Le Chili

 

 

Période précolombienne

Le Chili préhispanique était peuplé par divers peuples amérindiens qui s’étaient installés à la fois dans la Cordillère des Andes et sur la côte. Dans la zone nord du pays, les Aymaras et les Atacaméniens commencèrent vers le XIe siècle de notre ère à cultiver la terre à la façon des Incas (culture en terrasse à flanc de montagne avec diverses canalisations).

Au XVe siècle, les Incas ont pris possession du territoire de l’actuel Chili jusqu’au fleuve Maule. Au sud de l’Aconcagua, des communautés semi-nomades comme les Mapuches étaient installées. Dans la zone australe du pays, divers peuples amérindiens ont vécu, comme les Chonos, les Tamanas, les Alacalufs et les Onas. Dans l’île de Pâques se développa une culture polynésienne éteinte de nos jours.

Côté Pacifique, différentes cultures et peuples coexistaient : Aymaras, Changos, Chinchorros, Atacamas et Diaguitas dans le Nord ; Picunches, Mapuches, Huilliches et Chonos dans les régions centrale et méridionale ; et Onas, Yaganes et Alacalufs dans la Patagonie et la Terre de Feu. Les Mapuches ont formé la communauté la plus nombreuse.

 

Colonisation hispanique

En 1520, Fernand de Magellan est le premier explorateur européen à mettre pied sur le territoire de l’actuel Chili après avoir découvert le détroit qui porte actuellement son nom. En 1535, les conquistadores espagnols tentent de conquérir le territoire de la valle de Chile en combattant les Incas. L’expédition de Diego de Almagro est un échec. Celle de Pedro de Valdivia effectuée en 1536 est plus convaincante. Valdivia fonde une série de villages comme Santiago de Nouvelle Estremadure le 12 février 1541 ou Valdivia en 1545.

Valdivia commence une laborieuse campagne militaire contre les populations indigènes des Mapuches. C’est la guerre d’Arauco qu’Alonso de Ercilla relate avec passion dans son œuvre La Araucana (en 1576). Pedro de Valdivia meurt en 1553 à la suite d’une insurrection des Mapuches.

En 1683, l’esclavage est aboli et cela permet d’établir des relations plus sereines entre les colons et les Mapuches. Par la suite, divers affrontements ont lieu jusque vers le milieu du XIXe siècle pour la possession de terres les plus australes. Durant une longue période, le fleuve Biobio marque la frontière entre le gouvernement colonial et les tribus amérindiennes.

La capitainerie générale du Chili (également connue sous le nom de Reino de Chile) est à l’époque une des colonies les plus australes de l’empire espagnol. Du fait de sa position géographique, c’est une colonie stratégique, protégeant le détroit de Magellan et une colonie économique dont les ressources naturelles étaient extraites pour le compte de la vice-royauté du Pérou.1

Bien qu'il existe un système de monopole, la contrebande augmente beaucoup au XVIIIe siècle, avec l'arrivée de navires provenant de France, des États-Unis et d'Angleterre. Seul l'établissement de la liberté de commerce avec l'Espagne, en 1778, permet un échange plus continu avec la métropole.2

 

L'indépendance

Depuis 1609, des gouverneurs militaires et civils s’enrichissaient aux dépens des colons et des Autochtones. La Couronne espagnole levait l'impôt, mobilisait des hommes et achetait des métaux précieux à la colonie qu'elle approvisionnait en biens manufacturés et produits exotiques, comme le sucre, tabac ou cacao, consommés par l'élite locale. L'économie chilienne reposait sur la petite activité minière, sur l'élevage et la culture de céréales. Les Autochtones et les métis travaillaient sur des terres de propriétaires espagnols, principalement composés de l'élite administrative et militaire du pays ainsi que des créoles espagnols. Ces derniers ainsi que les colons, insatisfaits de cette situation, ont donc voulu avoir une liberté et s’affirmer en tant que pays. Parmi les facteurs les plus décisifs du déclenchement de la guerre, on peut citer le vif mécontentement des créoles demandant des réformes politiques, mais l'invasion de la péninsule Ibérique par Napoléon eut un impact significatif sur les colonies d'Amérique latine à partir de laquelle les pays sud-américains purent s'émanciper avec notamment la création de l'Empire du Brésil.

Pour bien comprendre le processus il faut savoir ce qui a mené à l’indépendance. Au Chili, le désir d’émancipation politique et la volonté de changement culturel et de rupture avec le passé colonial font partie des causes de l’indépendance. Le nouveau régime républicain souhaita modeler la société à son image en affaiblissant certaines institutions et interdisant les traditions contraires à l’esprit révolutionnaire. L'indépendance chilienne est également influencée par les aspects juridiques et politiques de la Révolution américaine et la Révolution française. Mais, elle est surtout influencée par les guerres napoléoniennes se déroulant de 1807 à 1813, soit dans un passé très près de l’indépendance du Chili. Ces guerres sont appelés guerres d’indépendance d’Espagne. Ils sont menés par les troupes françaises dirigées par Napoléon contre les Portugais, les Espagnols et les Anglais.

 

De nombreux officiers provenant des armées napoléoniennes participaient aux combats contre le pouvoir colonial espagnol. Ils vont souvent se distinguer et atteindre un haut niveau dans les armées d’indépendance devenant proches collaborateurs d’O’Higgins et San Martín. Ils seront importants sur les champs de bataille, mais aussi dans plusieurs autres. Au Chili, l’ensemble des professeurs de la première école militaire créée par O’Higgins en 1817 sont d’anciens officiers de la Grande Armée, nom donné à l’armée de Napoléon. Ils vont introduire les sciences et des stratégies de l’expérience napoléonienne seront étudiées dans des œuvres souvent traduites par ces officiers pour pouvoir être appliquées en Amérique latine.

 

Ainsi, le 18 septembre 1810, un groupe de Créoles profite des invasions napoléoniennes en Espagne pour initier un processus d’autodétermination et constituer une junte.

Commence alors une période connue sous le nom de Patrie ancienne, qui va durer jusqu’au désastre de Rancagua en 1814, quand les troupes royalistes reprennent le contrôle du territoire. Les troupes indépendantistes comptant 6 514 soldats se réfugient alors à Mendoza, unissant leurs forces aux troupes de la province d’Argentine qui comptaient 2 600 soldats, formant ainsi l’armée des Andes. Cette dernière libère le Chili après la bataille de Chacabuco, le 12 février 1817. L’année suivante, l’indépendance du Chili est déclarée et le pays est placé sous l’autorité de Bernardo O’Higgins qui prend le titre de Commandeur Suprême.3

L’indépendance constitue une rupture car elle représente un changement brutal de la situation précédente. On passe d’une colonie sous la direction de l’Espagne à un Chili indépendant pouvant faire ses propres lois tout en gardant la richesse du territoire pour lui. Au point de vue administratif, il y eut un renouvellement de personnel car beaucoup d’Espagnols retournèrent dans leur patrie. Puis, de nombreux changements politiques se sont multipliés au cours des années suivant la Déclaration d'indépendance du Chili, comme l’établissement de nouvelles lois et nouveaux documents qui prennent en compte l’identité chilienne des habitants du territoire qui n’est plus sous l’emprise de l’Espagne.

