milieu pauvre, comme tous les enfants noirs d’Afrique du Sud du temps de l’Apartheid et j’ai été élevé par ma grand-mère. En 1994, l’Afrique du Sud a eu ses premières élections démocratiques, je me souviens que tout le monde, y compris ma grand-mère, était ravi à l’idée de pouvoir voter pour vous et pour le gouvernement de l’ANC. Malheureusement, ma grand-mère est décédée avant d’avoir pu voter en début d’Avril en 1994.

J’ai cru comprendre que vous aviez des rencontres secrètes entre 1985-1990 avec P. W. Botha (ancien président de 84-89) pour avoir un règlement négocié. Ceci nous a été révélé plus tard par le président de l’ANC, Oliver Reginald Tambo, se référant à vos réunions avec le régime colonial-apartheid dans les années 1980, années cruciales. Il avait déclaré: « Les prisonniers ne peuvent pas négocier leur liberté ». Tambo semblait perturbé sur le fait que des hauts cadres du parti, y compris vous, auraient pu avoir compromis l’organisation.

En 1990, avant que vous ne sortiez de prison vous aviez assuré vos partisans que la nationalisation des mines, des banques et des minéraux étaient vos objectifs premiers. Cette croyance avait formé la doctrine de base de l’ANC et avait même été inscrite dans un document connu sous le nom « Freedom Charter » (La Charte de la Liberté).

« La richesse nationale de notre pays, le patrimoine et l’héritage des Sud-Africains, seront rendus au peuple : Les richesses minérales du sous-sol, les banques et les industries qui ont un monopole doivent être transférées à la propriété du peuple dans son ensemble et en entier. Toutes les autres industries et commerces doivent être contrôlés par le gouvernement afin d’aider au bien-être du peuple ». Disait « La Charte ».

Or il est apparu plus tard que vous et d’autres dirigeants de l’ANC vous étiez affairés à réinterpréter avec créativité l’un des engagements les plus forts contenus dans cette Charte, à savoir « une nationalisation des industries qui conforterait le monopole des capitaines d’industries blancs ».

 

La nature de la trahison

Lorsque vous négociez avec le Nationaliste De Klerk (ancien président 1984-89) avec l’intention d’obtenir un compromis qui garantit le maintien du pouvoir Blanc en Afrique du Sud et surtout le maintien des profits tirés des masses noires exploitées, et qui laisse le pouvoir entre les mains des capitalistes blancs dans un avenir prévisible. Comme il le disait fermement: « Je n’ai pas l’intention de négocier quoi que soit qui me fera quitter le pouvoir ». Bien au contraire, les négociations ont eu pour but d’empêcher la victoire des masses noires. De Klerk avait tendu un piège pour les noirs et nous avons été pris dans ce piège grâce à vous, M. Nelson Mandela. Vous le saviez bien que toute « négociation » faite avec le Diable DOIT, par défaut, nous conduire en Enfer! A vrai dire, vous vous êtes fait rouler dans la farine par les nationalistes et nous avec.

 

Échec du transfert du pouvoir lors des négociations

Les négociations ont porté sur deux aspects : l’un politique, l’autre économique. Quand vous négociez avec les Nationalistes, et à partir du moment où vous avez choisi de séparer le pouvoir politique et économique, là était votre plus grande erreur et c’est de là que la trahison du peuple Noir est partie. Le transfert de propriété des richesses et des terres est au cœur d’un transfert de pouvoir. Raison pour laquelle il a été CLAIREMENT stipulé dans la Charte de la Liberté. Mais vous, M. Nelson Mandela, avez choisi de l’ignorer.

Lors de vos négociations toute intelligentsia sud-africaine avait l’œil rivé sur les tractations d’ordre politiques et négligeait l’aspect économique. Vous craigniez le fait que si les négociations politiques échouaient, il y aurait des manifestations de masse. Les gens n’étaient pas intéressés par les négociations économiques et lorsque les négociateurs économiques rendaient des comptes au peuple, les gens pensaient que c’était trop technique, du coup personne ne s’y intéressait par manque d’éducation. Mais vous, M. l’ancien président, vous étiez plus instruit que le peuple. Vous auriez dû le savoir que ces deux aspects du pouvoir étaient intimement liés. C’est là que nous avons raté à jamais l’occasion d’obtenir notre liberté totale et vous l’avez vendue aux Nationalistes.

=> Ici, Nationalistes, réfère au fait que le parti Blanc au pouvoir (Afrikaner National Party) ne voulait pas un éclatement de l’Afrique du Sud, même bien qu’ils pratiquaient ouvertement une ségrégation raciale. Comme quoi, on voit qu’un parti politique peut s’appeler « Nationaliste », mais en fait il ne vise qu’a la destruction de la Nation qu’il prétend pourtant défendre.

Poursuivons la lecture de la lettre…

 

Échec des négociations économique et nationalisation de la Banque Centrale Nationale de l’Afrique du Sud

M. l’Ancien Président, votre mandat obtenu par le peuple était de vous assurer que les valeurs de la Charte soient mises en œuvre, y compris la nationalisation des actifs du pays. Mais au lieu de nationaliser les mines vous vous réunissiez régulièrement avec Harry Oppenheimer, ancien président de la géante compagnie minière anglo-américaine et De Beers, la 1ère compagnie Sud-africaine productrice de Diamant au monde, or ces deux compagnies étaient les symboles économiques même du régime de l’Apartheid.

Peu de temps après l’élection de 1994, vous avez même présenté le programme économique de l’ANC à Oppenheimer pour approbation et fait plusieurs révisions clés pour répondre à ses préoccupations, ainsi qu’à celles des autres grands industriels du pays. Honte à vous pour la vente de minéraux et des terres aux Impérialistes. Les résultats de ces réunions étaient que vous pourriez garder le pouvoir politique, mais l’or et les diamants de l’Afrique du Sud resteraient dans les mains des personnes qui la contrôlaient auparavant. Avez-vous oublié ce que la Charte de la Liberté disait ?