 

Naissance d'une nation

Le 18 octobre 1817, le Chili choisit son drapeau à partir d'une esquisse due au peintre Charles Wood, qui se servit comme modèle du drapeau des États-Unis d'Amérique. Le bleu représente le ciel pur du Chili, le blanc la neige de la Cordillère, le rouge le sang des héros de l'indépendance et les cinq branches de l'étoile les cinq provinces d'origine.

Sous son gouvernement, on réalise divers travaux d’infrastructure, on organise l’expédition de libération du Pérou ; sous le commandement de l’amiral Thomas Cochrane on prend la ville de Valdivia, qui est toujours aux mains des Espagnols. On promulgue deux textes fondamentaux : la Constitution de 1818 et la Constitution de 1822. Cependant, O'Higgins gagne l’antipathie du peuple à cause de son autoritarisme et ses intentions de se maintenir au pouvoir indéfiniment. Aussi, l’influence de la loge Lautaro, de Manuel Rodriguez, et d'un ordre présumé de mise à mort de José Miguel Carrera augmente son impopularité. Pour éviter une guerre civile, O’Higgins démissionne le 28 janvier 1823, et en juillet de la même année il s’exile au Pérou.4

Durant dix ans, le Chili est soumis à une série de réformes qui tentent de donner une organisation au pays. L'ex-ministre des relations extérieures Mariano de Egana, ambassadeur dans plusieurs pays d'Europe, négocie la reconnaissance officielle par Londres et un grand emprunt. Comme le Pérou, la Bolivie, Mexique, ou la Colombie, le pays fait appel à la Bourse de Londres pour financer des sociétés minières : des centaines de techniciens anglais traversent l’océan, avec leur machine à vapeur, pour les moderniser.

 

La République conservatrice

Après une série de victoires des conservateurs, avec la révolution de 1829, une période de stabilité commence. Elle est appelée République conservatrice. Le Ministre Diego Portales est alors le principal protagoniste de l’organisation du pays grâce à la Constitution de 1833. Peu à peu, le pays commence à étendre son influence sur le continent tant au nord qu’au sud. L’économie commence à décoller avec la découverte de minerais d'argent de Chañarcillo et la croissance des échanges commerciaux à partir du port de Valparaiso.

Cette source de prospérité entraîne un conflit avec le Pérou, pour la suprématie maritime sur le Pacifique. La formation de la Confédération péruvienne et bolivienne est considérée comme une menace pour la stabilité du Chili. Ainsi, Portales déclare la guerre qui se termine avec la victoire de la bataille de Yungay en 1839 et la dissolution de la Confédération. Au même moment, le pays tente de prendre le contrôle des régions australes. Il étend son territoire en Araucanie et colonise Llanquihue, Osorno et Valdivia en faisant venir des colons allemands. La région de Magellan est incorporée en 1843 et la zone d’Antofagasta commence à être habitée.

 

La République libérale

Après trente ans de gouvernement conservateur (1831-1861) commence une période où le parti libéral (parti de gauche) prend possession du pouvoir. À ce moment-là, la croissance économique est très forte, grâce notamment à l’exploitation par les Chiliens et les Britanniques du salpêtre dans la zone d’Antofagasta qui appartient à la Bolivie. Cette situation provoque la protestation de la Bolivie. Elle ne trouve pas de solution, même après la signature de plusieurs traités en 1866 et 1871. Le 14 février 1879, le Chili prend possession du port d’Antofagasta, déclarant la guerre à la Bolivie. Le 21 mai 1879 a lieu le combat naval d'Iquique.

Le Pérou, quant à lui, a préalablement signé un pacte secret avec la Bolivie en cas de conflit avec le Chili. La guerre du Pacifique (1879-1884) commence. Elle se termine par la bataille de Huamachuco le 10 juillet 1883 et la victoire du Chili. Après ce conflit, le Chili prend possession des zones d’Antofagasta et des provinces de Tarapacá, Arica et Tacna (cette dernière est restituée au Pérou en 1929). Le pays résout par la même occasion le problème de frontière avec l’Argentine en cédant une grande partie de la Patagonie et la Puna de Atacama. Enfin, dans le sud du territoire se termine la guerre d’Arauco avec la « pacification » de la Araucanie en 1881 et l’intégration de l’île de Pâques en 1888.

En 1891, le conflit entre le président José Manuel Balmaceda et le Congrès aboutit à une guerre civile. Les congressistes remportent la bataille et mettent en place la République parlementaire.

Les années qui suivent sont marquées par une période de prospérité économique, avec l'ouverture aux investisseurs français dans le domaine minier et portuaire, avec la SMCC. Elles sont aussi caractérisées par une instabilité politique et le début du mouvement prolétaire appelé Cuestión Social. Ce dernier se met en place à cause de la « mauvaise répartition de la richesse ». Après dix ans de pouvoir de l’oligarchie, Arturo Alessandri Palma est élu. Il représente le lien manquant mais provisoire entre une élite et les « chers pauvres » (queridas chusmas en espagnol).5

 

Le massacre des mineurs de San Maria de Iquique

Le 2 décembre 1907, à Iquique, situé au nord du Chili, des milliers de mineurs de salpêtre et leurs familles furent mitraillés par l'armée. Les autorités chiliennes entendaient ainsi arrêter une grève générale dans la province de Tarapaca. Démarrée sur un site de production, la grève s'était étendue en quinze jours à tous les sites de la région. Les mineurs protestaient contre des conditions de vie indignes et des salaires de misère.

Comme celui d'autres pays d'Amérique latine, le sous-sol chilien est riche de matières premières. Pendant la deuxième moitié du 19ème siècle, on y exploita d'abord les mines d'argent jusqu'à épuisement. À partir de 1870, le nitrate, qu'on utilisait dans la fabrication d'explosifs, prit le relais. Bien avant le cuivre exploité encore aujourd'hui, il fut la grande richesse du Nord désertique. À partir de 1879, le Chili, la Bolivie et le Pérou se firent la guerre pour le nitrate pendant cinq ans. Le Chili l'emporta et prit la province de Tarapaca au Pérou et celle d'Antofagasta à la Bolivie.