Je vous le rappelle : « La richesse nationale de notre pays, le patrimoine et l’héritage des Sud-Africains, sera rendu au peuple: Les richesses minérales du sous-sol, les banques et les industries qui ont un monopole doivent être transférées à la propriété du peuple dans son ensemble et en entier. Toutes les autres industries et commerces doivent être contrôlés par le gouvernement afin d’aider au bien-être du peuple. »

Un des aspects les plus révélateurs de la transition économique a été la propriété de la Banque Centrale d’Afrique du Sud. Sans aucun doute l’institution la plus puissante du pays. Son sort nous a été expliqué par un homme d’affaire de Durban, Vishnu Padayachee, a qui vous aviez demandé de rédiger un document pour votre équipe de négociation sur les avantages et les inconvénients d’avoir une Banque Centrale autonome, gérée en totale autonomie par votre gouvernement.

Padayachee ne pouvait pas croire ce qu’il entendait : « Quelle question ?!!! Mais bien sûr que nous devons prendre contrôle de cette Banque ». Lui et son équipe ont rédigé et présenté le document avec des recommandations claires de ne pas autoriser la Banque Centrale à rester une institution autonome (!). Mais plus tard, il a révélé, que votre équipe de négociation: « N’avait pas le choix de faire une concession sur cette revendication pourtant centrale ».

M. Nelson Mandela, à l’époque, la Banque Centrale était une propriété privée appartenant aux Blancs et aujourd’hui elle compte quelque 650 actionnaires qui sont à 99% Blancs. Pourquoi avez-vous laissé cette Banque Centrale aux mains des mêmes Blancs impérialistes qui profitaient de l’Apartheid dans notre pays ?

Au cours des négociations que vous avez accepté et qui non seulement stipulait que la Banque Centrale devait être gérée comme une entité autonome au sein de l’État sud-africain, avec son indépendance inscrite dans la constitution Sud Africaine, mais en plus, elle serait dirigée par le même homme qui la dirigeait sous l’Apartheid: Chris Stals. Une autre figure de proue de l’Apartheid, le Ministre des Finances Derek Keyes, a également conservé son poste dans la nouvelle administration. M. Nelson Mandela comment avez-vous permis aux mêmes personnes qui nous ont opprimés d’être en charge de la Banque Centrale du pays ?

Padayachee a déploré qu’avec la perte de la Banque Centrale, « tout serait perdu en termes de transformations économiques ». C’est bien vrai: Tout a été perdu lorsque vous avez vendu la Banque Centrale, réserve de notre pays !!! L’un des engagements de la Charte était aussi la redistribution des terres, ce qui est devenu impossible à réaliser à cause d’une autre clause que vous avez inscrite dans la Constitution et qui protège la propriété privée.

 

Échec du mythe de la Nation arc-en-ciel !

Vous avez prêché ce mythe de la Nation arc-en-ciel au monde entier, or il n’existe pas ; seulement dans votre tête. Réconciliation n’a signifié rien d’autre que « les Noirs doivent pardonner aux Blancs ce qu’ils leur ont fait pendant plus de 300 ans de dépossession, d’humiliation et de souffrance ». Je ressens une douleur indescriptible à chaque fois qu’un Sud-africain Blanc – à la boutique, dans un bar, à la Radio ou sur des forums en ligne – dit que : « Nous devons oublier le passé et nous tourner vers l’avenir. » C’est comme nous dire à nous, Noirs, que nous devons « oublier notre douleur et nos souffrances ». Et surtout venant de gens qui ont bénéficié de ce système raciste et ségrégationniste ! Nous avons subi des injures et des abus racistes et nos agresseurs sont aujourd’hui parmi nous. Et vous voulez que tout aille bien ?!!

Vous et Desmond Tutu, un autre chantre de ce foutu mythe de la nation arc-en-ciel, avez passé sous silence notre douleur et notre peine – au grand soulagement des Blancs. Ces mêmes Blancs qui ne parviennent pas à reconnaître leur tort : notre douleur et notre souffrance – et surtout leur rôle en tant que principaux bénéficiaires de ce système. Vous étiez trop préoccupé à ne ne pas semer le trouble dans la mesure où les Blancs auraient été les principales victimes de représailles. C’est l’unique raison pour laquelle vous faites l’objet d’un véritable culte de la personnalité dans la communauté blanche, plutôt que dans la communauté noire, votre propre communauté.

Résultat des courses, les Blancs de ce pays croient que vous êtes la seule personne noire honorable tandis que le reste des Noirs, nous autres, sommes des corrompus, des criminels, des violeurs, des ivrognes et des bouffons incultes.

=>Eh oui !!! Voilà comment les Sud-africains ont été…, sans préservatifs et sans vaseline, par ces gens et surtout, par la faute de quelqu’un qu’on prenait comme l’un des nôtres.

L’article 94 de la Constitution Sud-Africaine qui garantit un « environnement LIBRE et JUSTE » pour tous les Sud-africains est encore un de vos mythes de la Nation arc-en-ciel: Les Noirs ne sont pas libres (sauf si vous décrivez la liberté comme étant la capacité d’être en mesure de voter et le fait de ne pas avoir à transporter un carte d’identité 24h/24 comme au temps de l’Apartheid). Nous ne sommes pas libres et il existe très peu de justice en Afrique du Sud! Tout cela, grâce à vous. Monsieur Nelson Mandela.

 

L’état actuel de l'Afrique du Sud

Êtes-vous conscient que les Noirs restent sans terres, sous-alimentés, sans abris, sous-employés et mal représentés dans les postes de cadres supérieurs ? L’état de santé et d’éducation pour les noirs reste tel qu’il était, si ce n’est pire que durant l’Apartheid.

Vestiges de l’Apartheid et des structures économiques coloniales, la propriété et le contrôle restent intactes malgré l’acquisition du pouvoir politique dont vous rêviez tant. Êtes-vous conscient que la liberté politique sans émancipation économique est vide de sens ?

La crise de l’emploi est également définie selon des critères raciaux en raison du fait que, dans le troisième trimestre de 2010, 29,80% des Noirs étaient officiellement au chômage, contre 22,30% de métis, 8,60% d’Asiatiques et seulement 5,10% de blancs. Environ 12 millions de personnes vivent avec moins de 0,25$ par jour (!!!) , tandis que 16 millions de Sud-africains reçoivent des allocations sociales sur une population totale du pays de 50.59 millions.

En termes de répartition raciale du revenu par habitant, le niveau de revenu des Noirs et des personnes de couleurs (métis, indiens, chinois) en 2008 n’était que de 13% et 22% du revenu par habitant des Blancs, comparativement à 10,9% et 19,3% en 1993. L’écart de revenu pour les Indiens a diminué, le revenu par habitant indien en 2008 étant à 60% de celui des Blancs contre 42% en 1993.

=> Il faut savoir que sous l’Apartheid, les Blancs avaient établi une société de caste en Afrique du Sud, comme en Inde où il étaient aussi aux affaires. Elle se composait comme suit: les Blancs étaient au sommet de la pyramide des êtres humains, suivi des chinois qui étaient les plus blancs après eux, venaient ensuite des Indiens qui étaient moins noirs que les noirs, et enfin venait les Noirs à la fin de la pyramide. Mais comble des combles, il y avait des individus en dessous de ces noirs: Les Noirs non Sud-africains, les noirs des autres colonies Britanniques – Zimbabwe, Namibie, Nigeria, Ghana, etc – qui avaient été emmenés de force en Afrique du Sud pour construire le chemin de fer et toutes les infrastructures du pays.

Et avec ça, il y a certaines personnes qui vous diront que la colonisation et autres ségrégations raciales qui ont eu lieu dans l’Histoire étaient des accidents de parcours ??? Ce n’était pas des accidents, c’était des systèmes de pensée bien planifiés et bien étudiés. Ils avaient des gens qui travaillaient afin de perfectionner le système et le rendre optimal. Les Blancs ne nous ont pas fait du mal par accident, c’était un acte conscient et bien pensé (…).

En tout cas, terminons la lecture de cette lettre, désolé je sais que c’est très long, mais je suis sûr que vous sortirez d’ici plus instruits que la grande majorité de nos frères. Il faut souffrir pour s’instruire n’est-ce pas ? Ça fait près de 6h de temps que je suis en train de traduire et d’écrire ce texte en même temps, alors imaginez à quel point j’ai souffert; je souffre en ce moment pour sortir ce texte central pour notre culture Kamite].

En 1995, la médiane des dépenses par habitant parmi les Noirs était de 333 rand par mois par rapport à celui des Blancs qui était à 3443 rand par mois (1000 fois plus !!!). En 2008, les dépenses médianes par habitant pour les Africains étaient de 454 rand par mois par rapport 5668 rand par mois pour les Blancs.

Source: [Leibbrandt, M. et al. (2010), « Tendances de la Distribution des revenus et pauvreté en Afrique du Sud depuis la chute de l’Apartheid ».

L’économie n’a pas réussi à créer des emplois au rythme nécessaire pour réduire le chômage extrêmement élevé, et le système éducatif n’a pas réussi à faire en sorte que les dépenses publiques égalisé sur la scolarisation se traduise par une amélioration de l’éducation des enfants noirs pauvres.

 

Réflexions finales E

Monsieur Nelson Mandela, la démocratie n’a pas apporté ce qui était promis, vous en tant qu’ancien président de l’ANC et du pays êtes le premier responsable de cette diversion. M. l’Ancien président qu’avez vous fait des Noirs ? Si ce n’est de poser la dernière brique de notre trahison suprême en vendant notre lutte afin de réaliser votre rêve de victoire politique. Votre rêve qui est devenu le pire cauchemar des Noirs dans notre pays.

Vous nous avez vendus en tant que nation noire pour un « Prix Nobel de la Paix » et c’est la raison pour laquelle il y a ce manque pâtant de prestation de services et ce manque de prestation de service tout court => en droit, ça s’appelle « Faux, usage de faux et tromperie ».

Notre Constitution tant saluée comme la meilleure du monde, vu qu’elle fut l’une des dernières écrites sur la planète (1990) ne favorise que les Blancs alors qu’elle opprime les Noirs. Merci pour rien M. Nelson Mandela. Merci d’avoir transformé les négociations de Kempton Park en une solution à huis-clos pour sauver le capital Blanc et le pouvoir de quelques-uns, et qui a conduit à une telle démocratie dans laquelle la souffrance de la majorité noire devrait se poursuivre.

J’ai un problème avec les gens qui donne un « statut messianique à Madiba » comme un Jésus noir quand nous savons tous que vous avez profondément trahi la nation noire.

Quand j’ai commencé cette lettre, je vous ai parlé de ma grand-mère qui est décédée avant d’avoir pu voter pour vous. Eh bien, je suis content qu’elle n’aie jamais voté pour vous, comme elle aurait voté pour un traître. Ce que vous avez fait est d’avoir continué le travail que le gouvernement de l’Apartheid avait commencé en laissant et creusant les trous de la pauvreté et de l’oppression profonde.

Avant de quitter cette terre (Mandela n'était pas encore mort), je voudrais que vous preniez vos responsabilités et présentiez des excuses pour vos actes et ce que vous avez fait aux noirs. Vous avez vendu notre terre aux impérialistes, si vous ne parvenez pas à vous excuser avant de mourir, cela signifie simplement que vous êtes un complice pour eux.

Lorsqu’enfin vous finirez par mourir, je vous souhaite de rencontrer des gens comme le Dr Verwoerd Hendrink et P. W. Botha et surtout, je vous souhaite d’avoir du bon temps avec eux et de rire de la façon dont les Noirs continuent de souffrir. Je n’ai que haine pour ce que vous nous avez fait.

Lettre écrite depuis un des trous de l’Enfer sombre et profond dans lequel vous avez laissé vos semblables Noirs.

 

Cordialement,

Un Sud-africain noir

(c) Lettre ouverte parue dans un Journal Sud Africain. 23

 

 

Oscar Pistorius

Oscar Pistorius, né le 22 novembre 1986 à Johannesburg, est un athlète sud-africain amputé des deux tibias spécialisé dans le sprint. Il est le premier athlète amputé à concourir dans un championnat du monde pour les valides, et le premier athlète handicapé médaillé (par équipe) parmi les valides.