La bourgeoisie chilienne perdit le contrôle de l'exploitation au profit de capitaux anglais et en 1880, le petit port d'Iquique tombait sous la coupe des Britanniques. Le chemin de fer, l'eau, l'éclairage et tout le reste appartenaient à deux capitalistes anglais, Harvey et North. Ce monopole quasi absolu de la production de nitrate de sodium naturel, le salpêtre, fit du Chili son principal exportateur vers l'Europe jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Les conditions d'exploitation étaient ignobles. Les mineurs travaillaient 12 à 14 heures par jour, sept jours sur sept. Le salaire n'était pas payé en argent, mais en jetons, une monnaie créée par le patronat. Les mineurs pouvaient les changer contre de la monnaie chilienne une fois par semaine mais à un niveau de change défavorable. Pour survivre, les travailleurs n'avaient d'autre choix que de s'endetter auprès de l'entreprise qui les employait, ce qui accentuait leur dépendance. Celle-ci était renforcée par le système de la pulpería, un magasin où le mineur devait acheter, plus cher, ce dont il avait besoin.

Cette surexploitation contribua à tremper une génération de militants syndicalistes se réclamant des idées anarchistes. Les mineurs entretenaient des contacts avec les ouvriers des ports, entrant en lutte à plusieurs reprises. Le 5 décembre 1907, les cheminots, les dockers suivis d'autres salariés déclenchaient la grève dans le port d'Iquique pour une augmentation de salaire. Parallèlement, sur un site de production de nitrate, des mineurs démarraient la grève qui allait s'étendre dans toute la région. Leur comité de grève établit leurs revendications : l'abolition du système du jeton, la fin du monopole de la pulpería, l'augmentation des salaires sur la base d'un change fixe, l'arrêt des licenciements pour motif de grève, des conditions de travail sures, une allocation financière en cas d'accident, des cours du soir pour les travailleurs.

Pour briser le silence des représentants du patronat, les mineurs décidèrent de marcher vers le port d'Iquique. Après plusieurs jours et nuits de marche, des milliers de mineurs, leurs familles, ainsi que ceux qui en les voyant passer avaient décidé de se joindre à eux, s'y retrouvèrent par milliers. Leur calme, leur détermination et leur discipline contrastaient avec les calomnies de la presse aux ordres du patronat, qui les présentait comme des bandits.

Les représentants du patronat proposèrent alors aux marcheurs de retourner d'où ils venaient, de reprendre le travail et d'attendre huit jours une hypothétique réponse des capitalistes londoniens et allemands. Les autorités, elles, prétendaient mensongèrement que le comité de grève était d'accord avec la proposition des patrons. Elles parlaient de trains prêts à ramener les mineurs chez eux.

Ces manœuvres n'aboutirent pas. Les mineurs et leurs soutiens étaient chaque jour plus nombreux dans le port d'Iquique. Les autorités imposèrent alors aux grévistes de se regrouper dans une école de la ville appelée Santa María. 8 000 personnes s'y retrouvèrent. 1 500 autres dormaient dans des tentes sur une place. C'est alors que plusieurs régiments débarquèrent, l'école et la place furent encerclées et des mitrailleuses mises en place. Le 21 décembre 1907, l'armée mitrailla hommes, femmes et enfants entassés dans l'école et sur la place.

Après la tuerie, comme toujours, les massacreurs d'ouvriers minimisèrent le chiffre des morts mais on estime qu'il y en eut entre trois et quatre mille.

Le patronat avait mis ainsi fin à la grève, mais ce massacre frappa l'opinion ouvrière. Le martyre des mineurs, de leurs familles et de leurs soutiens fit naître des vocations militantes au sein de la classe ouvrière chilienne. Quant à l'armée, elle avait montré clairement qu'elle était le bras armé des possédants, que ceux-ci étaient prêts à l'utiliser, s'ils pensaient leurs intérêts menacés.6

 

Instabilité politique et coups d’État

La baisse de la demande de nitrate et les premières luttes ouvrières causées par de mauvaises conditions de travail créent un climat d’instabilité sociale et politique au cours des années 1920. Le président Arturo Alessandri entreprend des réformes sociales et promulgue la Constitution de 1925. Mais la crise mondiale de 1929 plonge le Chili dans la récession et l’agitation sociale. Les gouvernements se succèdent ainsi que les coups d’État. Carlos Ibáñez del Campo devient président de facto en 1927, suspend les élections et gouverne par décrets, tout en envoyant en exil son rival Marmaduque Grove, qui avait participé avec lui au coup d'État de 1925. Les conséquences de la Première Guerre mondiale (où le pays s’est déclaré neutre), la mauvaise politique économique et les moyens utilisés pour amoindrir les effets de la Grande Dépression ont eu des conséquences sur le salpêtre, produisant ainsi une crise économique au cours de laquelle le Chili subit une forte récession économique.

Ibáñez démissionne en 1932 et l’instabilité politique s’accentue par un coup d’État qui donne naissance à la République Socialiste du Chili qui dure seulement douze jours avant qu’Alessandri reprenne le pouvoir et redresse l’économie. L’arrivée d’Alessandri a pour effet d’amoindrir les tensions entre les partis politiques. Il y a aussi une crise sociale ; de nouveaux acteurs exigent des transformations dans la façon de gouverner le pays. Pedro Aguirre Cerda est élu président en 1938 grâce à une alliance (le Front populaire) qui s’oppose à l’élite au pouvoir. Des réformes sociales et politiques font du Chili un des pays les plus avancés du point de vue de la législation et de la protection sociale. Le cuivre remplace peu à peu le nitrate dans l’économie nationale (à cause de la demande mondiale et surtout en raison de la découverte de la mine de Chuquicamata). Le pays s’industrialise progressivement, et le nombre d’ouvriers augmente.

Le gouvernement de Aguirre Cerda réussit divers changements, principalement économiques, en posant les bases de l’industrialisation chilienne à travers la création de la CORFO. Il entraîne toutefois une période de radicalisme. Au niveau géopolitique le pays réclame le Territoire chilien de l’Antarctique. Les réformes s’arrêtent brutalement avec la mort du président en novembre 1941, durant la Seconde Guerre mondiale. Juan Antonio Ríos, son successeur, doit affronter l’opposition et les pressions des États-Unis pour entrer en guerre contre les pays de l'Axe ; la déclaration de guerre est signée le 20 janvier 1943. En 1946, avec l’appui du Parti communiste, le radical Gabriel González Videla est élu Président. Cependant, le début de la Guerre froide oblige à interdire le parti communiste au moyen de la Loi de Défense de la Démocratie (Ley Maldita). En 1952, Carlos Ibáñez del Campo reprend le pouvoir – cette fois-ci au moyen d’une élection –, mais il perd la faveur de la population en raison de la mise en place de réformes libérales.

En 1958, l’indépendant de droite Jorge Alessandri est élu. Il doit affronter les conséquences du Tremblement de terre de Valdivia de 1960, le plus fort jamais enregistré, ainsi que l’organisation de la Coupe du monde de football, en 1962. S’établit alors le système de[s] los tres tercios (trois tiers) composés par la Droite, le Parti démocrate-chrétien et la Gauche du Frente de Acción Popular. Craignant une victoire de la Gauche, la Droite soutient le démocrate chrétien Eduardo Frei Montalva qui est élu en 1964. Le président tente de réaliser la Revolución en Libertad (La Révolution en Liberté) au travers de nombreuses réformes comme la Réforme agraire et la chilénisation du cuivre (appropriation par des Chiliens de mines appartenant auparavant aux États-Unis). À la fin de son mandat, la tension politique produit une série d’affrontements. L’obstruction de la droite au Congrès augmente.