Le 4 juillet 2012, il devient le premier athlète amputé à se qualifier aux épreuves d'athlétisme pour les Jeux olympiques. Il y fait sa première course le 4 août pour les séries du 400 mètres.

Il est surnommé The Blade Runner (jeu de mots en référence au film de Ridley Scott), en français « le coureur aux lames » et se déclare lui-même « La chose la plus rapide sans jambes ». Il est « considéré comme un héros national » en Afrique du Sud. En 2012, Time magazine l'inclut dans sa liste des cent personnes les plus influentes au monde, le décrivant comme « la définition même de l'inspiration au niveau mondial ».

Le 14 février 2013, au matin de la Saint-Valentin, il est soupçonné d'avoir tiré quatre balles sur sa compagne depuis trois mois, la mannequin et présentatrice Reeva Steenkamp, à travers la porte des WC de la salle de bains de leur domicile (une maison dans une gated community de Pretoria) et dans laquelle elle s'était réfugiée, l'atteignant mortellement trois fois à la tête et au bras.

Le jour même, Pistorius est placé en garde à vue par la police sud-africaine, qui exclut la thèse d'un accident, le procureur Gerrie Nel faisant part d'une violente dispute entre les deux amants juste avant le drame et qui a mal tourné. Le lendemain, il est formellement inculpé pour le meurtre de Reeva Steenkamp par le tribunal de Pretoria, puis emprisonné avant deux nouvelles audiences prévues le 19 et le 20 février. Il nie être coupable de meurtre avec préméditation, la défense du sportif assurant qu'il a tiré avec son 9 mm Parabellum sur ce qu'il croyait être un cambrioleur caché, plaidant la légitime défense putative.

Le 12 septembre 2014, il est acquitté pour meurtre mais reconnu coupable d'homicide involontaire, pour lequel il est condamné le 21 octobre 2014 à cinq ans de prison ferme et, pour une seconde affaire jugée également à cette occasion, à trois ans de prison avec sursis pour port d'armes.24

 

 

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Oscar PISTORIUS a ainsi été reconnu coupable d'homicide involontaire, le 21 octobre 2014 à 9h30, heure française.

La veille, le 20 octobre 2014, à 22h, heure française, Christophe de Margerie, le PDG de Total, est mort lors d'un accident d'avion survenu sur la PISTE d'aviation d'un aéroport RUSSE.

 

PISTE RUSSE = PISTORIUS

 

Oscar PISTORIUS est un athlète AMPUTÉ des deux tibias et l'entreprise que dirigeait Christophe de Margerie a AMPUTÉ les pauvres du Tiers Monde, de 10 à 15 milliards d'euros chaque année, pour enrichir les actionnaires du groupe.

 

Donc à travers la condamnation d'Oscar PISTORIUS pour homicide, Dieu nous fait comprendre qu'il condamnait Christophe de Margerie également pour homicide en le tuant sur la PISTE d'aviation d'un aéroport RUSSE. C'est la raison pour laquelle l'accident d'avion a eu lieu au décollage car Dieu nous révèle que de MARGERIE ne s'est pas envolé vers le paradis, ayant pillé les richesses des pays pauvres pour accroître le taux de MARGE des actionnaires de Total – il a donc été condamné pour meurtre parce que les profits réalisés par Total auraient pu sauver des millions de vies humaines chaque année.

 

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Oscar Pistorius a bénéficié d'une libération conditionnelle le 19 octobre 2015. Or, il est finalement reconnu coupable de meurtre par la Cour suprême d’appel en 2016 et condamné à six ans de prison ferme. Ce dossier judiciaire sera rouvert le 3 novembre 2017 par la Cour suprême d'appel de Bloemfontein, sur appel du parquet. Le 24 novembre 2017 il est condamné en appel à une peine de 13 ans et 5 mois de prison25.

Dieu nous fait ainsi comprendre qu'il n'a pas condamné de Margerie pour homicide involontaire mais bien pour meurtre, à l'instar d'Oscar Pistorius.

 

À travers OSCAR PISTORIUS, Dieu nous révèle que le PDG de Total – mort sur la PISTE de décollage d'un aéroport RUSSE – méritait un OSCAR posthume pour l'ensemble de sa carrière car il jouait la comédie en se faisant passer pour un saint alors que c'était un suppôt de Satan.

Lors du journal de 20H, le 21 octobre 2014, France 2 a diffusé l'extrait d'un interview de Christophe de Margerie qui datait de 2008. Il était alors à Pointe-Noire au Congo pour l'inauguration d'un site de forage pétrolier, et il y avait toute une mise en scène autour de lui, des Africains étaient en train de danser et chanter pour montrer ou pour faire croire qu'ils étaient heureux que l'entreprise Total exploite les ressources naturelles de la ville.

 

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Christophe de Margerie déclarait alors à un journaliste : « Pour eux c'est un beau projet. Ils savent que ça va apporter des richesses à la ville, apporter des richesses etc. Ils sont contents. » Il aurait mérité l'OSCAR du meilleur acteur car ce n'était pas des richesses qu'il apportait aux Congolais mais les miettes des richesses que Total allait accaparer ; par conséquent, des milliers d'enfants congolais sont morts de faim les années suivantes puisqu'ils avaient besoin d'un repas pour vivre or ils n'ont mangé que des miettes. Total apportait ainsi la mort au Congo alors que l'entreprise aurait dû apporter la vie en redistribuant l'intégralité de ses profits au peuple congolais, et c'est pourquoi l'entreprise s'appelle TOTAL, parce que les peuples africains ont besoin de recevoir la TOTALITÉ des profits réalisés par les multinationales comme TOTAL afin de pouvoir vivre dignement. D'ailleurs en décembre 2014, une émission de France 2, Complément d'enquête, est revenue six ans après sur l'inauguration de ce complexe pétrolier à Pointe-Noire au Congo. Le reportage précisait que cette implantation était contestée par les militants des droits de l'homme dont Christian Mounzeo qui déclarait : « Total fait des bénéfices dans un pays totalement miséreux ». Ce militant congolais souhaitait une meilleure répartition des richesses : « Quand on fait du bénéfice, du point de vue moral, on devrait aussi contribuer à ce que l'environnement des citoyens change ». TOTAL doit ainsi redistribuer la TOTALITÉ de ses profits pour que la vie des Africains « change ».