 

Gouvernement d'Allende

Les États-Unis n'interviennent pas directement dans la campagne électorale, même si la candidature du conservateur Jorge Alessandri est soutenue par la compagnie International Telephone and Telegraph (ITT) (environ 350 000 dollars américains). Il n’y a pas de comparaison possible avec ce que les entreprises ont donné durant la campagne de Frei, quand il existait une assistance électorale.

Le 4 septembre 1970, le candidat de l’Unité populaire, Salvador Allende, arrive en tête de l’élection présidentielle avec 36,6 % des suffrages et devance le conservateur Jorge Alessandri (34,9 %) et le démocrate chrétien Radomiro Tomic (27,8 %). Allende, ancien ministre de la santé et ancien président du sénat, avait déjà été candidat à trois reprises.

Devenu ainsi le premier président élu démocratiquement sur un programme socialiste et disposant d'une majorité parlementaire grâce au soutien des démocrates-chrétiens, Allende intensifie les réformes de son prédécesseur. Les mines de cuivre (qui représentent les trois quarts des exportations) avaient été nationalisées à 51 % par Eduardo Frei Montalva, Allende exproprie la partie restante sans indemniser les compagnies américaines7. En réaction, Henry Kissinger lance un boycott du gouvernement d’Allende qui lui barre l'accès aux prêts internationaux.8

Allende accentue sensiblement la politique de redistribution des terres en faveur des paysans pauvres. Beaucoup d'autres entreprises sont réquisitionnées ou nationalisées (dont neuf banques sur dix). Le gouvernement Allende met en place des mesures sociales comme l'augmentation des salaires et la distribution gratuite de lait pour les enfants.9

En 1971, à la suite d'une visite d'un mois du président cubain Fidel Castro, avec qui il entretient une amitié étroite, Salvador Allende annonce le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, en dépit d'une convention précédemment établie par l'Organisation des États Américains précisant qu'aucune nation dans l'hémisphère occidental ne le ferait (la seule exception étant le Mexique, qui a refusé d'adopter cette convention).10

Sous le mandat de Salvador Allende, le salaire minimal chilien augmente de 35 %, le PNB du pays est multiplié par 3, le chômage baisse de 8,3 % à 3,9 %, la production industrielle augmente de 14,6 % et l’inflation annuelle baisse de 13 % (de 35 %, elle passe à 22 %).

Il met en place une politique de santé publique orientée vers le milieu rural pour un meilleur accès aux soins et met en pratique la réforme agraire votée sous son prédécesseur tout en orientant l’agriculture vers une réduction des importations et une meilleure gestion des espaces agricoles.
Globalement, il souhaite réduire la dépendance chilienne vis à vis de l’étranger.

À cette époque, les entreprises étrangères, en particulier étasuniennes, réalisent au Chili d’énormes profits : la Kennecott y réalise 34,8 % de bénéfices annuels contre 10 % dans le reste du monde, tandis que l'Anaconda Company (entreprise canadienne) y réalise 20,2 % de bénéfices annuels contre 3,5 % dans le reste du monde.

Le cuivre représente 80 % des recettes d’exportation du Chili. Le 11 juillet 1971, le Parlement vote la loi de nationalisation. En 1972, 8000 ouvriers en grève bloquent pendant 48h la mine de cuivre de Chuquicamata, puis des grèves éclatent au mois de mai dans les secteurs de l’électroménager, des boissons gazeuses et des charbonnages, en août 150 000 commerçants manifestent dans les rues de Santiago contre l’inflation, et le 10 octobre de la même année, la confédération chilienne des transports asphyxie le pays en manifestant contre la nationalisation prochaine de leur secteur d’activité.

Dans la seconde moitié de 1972, l’économie chilienne sombre : le prix du cuivre baisse de moitié, la production minière est touchée, l’inflation atteint 160 %, et la pénurie de produits de première nécessité se fait sentir.

Mais toutes ces calamités ont des causes : cette année-là, la consommation populaire augmente considérablement alors que la production agricole diminue et que les entreprises privées, au lieu d’investir, vivent sur leurs stocks, sachant qu’ils vont ainsi provoquer des problèmes de ravitaillement et de distribution.

La deuxième cause, peut-être la plus importante, est le « blocus invisible » mis en place par les États-Unis qui coupent tous crédits au Chili, sauf les crédits militaires qui augmentent, et tentent d’imposer un embargo total sur les produits chiliens. Le matériel minier et routier étant en grande partie étasunien, lorsque les États-Unis limitent leurs exportations de pièces de rechange vers le Chili, celui-ci se trouve naturellement en difficulté.

Les grèves et les manifestations de droite se succèdent, des occupations de terres et d’usines ont lieu.

Allende cherche des solutions politiques, mais l’extrême gauche veut la révolution et l’extrême droite un coup de force. Il lui reste peu de marge de manœuvre. Il confie alors le ministère de l’intérieur au chef des armées, le légaliste Carlos Prats. C’est pendant ce moment de calme que sont organisées les élections législatives de 1973. Allende y obtient 43,4 % des suffrages, ce qui le dote de 8 députés supplémentaires.11

 

Malgré une amélioration de son score électoral, l’Unité populaire d’Allende est minoritaire et le budget annuel 1973 n'est pas voté. Allende est cependant à l'abri d’une destitution, l’opposition ne réunissant pas les deux tiers des voix et des sièges ; il décide alors de reconduire le budget de 1972 pour l'année 1973 par décret ; cette disposition légale, mise en place sous le gouvernement socialiste de Marmaduque Grove de 1932, lui permet de se passer de l'accord du Parlement.

Allende tente aussi d'obtenir le soutien actif de la population ; des milices ouvrières se constituent dans les villes et les campagnes pour entretenir la légitimité révolutionnaire du gouvernement. L'opposition conservatrice et les démocrates chrétiens, incapables de bloquer les décisions d'Allende du fait de la marginalisation du parlement, mobilisent à leur tour la rue. Ils organisent ou apportent leur contribution à une série de révoltes et de manifestations (la plus célèbre étant la grève des camionneurs), qui paralysent le pays alors que son économie est déjà très affaiblie par les réformes d'Allende. Dans le même temps, on assiste à la montée en puissance de groupes paramilitaires d'extrême-droite et le pays vit une guerre civile larvée où s'opposent les milices d'extrême gauche (MIR) à ces dernières.

Lorsque durant l'été 1973 de multiples grèves et des insurrections menacent la stabilité du pays, Allende, paraphrasant John F. Kennedy, déclare que « ceux qui s'opposent à une révolution pacifique rendent celle-ci inévitablement violente ». Le 23 août 1973, le président Salvador Allende, nomme Pinochet général en chef des armées à la suite de la démission de Prats, qui lie sa décision aux nombreuses manifestations féminines contre le gouvernement.

 

 

Le rôle des États-Unis

Henry Kissinger, le Secrétaire d'État de Richard Nixon, avait déclaré dans un discours prononcé à l'occasion de l'élection de Salvador Allende : « Je ne vois pas pourquoi il faudrait s'arrêter et regarder un pays devenir communiste à cause de l'irresponsabilité de son peuple. »

Les États-Unis cherchent à affaiblir Allende. Les crédits accordés par les Américains au Chili passent de 300 millions à 30 millions de dollars et si, dans le même temps, l'aide des pays socialistes et européens sur-compense cette perte (600 millions de dollars de nouveaux crédits), le Chili demeure très dépendant des États-Unis (notamment pour des pièces détachées) et les répercussions néfastes de cette politique sont nombreuses.

La CIA est également active, elle disposera sur ces trois années d'un budget de sept millions de dollars pour soutenir l'opposition à Allende. Elle l'emploiera principalement pour aider les partis politiques (démocrates-chrétiens et conservateurs, qui recevront la moitié de l'aide), les journaux anti-Allende (El Mercurio, à l'époque le plus grand quotidien du pays, bénéficiera à lui seul d'un cinquième de l'aide) et dans une moindre mesure des organisations privées.

Les groupes paramilitaires d'extrême-droite sont par contre délaissés, Patria y Libertad ne recevra que 1 000 dollars entre 1970 et 1971 puis plus rien.

Les autorités américaines rechignent à aider les grévistes anti-Allende. La proposition d'un soutien a été abordée plusieurs fois au sein du Comité 40 (chargé de définir et de contrôler les activités de la CIA) mais elle a toujours été repoussée. Une partie des fonds fournis par la CIA aux partis d'opposition et aux organisations privées aurait néanmoins été détournée par ces derniers pour soutenir les camionneurs. Réagissant aux nationalisations effectuées par le gouvernement d'Allende, plusieurs firmes américaines dont l'ITT apportent leur concours à cette stratégie.

L'administration Nixon fut enchantée du coup d'État de 1973. Mais, si de nombreuses accusations sont formulées, aucun élément ne permet cependant d’affirmer que les États-Unis ont directement participé au coup d’État proprement dit du 11 septembre 1973.

Peter Kornbluh, chercheur au National Security Archive, qui a participé à une campagne pour la déclassification des archives de la CIA, déclare à Libération : « si les États-Unis n'ont pas directement participé au complot du 11 septembre 1973, ils ont tout fait pour préparer le coup d'État contre Allende. »

 

Le coup d'État et la dictature de Pinochet

Le 11 septembre 1973, un coup d'État mené par le général Augusto Pinochet, renverse Salvador Allende, retrouvé sans vie dans le palais de la Moneda bombardé par les putschistes. Le rapport d'autopsie ordonné par la commission d'enquête de mai 2011 conclura en juillet 2011 au suicide.

 

Ce coup d’État est accueilli avec soulagement par les conservateurs et certains démocrates-chrétiens, qui espèrent récupérer rapidement le pouvoir. Mais la junte militaire prend le pouvoir et le conservera jusqu’en 1990, imposant une dictature. Elle est dirigée par Augusto Pinochet et est composée des commandants en chef des trois armées et du chef de la police. Ce coup d’État se fait sous le regard des caméras et a un grand retentissement en Europe.

 

La junte dissout le Congrès national, les conseils municipaux, les syndicats et les partis politiques. La liberté de la presse est abolie, le couvre-feu instauré. Tout ce qui est littérature de gauche est interdit, des centaines de milliers de livres sont brûlés. Les opposants sont arrêtés, torturés, déportés ou exécutés. En dix-sept ans, le régime du général Pinochet est responsable de la mort ou de la disparition d'au moins 2 279 personnes ; sur le million d'exilés durant cette période, plus de 40 000 sont des exilés politiques. Le stade national est transformé en camp de prisonniers à ciel ouvert, des dizaines de milliers de personnes sont arbitrairement incarcérées, des camps de concentration sont mis en place. La DINA, police politique de la dictature, fait disparaître des centaines de personnes.12

 

Le plan Condor

Dans le cadre du plan Condor, créé en 1975 à l'initiative du général Rivero, officier des services secrets argentins, les opposants aux différents régimes dictatoriaux d'Amérique du Sud sont traqués et assassinés, y compris à l'étranger. Rassemblant six dictatures militaires d'Amérique du Sud (Chili, Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay), c'est une entente qui permet de traquer et d'assassiner les dissidents, hors de leur territoire national. Concernant les exilés chiliens visés par ces opérations, ce sont souvent des partisans de l'Unidad Popular et du MIR mais aussi d'anciens ministres ou militaires opposés au coup d'État comme Orlando Letelier, tué aux États-Unis. Le général Pinochet devient à l'époque « le héros des milieux fascistes européens ». Ainsi, les néo-fascistes italiens sont employés pour des opérations dans le cadre du plan Condor. Au Chili, la Colonie Dignidad, dirigée par le nazi Paul Schäfer, sert de centre de torture pour les militaires et se voit accorder l'immunité pour toutes les exactions commises entre ses murs.13

Le journaliste britannique Christopher Hitchens soutient que les États-Unis ont été complices de l'opération Condor tout comme le journaliste uruguayen Eduardo Galeano qui estime qu'ils ont soutenu cette forme de terrorisme d'État.

La France pourrait également avoir une responsabilité dans l'exportation des techniques de guerre subversive utilisées pendant la guerre d'Algérie. De nombreux anciens membres de l'OAS ont trouvé refuge en Amérique latine. Comme l'a reconnu Pierre Messmer alors ministre des Armées, le gouvernement français a mis en place de 1959 à 1981 une mission militaire française permanente à Buenos Aires qui fournissait des conseillers aux troupes argentines. Des contacts ont également pu exister avec d'autres pays : le général Paul Aussaresses a ainsi été attaché militaire au Brésil en 1973, et enseigna au Centre d'instruction de la guerre dans la jungle (CIGS).14

 

Libéralisation de l'économie

Pinochet confie l’économie du pays aux théoriciens de l'école de Chicago, les Chicago boys, de jeunes économistes chiliens comme José Piñera et Hernán Büchi, souvent formés à l'Université de Chicago et adeptes des idées de Milton Friedman et d'Arnold Harberger.