Lors de cette émission de France 2 diffusée en deuxième partie de soirée, nous avons pu voir furtivement ce qui semblait être un bidonville, mais à partir de 22h30, lorsqu'il n'y a plus beaucoup de monde devant la télévision, contrairement au journal de 20H ; et étant donné que nous vivons dans une « démocratie » TOTALITAIRE, l'émission Complément d'enquête n'a pas dévoilé à ses téléspectateurs que des millions d'enfants mourraient de faim en Afrique notamment parce que TOTAL accaparait leur nourriture, c'est la raison pour laquelle Dieu parle de TOTALITARISME puisque les médias ne reconnaissent pas les crimes de l'idéologie dominante.

 

Le 21 octobre 2014, Oscar Pistorius a été condamné à 5 ans de prison ferme pour l'homicide de sa compagne, et lorsqu'il était à la tête de Total, Christophe de Margerie aurait dû être condamné à perpétuité pour l'homicide volontaire de millions d'êtres humains chaque année.

Quand Oscar Pistorius est sorti du tribunal, il a été hué par la foule, mais à l'inverse, à sa mort, Christophe de Margerie a eu le droit à un flot de louanges car nous vivons dans un régime TOTALITAIRE qui a endoctriné les citoyens en leur faisant croire que laisser une minorité d'actionnaires accaparer des milliards d'euros dans des pays où des enfants meurent de pauvreté, ne constitue pas un homicide volontaire. Le père d'Adolf Hitler se prénommait ALOIS parce que Dieu révèle qu'Hitler dicte SA LOI. Donc à travers les signes, Dieu rend la justice et il nous ouvre les yeux en nous faisant comprendre que Christophe de Margerie aurait dû être condamné pour meurtre, l'entreprise qu'il dirigeait ayant AMPUTÉ l'Afrique de plusieurs milliards d'euros chaque année, condamnant ainsi des millions d'Africains à mourir de faim et de maladies.

 

Oscar Pistorius est Sud-Africain comme Nelson Mandela, et le numéro de prisonnier de Mandela lors de l'apartheid était le 46664.

 

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46664 = 466 64

La veille de la condamnation d'Oscar Pistorius, se déroulaient en Bolivie les commémorations du 466e anniversaire de La PAZ, la capitale du pays.

466 64

« PAZ » signifie « PAIX » en espagnol et j'ai écrit le mot « PAIX » avec les lettres détachées du Coran grâce au chiffre 64.

Le 466e anniversaire de La PAZ a eu lieu le jour de la mort du PDG de TOTAL.

Dieu nous fait comprendre que nous aurons la PAIX dans le monde lorsque les peuples prendront le contrôle des multinationales comme TOTAL car elles sont responsables de la misère et des guerres qui ensanglantent de nombreuses régions du monde.

En effet, Total a entretenu et entretient toujours des dictatures en Afrique, soutient les régimes barbares du golfe Persique, participe au dépeçage de l'Irak et a profité du travail forcé organisé par la dictature birmane26. Elf, l’entreprise d’État dont est issu Total, est le symbole de la « Françafrique ». Elle a fait fortune en pillant le pétrole du Gabon, en corrompant les dictateurs en place et en télécommandant à l’occasion des guerres civiles.

Aujourd’hui, Total utilise les mêmes méthodes pour continuer à extorquer l’or noir du Congo, du Nigeria ou de l’Angola. Les dirigeants passés et présents de l’État français taisent ces crimes parce qu’ils les assument, tout comme Margerie les assumait. Comme lui, ils mettent les victimes de Total au compte « pertes et profits ».

De par son chiffre d’affaires proche de 180 milliards, Total génère plus de richesses que nombre de pays. S’il était un État, il serait placé au 50ème rang des plus puissants de la planète.

Total est un État dans l’État. Un de ces mastodontes qui, comme Mittal, le roi de l’acier, ou LVMH, le roi du luxe, monopolisent des secteurs entiers, disposent de vassaux partout et peuvent tout se payer, y compris des responsables politiques auxquels ils dictent leurs conditions pour mettre le monde entier en coupe réglée.

Mais, comme ceux de l’Ancien Régime, ces rois des temps modernes peuvent être détrônés.

Il faut que la population impose son propre contrôle sur la marche de cette économie dominée par cette poignée de capitalistes27.

Dieu nous fait comprendre que c'est la marche à suivre pour obtenir la PAIX dans le monde.

Car les guerres impérialistes pour le pétrole, pour les minerais stratégiques se multiplient depuis plusieurs décennies. Ce sont des guerres de pillages dont le seul but est le surprofit et tant que nous élirons des criminels à la tête de nos États, la planète sera plongée dans le chaos. Cette situation est intolérable puisque « l’Afrique est le continent le plus riche de la planète. Dans son sous-sol on trouve une énorme quantité de ressources naturelles qui permettraient à ses peuples de vivre dans l’abondance. Pourquoi cette richesse n’est-elle pas utilisée au bénéfice du peuple africain ? L’économie mondiale est dominée par les pays les plus riches et les multinationales (500 d’entre elles contrôlent 70 % du commerce mondial). Cette domination est l’un des principaux facteurs qui bloquent le développement économique de tous les pays anciennement colonisés, que ce soit en Afrique ou en Amérique latine. Et le continent Africain est la région du monde la plus frappée par les guerres. Durant la décennie 90, 32 des 53 pays qui composent le continent ont souffert d’un conflit armé. Ces dernières années on a vu des images effroyables des conséquences de ces guerres, des génocides comme celui qu’a connu le Rwanda, des guerres civiles sanglantes comme celle de l’Angola, du Mozambique ou du Congo. Beaucoup prétendent qu’il s’agit d‘un destin inexorable, où l’''homme blanc'' ne peut rien faire. Mais ce n’est pas vrai.