Après une baisse du PIB de 10 % entre 1973 et 1975, la croissance atteindra 8 % par an entre 1977 et 1980 au prix d'un endettement extérieur et d'une inflation très élevés, et le chômage augmente fortement. Une très grave crise économique touche le Chili entre 1982 et 1985 ; sous l’influence de la hausse mondiale de l'inflation, l’inflation nationale atteint 27,3 % en 1982, et le pays connaît sa pire récession depuis les années 1930. De 1982 à 1984, le PIB baisse de 16 %. La crise génère une série de protestations de la population contre le régime politique et le libéralisme économique. Le chômage, qui touche en moyenne 18 % de la population active pour l'ensemble de la période du régime militaire, culmine à environ 30 % en 1983.

L’économie du pays revient au vert à partir de 1985, permettant de résorber l'important déficit financier extérieur accumulé à la fin des années 1970 et d'équilibrer les finances publiques, mais les manifestations (« protestas »), réprimées dans le sang, se poursuivent contre la dictature.

Les transformations engagées sont inspirées par la théorie économique libérale. Elles comprennent notamment la privatisation de la plupart des entreprises publiques et la réduction de la taille de l'État, à travers une diminution des dépenses publiques, essentiellement dans les domaines des équipements, des services sociaux et des aides financières. La plupart des banques sont privatisées en 1975. En 1989, le producteur de cuivre Corporación Nacional del Cobre, la société de raffinage de pétrole Empresa Nacional del Petroleo, les entreprises fournissant des services d'infrastructures — aéroports, réseau routier, ports, services d'utilité publique, chemins de fer — et la banque publique Banco del Estado sont les seules entreprises publiques.

La période 1973-1989 voit également un recul des droits des travailleurs avec l'interdiction des syndicats et la décentralisation des négociations salariales. Conjuguée avec les revers économiques, l'érosion de la politique sociale conduit à une aggravation des inégalités de revenus et de la pauvreté, cependant que les investissements dans les infrastructures publiques prennent du retard.

Par ailleurs, sous l'effet des crises économiques, les salaires réels moyens chutent de 17 % entre 1973 et 1985, ne commençant à se redresser, de 9 %, qu'à partir de 1988-1989.

Selon l'économiste et ancien conseiller d'Allende Orlando Caputo, cette politique économique, dans une ambiance de terrorisme politique, conduit à un recul très important de la part des salaires dans la valeur ajoutée qui baisse de 52 % en 1972 à 37 % en 1973.

La crise de 1982-1983 signe l'arrêt momentané du « miracle chilien ». Les salaires réels, jusque-là indexés à l'inflation, diminuent de 10 % et se situent 30 % en dessous de leur niveau de 1970 ; le chômage atteint 30 %, la pauvreté augmente, et les inégalités s'accroissent. À la fin des « années Pinochet », 20 % de la population se partage 80 % de la richesse du pays. Pendant toute la durée de la dictature, la consommation moyenne par habitant n'a jamais retrouvé son niveau de 1972, et on observe une « diminution de la qualité de vie d'une partie importante de la population chilienne ». Cependant, en parité de pouvoir d'achat, le PIB par habitant s'est accru de 50 % entre 1974 et 1990, sous la présidence de Pinochet, puis a doublé entre 1990 et 2005.

Le Chili et l'Argentine s'affrontent en 1978 dans le Conflit du Beagle pour la possession de quelques petites îles australes. Ce conflit manque de peu de provoquer une guerre entre les deux pays, et le Chili sera le seul pays d'Amérique du Sud à soutenir politiquement le Royaume-Uni durant la guerre des Malouines.

 

Nouvelle constitution et référendum de 1988

À partir de 1978, la junte militaire entreprend d’établir une constitution remplaçant la Constitution de 1925 qui est considérée par la junte comme la source de la crise institutionnelle. Celle-ci est élaborée par la Commission Ortúzar dirigée par Enrique Ortúzar et Jaime Guzmán.

Cette loi fondamentale contenait des dispositions transitoires et devait entrer en vigueur seize ans plus tard. Elle installait Pinochet comme président pour huit ans et prévoyait une période additionnelle de huit autres années de gouvernement militaire, avec un candidat unique désigné par les autorités militaires et qui devait être ratifiée lors d’un plébiscite. Elle remplace le système proportionnel par un système binominal lors des élections et l’établissement d’un second tour dans les élections présidentielles et instaure un Tribunal Constitutionnel chargé de valider les lois. La constitution est approuvée après un plébiscite qui a lieu le 11 septembre 1980. Le scrutin, organisé dans des conditions controversées, donne 67 % pour le Oui. Pinochet est reconduit au pouvoir pour huit ans.

En 1988, Pinochet demande la prolongation de son mandat par référendum15. La campagne référendaire débute le 5 septembre 1988 à 23 heures. Pour la première fois, elle a également lieu à la télévision par le biais de spots de campagnes de 15 minutes chacune. La supériorité de la campagne du « Non » apparaît alors non seulement au niveau des campagnes publicitaires, mais aussi au niveau des slogans, de l'affichage (un arc-en-ciel, symbole de pluralisme) et de l'argumentaire positif et rassurant, axé sur un avenir meilleur, et non sur le passé. Les partisans de Pinochet tentent de faire un repoussoir du souvenir des années de gouvernement de l'Unidad Popular, alors que l'image de Pinochet est retravaillée par ses conseillers pour le présenter en grand-père paternaliste.

Le 5 octobre 1988, 7 435 913 électeurs sont attendus aux urnes. Les exilés sont aussi autorisés à rentrer au pays, ce que fait notamment la famille de Salvador Allende. Les élections se déroulent calmement. Ce n'est que vers 2 heures au matin du 6 octobre que les résultats sont officiellement publiés, accordant 44,01 % des voix aux partisans de Pinochet contre 55,99 % à ses adversaires, victorieux.

Pinochet nomme alors un nouveau gouvernement, composé de civils, comme le journaliste économiste Joaquín Lavín (à la fonction de secrétaire général du gouvernement). La Constitution est amendée en juillet par référendum pour lui permettre d'entrer pleinement en fonction, mettre un terme aux différentes dispositions transitoires et permettre une transition pacifique.

En novembre, le gouvernement nomme un nouveau conseil pour la Banque centrale, où il fait entrer deux hommes de gauche aux côtés de deux hommes de droite et d'un candidat indépendant, Andres Bianchi, pour la présider. L'armée de terre est remaniée, mais les postes les plus importants restent attribués à des proches du général Pinochet.

Le 14 décembre 1989, les électeurs chiliens élisent un nouveau président de la République et un Parlement composé de 120 députés et de 83 sénateurs. Le démocrate-chrétien Patricio Aylwin, candidat de la Concertation pour la démocratie, est élu dès le premier tour avec 57 % des voix. Au Parlement, la coalition démocratique l'emporte également (36 % pour la démocratie-chrétienne et le centre-gauche, 24 % pour la gauche), et la démocratie-chrétienne devient la première formation politique du pays.

Patricio Aylwin entre en fonction le 11 mars 1990, au cours d'une cérémonie de passation de pouvoirs avec le général Pinochet au parlement réuni à Valparaiso. Les députés de la Concertation des partis pour la démocratie portent des photos de « disparus » de la dictature. Lorsque Pinochet sort de la salle, il est suivi par des parlementaires socialistes qui, photos de disparus à la main, lui crient : « Assassin ! Assassin ! ».

 

Arrestation de Pinochet à Londres

Le 16 octobre 1998, alors qu'il est à Londres pour des examens médicaux, le général Pinochet est placé en état d'arrestation puis assigné en résidence surveillée, à la suite d'un mandat d'arrêt international émis par le juge espagnol Baltasar Garzón. En Espagne, deux procédures sont en cours : le juge Manuel García Castellón enquête sur l'assassinat ou la disparition de ressortissants espagnols au Chili entre septembre 1973 et décembre 1983, tandis que Baltasar Garzón enquête sur « l'opération Condor ». Les deux juges accusent l'ancien président de « génocide, de tortures, de terrorisme international et d'enlèvements ».

 

Retour au Chili

De retour au pays, Pinochet est accueilli par des milliers de ses partisans à l'aéroport de Santiago du Chili. Descendu de l'avion en fauteuil roulant, il se lève soudain et va saluer ses partisans, ce qui est considéré comme une provocation. Comme promis par le, désormais, président Lagos, les conditions juridiques et politiques sont réunies pour que des poursuites judiciaires soient engagées contre lui mais elles seront périodiquement annulées en fonction de l'état de santé du général Pinochet, en particulier en raison d'un état de « démence » qui est souvent considéré par ses adversaires comme factice.

En sa qualité d'ancien président, le général Pinochet qui a été l'objet depuis 1998 de 350 plaintes pour violation des droits de l'homme bénéficie d'une immunité.

 

« La Caravane de la mort »

Le 23 mai 2000, la cour d'appel de Santiago lève pour la première fois son immunité parlementaire de sénateur à vie et le 8 août 2000, la Cour suprême du Chili lève définitivement l'immunité du sénateur Pinochet. Le 1er décembre 2000, le juge Juan Guzman l'inculpe pour la mort de 75 opposants, tués en 1973 par une unité militaire surnommée « la Caravane de la mort » mais dès le 11 décembre, la procédure est suspendue par la cour d'appel de Santiago pour des motifs médicaux. En janvier 2001, les médecins estiment que Pinochet souffre d'une forme de « démence légère ». Le 8 mars, la cour d'appel confirme l'inculpation comme simple « complice » de la Caravane de la mort et non comme instigateur.

Le 9 juillet 2001, les actions judiciaires sont de nouveau suspendues en raison de la dégradation de l'état de santé du vieux général, alors âgé de 86 ans.

Le 1er juillet 2002, la Cour suprême invoque ses conditions physiques dues à une « démence modérée » pour totalement absoudre le général Pinochet dans l'affaire dite des « Caravanes de la mort ».

 

Soutiens occidentaux

Selon Frederick Gareau, professeur de science politique à l'université d'État de Floride, certains pays occidentaux ont apporté un soutien au régime militaire chilien à commencer par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et Israël. Le président Ronald Reagan admirait Pinochet, qu'il considérait comme le dirigeant qui avait sauvé le Chili du communisme. Les administrations républicaines successives soutiennent beaucoup plus la dictature de Pinochet que l'administration démocrate de Jimmy Carter, celle de Reagan votant contre ou s'abstenant systématiquement lors des résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies qui condamnaient les violations des droits de l'homme au Chili. Le soutien de Reagan change en 1986, quand Pinochet rétablit le couvre feu et que l’administration américaine décide de soutenir une transition démocratique alors que plusieurs pays d'Amérique du Sud ont déjà basculé vers la démocratie. Des pays comme le Canada, le Danemark, la Finlande, l'Islande, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède condamnent systématiquement le Chili de 1974 à 1989 pour terrorisme d'État et violation des droits de l'homme.

Lors de la guerre des Malouines, Margaret Thatcher remercie Pinochet pour le soutien qu'il avait apporté à l'armée britannique durant le conflit en mettant à sa disposition les radars chiliens et en recueillant les blessés. L'Argentine et le Chili, tous deux gouvernés par des dictatures militaires, entretenaient en effet des relations tendues en raison d'un conflit territorial. Le conflit du Beagle avait manqué de déclencher une guerre entre les deux pays du Cône sud. Thatcher remercie encore publiquement et personnellement Pinochet en 1999, après la mise en résidence surveillée de ce dernier au Royaume-Uni suite à un mandat d'arrêt international lancé par le juge espagnol Baltasar Garzón pour les violations des droits de l'homme commis sous son gouvernement. S'exprimant en faveur de sa libération, elle déclare que : « je suis bien consciente que vous êtes celui qui a amené la démocratie au Chili, vous avez établi une constitution appropriée à la démocratie, vous l'avez mise en œuvre, des élections ont été tenues, et enfin, conformément aux résultats, vous avez quitté le pouvoir ».16

 

 

Le Chili, premier laboratoire du néolibéralisme

On attribue souvent aux régimes de Ronald Reagan et Margaret Thatcher d’avoir été les premières expériences d’un « néolibéralisme réellement existant ». C’est oublier que six ans avant l’arrivée au pouvoir de la dame de fer, le général Pinochet, avec le concours plus ou moins direct de la CIA, renversait le pouvoir démocratique au Chili et imposait par une dictature militaire les préceptes économiques libéraux de l’école de Chicago. On comprend aisément que les croisés du marché ne s’y réfèrent guère : cette nouvelle « révolution conservatrice » n’a pas débuté dans les urnes, mais dans le sang, la répression, la torture et la terreur.

 

Coup d’État contre la démocratie

En 1970, le peuple chilien plaçait au pouvoir son premier président élu sur un programme socialiste, Salvador Allende. Très populaire, porté par un engouement inédit, il mit en place un nombre important de réformes progressistes, parmi lesquelles la légalisation du divorce, le renforcement des politiques sociales, la redistribution des terres en faveur des paysans pauvres ou la nationalisation sans indemnités des mines de cuivre. Cette dernière mesure, à proprement parler révolutionnaire, suscita immédiatement une vive réaction des États-Unis de Richard Nixon : à son ambassadeur au Chili, le président américain ira jusqu’à déclarer qu’« il faut écraser ce fils de p… le plus tôt possible », tant la perspective d’une expansion de la démocratie en Amérique du sud, potentiellement défavorable aux intérêts commerciaux et industriels étasuniens, apparaissait comme inacceptable aux yeux de Washington. Afin d’empêcher toute expansion de cette « tâche d’huile démocratique », la CIA renforça ses opérations de déstabilisation du régime Allende – entamées dès les années soixante contre les mouvements progressistes – afin d’alimenter un climat propice à un coup d’État conservateur. Ces manœuvres culmineront après l’élection d’Allende par la mise en place d’un blocus économique, le financement de groupes armés d’extrême-droite ou l’organisation d’opérations de sabotage, à l’image de la grève des camionneurs de 1972. Dans un contexte économique difficile et sur fond de divisions de la gauche chilienne, elles contribueront à la chute du régime démocratique et à la prise du pouvoir par le général Pinochet, lors du coup d’État du 11 septembre 1973, le plus sanglant qu’ait connu l’Amérique du sud au XXe siècle.
Parmi les premières mesures prises par la junte nouvellement à la tête du pays, mentionnons la dissolution du Congrès national, l’abolition de la liberté de la presse, l’interdiction des syndicats et partis politiques ou l’instauration de la peine de mort pour les grévistes de certains secteurs. Cette dictature, qui durera dix-sept ans, tuera, torturera et emprisonnera des milliers de citoyens, pendant que l’opération Condor soutenue par la CIA s’employait, au Chili comme dans les autres régimes autoritaires d’Amérique latine, à réprimer dans le sang toute contestation politique, sur fond d’hystérie anti-communiste.