Dans chacune des guerres qui a dévasté le continent africain ces dernières décennies il y a eu derrière l’une ou l’autre puissance impérialiste. Sur les douze dernières guerres les USA ont fourni armes et entraînement militaire à onze des participants. »28

Tant que nous ne renverserons pas le capitalisme et l'impérialisme, nous n'obtiendrons jamais la PAIX dans le monde.

À l'instar de Mandela pendant son incarcération, les pauvres sont prisonniers du régime de l'apartheid instauré par le système capitaliste. Ils sont exclus de la course aux richesses, ce qui signifie qu'on leur a amputé les deux jambes, et c'est pourquoi des millions d'entre eux meurent de faim ou de maladies chaque année. À travers le jugement d'Oscar Pistorius en Afrique du Sud, Dieu condamne les multinationales pour meurtre car au lieu de sauver la vie de millions d'êtres humains chaque année, elles versent des dividendes indécentes à leurs actionnaires.

 

Le numéro de prisonnier de Mandela était le 46664.

 

46664 = 466 64

 

Christophe Marjorie est mort le jour où la Bolivie fêtait les célébrations du 466e anniversaire de LA PAZ, qui signifie la PAIX en espagnol. Le chef-lieu du département 64 est la ville de PAU, et Total est enraciné dans la ville de PAU, donc à travers le matricule 46664, Dieu nous fait comprendre que les PAU-VRES ont la « PAU » sur les os car les multinationales comme Total volent leur nourriture.

Or nous n'obtiendrons jamais la PAIX tant que les pauvres auront la « PAU » sur les os puisque la faim provoque insécurité, émigration sauvage, épidémies, guerres, piraterie, extrémistes de tous bords, terrorisme. C'est pourquoi Dieu nous révèle que pour obtenir la PAIX dans le monde, nous devons prendre le contrôle des multinationales afin que les richesses mondiales soient équitablement redistribuées entre chaque être humain sur Terre.

Ainsi, à travers le numéro de prisonnier de Mandela, Dieu nous demande de mettre un terme à l'apartheid social qui sépare les hommes entre riches et pauvres. Par conséquent, nous devons éliminer le RICHE, pour redistribuer équitablement les richesses entre chaque être humain.

 

466 64

 

Le PDG de Total est mort le jour des célébrations du 466e anniversaire de LA PAZ, qui signifie La PAIX en espagnol.

 

Nous avons besoin du chiffre 64 pour écrire le mot PAIX avec les lettres détachées du Coran. Dans la partie consacrée à l'Islam, j'ai évoqué le discours du Pape François qui invoquait la Paix entre Israéliens et Palestiniens, le 8 juin 2014 :

 

Le prophète Mahomet est mort le 8 juin 632.

 

2014-632 = 1382

 

Le code postal 1382 est l'un des codes postaux de la commune de Ruffieu dont le maire est ÉRIC PILLARD.

 

Le prophète Mahomet est mort le 8 juin 632 (8 6 632).

 

8x6x632 = 30336

 

30336 est le code commune de VALLABREGUES dans le Gard.

 

VALLABREGUE = BERGE VU ALLA

 

Mahomet est un BERGER qui a VU ALLAH à travers l'apparition de l'archange Gabriel.

 

« VALLABREGUE » signifie « Vallée des BRIGANDS » en provençal.

 

Dieu veut nous faire comprendre que les BRIGANDS, les PILLARDS, sont les multinationales comme Total car elles PILLENT les ressources naturelles de la Terre et elles sont à l'origine des guerres impérialistes qui ont pour but de préserver ou agrandir leur empire, voilà pourquoi nous n'aurons jamais la PAIX dans le monde tant que les peuples ne prendront pas le contrôle de ces multinationales.

 

46664 = 666 44

 

Le nombre 666 symbolise le capitalisme car en France, les capitalistes accaparaient officiellement 66,6 % des profits réalisés par les entreprises.

 

À travers le numéro de prisonnier de Mandela, Dieu nous révèle que le capitalisme emprisonne des milliards d'êtres humains en les condamnant à vivre dans la misère – donc nous devons renverser ce système économique pour mettre un terme à l'apartheid social et ainsi permettre à tous de vivre dignement.

 

Nous vivrons en PAIX le jour où nous éradiquerons le capitalisme.

 

Dans le cadre des célébrations du 466e anniversaire de La PAZ, Evo MORALES, le président de la Bolivie, a reçu un prix pour sa contribution au développement de la Bolivie.

Christophe de Margerie est donc mort le jour où MORALES a reçu un prix car Dieu nous fait comprendre qu'il a appliqué la MORALE en tuant sur cette PISTE RUSSE, l'un des plus grands criminels de la Terre.

Ainsi, le même jour, Dieu a remis un prix à MORALES puisque ce dernier a lutté politiquement pour taxer les bénéfices des compagnies pétrolières et gazières de son pays à hauteur de 82 % au lieu de 18 % auparavant, afin de redistribuer une plus grande partie des bénéfices à son peuple, donc Dieu lui a remis un prix le jour où il a tué Christophe de Margerie, car à l'inverse de MORALES, l'ancien PDG de Total a lutté pour que les richesses pétrolières soient accaparées par une minorité d'actionnaires au détriment des peuples. Dieu a ainsi appliqué la MORALE et nous devons suivre l'exemple de MORALES, dans le sens où il a redistribué une partie des richesses de son pays au peuple, mais contrairement à lui, nous devons exproprier les capitalistes de l'économie et ne pas nous contenter de 82 % des richesses mais de 100 % des richesses, car à travers la mort du PDG de TOTAL, Dieu nous demande de prendre le contrôle de la TOTALITÉ des richesses. Par ailleurs, nous devons prendre le contrôle de tous les secteurs de l'économie, à la différence de MORALES qui s'est contenté du gaz, du pétrole et des mines.

 

MORALES = 13x15x18x1x12x5x19 = 4001400

 

4001400 = 144 00 00

 

00 = ce sont des yeux.

 

144 se prononce 100 44.

 

Jules César est né en l'an 100 et mort en 44 av. J-C.

 

À travers MORALES, Dieu nous montre (00) que nous obtiendrons la PAIX dans le monde en signant l'arrêt de mort de César : le capitaliste.

 

 

466 64

 

Un cheval possède 64 chromosomes.

 

Oscar PISTORIUS a été condamné pour homicide involontaire après avoir tué sa compagne, Reeva Steenkamp, qui est la fille de Barry Steenkamp, un entraîneur de chevaux. Par ailleurs, lors de sa dernière année universitaire, Reeva Steenkamp se brisa le dos suite à une chute d'un cheval de course appartenant à son père.29

 

Le chiffre 64 symbolise le cavalier, à l'instar de Christophe de Margerie, qui accaparait 3 millions d'euros chaque année en montant sur le dos des travailleurs de Total. La course au profit des cavaliers tue un enfant toutes les 5 secondes et c'est pourquoi Dieu nous fait comprendre que les cavaliers sont coupables d'homicides volontaires. Mais étant donné que nous vivons dans une « démocratie » TOTALITAIRE, à la mort du PDG de TOTAL, les médias ont glorifié ce patron criminel pour que la course au profit des cavaliers perdure éternellement.

 

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Ainsi, les trois journaux télévisés du 13 heures, ont consacré en cumulé 30 minutes, sur 1 h 30 en tout, à un seul sujet : le charisme du défunt et la symbiose entre le boss et ses employéEs. Morceaux choisis : « les salariés étaient remplis de tendresse pour cet homme très humain qu’ils ne connaissaient pas mais qu’ils croisaient souvent dans l’ascenseur » ou encore toujours de l’impayable Jean-Pierre Pernaut : « le patron de Total restait très proche de ses 100 000 salariés dans 130 pays ». Quel homme... Il a mis fin aux conflits entre les intérêts de classes chez Total !
Ce matraquage médiatique était évidemment, en phase complète avec les louanges d’une grande partie de la classe politique : PS, UMP, UDI, Front national... Laurence Parisot, qui sait bien, elle, que la lutte de classes est toujours d’actualité, qualifiait Margerie de « chef d’entreprise d’exception », signe de fraternité envers l’un des siens.
Mais le plus prolixe aura encore une fois été le Premier ministre, Manuel Valls, qualifiant le PDG défunt de « patriote, un homme qui aimait profondément son pays, un citoyen engagé ». On comprenait que Valls, contesté notamment par une partie des siens sur sa politique économique et sociale, souhaitait l’unanimité sur un sujet somme toute assez éloigné du débat budgétaire, et espérait que l’attention de la population serait détournée vers ce drame humain estampillé « perte nationale ».30

 

Ainsi, à travers la mort de l'ancien patron de TOTAL, Dieu nous fait comprendre que nous vivons dans une « démocratie » TOTALITAIRE.

Si les médias étaient indépendants, objectifs, Christophe de Margerie aurait été unanimement condamnés pour les crimes perpétrés par Total, mais étant donné que les nazi-capitalistes possèdent plus de 90 % des grands médias, nous avons eu le droit à un flot de louanges quasiment unanimes notamment dans les journaux télévisés.

 

Les journalistes n'ont donc pas été choqués par le fait que Christophe de Margerie gagnait 3 millions d'euros par an en pillant les richesses de pays dans lesquels la majorité de la population vivait sous le seuil de pauvreté.

Les médias banalisent quotidiennement l'apartheid social inhérent au système capitaliste, alors Dieu nous montre la réalité du capitalisme à travers cette photo d'Oscar Pistorius :

 

 

Les lettres « RSA » sont imprimées sur le dossard de Pistorius.

En France, le RSA est le Revenu de Solidarité Active, il est destiné aux plus pauvres et il symbolise l'apartheid social mis en place par le régime capitaliste. Donc ne croyez pas les médias et les hommes politiques quand ils vous disent que les valeurs de la République sont « la liberté, l'égalité et la fraternité ».

Les plus pauvres sont désavantagés au départ de la course mise en œuvre par le régime capitaliste car les inégalités sociales leur « ampute une jambe » dès la naissance ; ainsi, les enfants de cadres supérieurs représentent plus de 70 % des bacheliers généraux, mais les enfants d’ouvriers 16 % seulement. À l’université, moins de 25 % des jeunes dont les parents sont ouvriers ou employés décrochent un diplôme, contre 80 % des jeunes dont les parents sont cadres, enseignants ou membres de professions libérales.31

Les plus pauvres ont donc beaucoup de mal à se hisser socialement et truster les meilleurs places. Ainsi, dans les rangs de l'Assemblée nationale, il n'y a quasiment aucun député issu de familles pauvres, l'apartheid social les excluant du pouvoir.

 

Dans les pays du Tiers Monde, le capitalisme ne permet pas aux pauvres de participer à la course, c'est-à-dire de travailler et de vivre dignement, donc les pauvres sont amputés des deux jambes, et l'entreprise Total aurait les moyens de leur payer des prothèses mais les actionnaires refusent car ils ne sont pas prêts à réduire leurs profits pour permettre aux pauvres de participer à la course, c'est-à-dire investir sur place l'agent pillé pour que les pauvres puissent travailler et vivre dignement.

 

Oscar Pistorius a pu participer à la course parce qu'il était riche, ses deux prothèses en carbone spécialement conçues pour la compétition handisport avaient un coût supérieur à 20 000 €.

Dieu nous demande ainsi de rendre l'argent pillé aux pauvres afin de leur donner des jambes pour qu'ils puissent non pas courir mais MARCHER à nos côtés dans un monde débarrassé du capitalisme.

Il y a suffisamment de richesses dans le monde pour donner du travail et un revenu bien supérieur au RSA à tous les pauvres de la Terre. Nous devons ainsi nous unir politiquement avec tous les peuples du monde pour prendre le contrôle des richesses et les redistribuer équitablement entre chaque être humain. C'est le sens de notre vie sur Terre.

 

Oscar Pistorius a été condamné pour le meurtre de sa compagne : Reeva STEENKAMP.

 

STEENKAMP = 19x20x5x5x14x11x1x13x16 = 304304000

 

304304000 = 304 304 000

 

Le IIIe REICH a pris fin un 30 4 (30 avril).

 

À travers le meurtre de Reeva STEENKAMP, Dieu nous fait ainsi comprendre que la nouvelle Alliance nous impose de mettre un terme au règne du RICHE afin de sauver la vie de millions de pauvres chaque année.

 

DE MARGERIE = 4x5x13x1x18x7x5x18x9x5 = 132678000

 

132678000 = 132 678 000

 

132 minutes sont égales à 2 heures 12.

 

2 12 = 2 L = 2 AILES

 

678 = 6x7x8 = 336

 

Le 336e jour de l'année est traditionnellement le 2 décembre (2 12).

 

2 12 = 2 L = 2 AILES

 

Les 2 AILES symbolisent les 2 AILES de l'avion dans lequel Christophe DE MARGERIE est mort.

 

À travers CHRISTOPHE DE MARGERIE, Dieu nous fait ainsi comprendre que l'Alliance avec le CHRIST est morte ; désormais, pour obtenir les 2 AILES qui mènent au paradis, la nouvelle Alliance nous impose de combattre ce régime TOTALITAIRE dans lequel le RICHE est glorifé alors qu'il extermine les pauvres à grande échelle.

 

Oscar Pistorius a été condamné définitivement à 15 ans de prison le 24 novembre 2017.

 

24 novembre = 24x11 = 264

 

264 = 132+132

 

132 minutes sont égales à 2 heures 12.

 

2 12 = 2 L = 2 AILES

 

Dieu met ainsi en lumière les 2 AILES que nous obtiendrons en luttant pour renverser le régime TOTALITAIRE. Mais à l'inverse, si nous votons pour ce régime qui emprisonne des milliards de pauvres, Dieu nous condamnera à la prison en vie en nous enfermant vivants dans un cercueil.

 

 

Le nouveau président pressure les pauvres

Le parti nationaliste ANC, au pouvoir depuis la fin de l'Apartheid en 1994, a opéré un ravalement de façade. Jacob Zuma, corrompu notoire, a été éjecté de la présidence de l'Afrique du Sud au profit du milliardaire Cyril Ramaphosa, qui préside le pays depuis le 15 février 2018.

Ce dernier, actionnaire de mines, partage la responsabilité du massacre de 34 mineurs en 2012 à Marikana. Sans surprise, une de ses premières décisions en tant que président consiste à faire payer la population travailleuse en augmentant la TVA.

Les nationalistes s'adressent peut-être aux opprimés pour se hisser au pouvoir. Mais quand ils y sont c'est la bourgeoisie qui est servie.32

 

 

Sources

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Afrique_du_Sud
(2) http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky/article/l-afrique-du-sud-histoire-d-une
(3) https://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky/article/l-afrique-du-sud-histoire-d-une
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Afrique_du_Sud
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nelson_Mandela
(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'Afrique_du_Sud
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_du_Sud
(8) http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/cercle-leon-trotsky/article/afrique-du-sud-de-l-apartheid-au-9666
(9) Jean-Jacques Lamy http://www.lutte-ouvriere-journal.org/lutte-ouvriere/2175/dans-le-monde/article/2010/04/08/22060-afrique-du-sud-lapartheid-est-encore-la.html
(10) Amanda Hunt http://www.lutte-ouvriere-journal.org/lutte-ouvriere/2299/dans-le-monde/article/2012/08/22/28001-afrique-du-sud-apres-le-massacre-de-marikana-la-greve-des-mineurs-setend.html
(11) http://www.lutte-ouvriere.org/documents/archives/la-revue-lutte-de-classe/serie-actuelle-1993/article/afrique-du-sud-la-classe-ouvriere
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique_du_Sud
(13) Jean-Yves Payet http://www.lutte-ouvriere.org/en-regions/la-reunion/communiques/article/quand-les-representants-des
(14) http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/editoriaux/article/mandela-un-symbole-de-la-lutte
(15) Gérard Bertre http://blogs.mediapart.fr/blog/gerard-bertre/101213/saint-madiba-porte-drapeau-du-neo-liberalisme
(16) Jo M. Sekimonyo et Tara Casimir,, « L'enfer c'est lui: Génocide économique »,Venus Flytrap Press, 2015.
(17) Naomie Klein, « La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre », Édité par Léméac ; Actes Sud, 2008, p.255.
(18) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nelson_Mandela
(19) Naomi Klein, « La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre », Édité par Léméac ; Actes Sud, 2008, p.262-263.
(20) Jean Ziegler, « La haine de l'Occident », A. Michel, 2008, p.83-84-85.
(21) Bill Van Auken http://charlesekeck.net/pourquoi-limperialisme-pleure-mandela-mondialisation/ Article original en anglais, WSWS, paru le 7 décembre 2013
(22) http://quartierslibres.wordpress.com/2013/12/18/madiba-ou-une-victoire-a-la-pyrrhus/
(23) Cherokee Gérard. Lettre ouverte parue dans un Journal Sud Africain.
http://lesmoutonsenrages.fr/2013/12/06/un-sud-africain-noir-jsa-26062013-lettre-ouverte-a-mandela-vous-avez-trahi-et-vendu-le-peuple-noir/
(24) https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscar_Pistorius
(25) Ibid.
(26) Sylvie Maréchal http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2412&id=2
(27) http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/editoriaux/article/pdg-de-total-un-commis-de-la
(28) Maria Castro http://www.mondialisation.ca/afrique-l-h-ritage-imp-rialiste-de-guerres-de-mis-re-et-d-horreur/5051 Traduit de l’espagnol par Gérard Jugant et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala , le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. La source originale de cet article est El militante.org
(29) https://fr.wikipedia.org/wiki/Reeva_Steenkamp
(30) Roseline Vachetta http://www.npa2009.org/actualite/de-margerie-les-morts-sont-tous-des-braves-types
(31) Ludivine Bantigny http://www.npa2009.org/idees/la-jeunesse-comme-age-social
(32) https://www.lutte-ouvriere.org/breves/afrique-du-sud-le-nouveau-president-pressure-les-pauvres-104834.html