 

Autoritarisme politique et néolibéralisme

Bien avant que le général Pinochet ne mène l’offensive militaire, c’est une autre bataille, économique et idéologique, qui avait été préparée, de sorte qu’au soir du 11 septembre, les fondations intellectuelles et théorique du projet néolibéral étaient déjà posées. C’est en effet dans les années 50, en réaction au keynésianisme alors dominant, qu’un certain nombre d’intellectuels entreprirent un véritable projet de refondation libérale autour notamment de la pensée économique de Milton Friedman. Dès 1956, une vingtaine d’étudiants en économie chiliens furent formés à cet effet au monétarisme et au libre marché, dans le cadre d’un programme d’échange avec l’Université de Chicago. Connus comme les « Chicago boys », proche des milieux conservateurs chiliens, ils furent chargés par la junte d’appliquer les contre-réformes économiques enseignées par Friedman, lequel d’ailleurs se rendra à Santiago en mars 1975 pour conseiller personnellement le régime militaire. Cette congruence entre un régime politique autoritaire et la mise en place de politiques économiques ultra-libérales ne doit rien aux contingences historiques : le projet économique des Chicago boys comprenait des mesures tellement radicales et violentes que, selon Naomi Klein (auteur de « La Stratégie du choc, la montée d’un capitalisme du désastre »), elles n’auraient pu être menées dans aucun pays démocratique en raison de leur impopularité et des résistances populaires : c’est bien sur un État fort que s’est bâti le paradigme néolibéral. Partant de là, la journaliste avance dans son ouvrage la thèse de l’utilisation politique d’une véritable « doctrine du choc » permettant l’imposition de contre-réformes radicales à la faveur d’un événement ou d’une crise particulièrement violente, propre à « anesthésier » les résistances populaires à la domination capitaliste (un coup d’État, un attentat, une catastrophe naturelle, …) Dans le cas du Chili, comme le dira Serge Halimi, « la dictature militaire offre [aux Chicago boys] une discrétion totale qui leur permet d’agir à leur guise en utilisant les Chiliens comme des souris de laboratoire » (Le Grand Bond en arrière, p. 359).

 

Conséquences sociales de la « thérapie de choc » néolibérale

Parmi les « expériences » économiques menées dès 1974, la junte privatisera nombre d’entreprises d’État, coupera drastiquement dans les budgets sociaux ou imposera la retraite par capitalisation, ceci d’une manière volontairement brutale et rapide : Friedman lui-même prônait une telle stratégie du choc pour rendre possible les contre-réformes néolibérales (Klein, p. 67).
Les conséquences sociales des nouvelles politiques économiques seront désastreuses pour le pays. Le taux de chômage passera ainsi de 4.8 % sous Allende à 17.9 % en 1978, puis 31 % en 1983 (Marie-Noëlle Sarget, Histoire du Chili, 1996). Sans surprise, les disparités sociales s’accentuèrent : entre 1972 et 1977, le revenu des salariés dans le PIB passa de 64 % à 38 %, tandis que les 5 % de chiliens les plus riches voyaient leurs revenus exploser (passant de 25% du PIB en 1972 à 50 % en 1975). Dès les premières années du régime, une grande partie de la population fut plongée dans la misère, pendant que la mortalité infantile progressait. Si le pays connut une croissance importante, celle-ci profita principalement aux plus fortunés, dans un contexte de liquidation des conquête syndicales : le « miracle chilien » s’est ainsi réalisé au profit des privilégiés. Entre 1974 et 1989, les revenus des 10 % des ménages chiliens les plus riches augmentèrent 28 fois plus vite que les 10 % des ménages chiliens les plus pauvres. Au-delà des conséquences strictement économiques, la thérapie de choc néolibérale eut également (et continue de produire) des effets désastreux sur les solidarités traditionnelles, fragilisant considérablement le tissu social.

 

L’héritage de Friedman

Que reste-t-il du projet néolibéral ? Il est piquant de souligner qu’aujourd’hui, dans l’un des lieux centraux de sa conceptualisation, le néolibéralisme est fortement délégitimé. Ainsi, en juin 2008, quand le président de l’Université de Chicago annonça la création d’un « institut Milton Friedman » doté de 200 millions de dollars, plus de 100 professeurs de cette même Université publièrent une lettre de protestation, indiquant que « Les effets de l’ordre global néolibéral, construit largement à la faculté d’économie de l’Université de Chicago, n’ont en aucun cas été uniquement positifs. Pour beaucoup, le néolibéralisme a eu des effets négatifs sur la majorité de la population mondiale ». On ne saurait mieux dire. Même au cœur du pouvoir politique étasunien, les langues se délient, des tabous tombent : en février 2003, Colin Powell, alors secrétaire d’État, a déclaré : « Je ne suis pas très fier de ce que nous avons fait au Chili dans les années 1970 et de notre rôle dans ce qui s’est passé avec M. Allende. Cette époque ne fait pas partie de l’histoire étatsunienne dont nous pouvons nous vanter. »17

 

 

 

Le coup d'État militaire du général Pinochet a servi de laboratoire pour la mise en place de politiques néolibérales qui se sont progressivement généralisées en Occident dans les années 1980 avec d'abord Margaret Thatcher au Royaume-Uni et Ronald Reagan aux États-Unis.

 

Le virus néolibéral s'est donc déclaré une première fois au Chili avant de contaminer la planète, et les conséquences de l'idéologie de Milton Friedman sont identiques dans tous les pays infectés : un chômage de masse, l'explosion des inégalités, l'augmentation de la violence, une parodie de démocratie et l'extermination des plus pauvres principalement dans les pays du Tiers Monde.

Dans l'ouvrage Voix rebelles du monde, l'altermondialiste Francisca Rodriguez explique : « Aujourd'hui, au Chili, nous subissons durement les conséquences du néolibéralisme : si notre pays apparaît prospère économiquement, il génère aussi les plus grandes inégalités. Nous enregistrons ici des statistiques incroyables concernant les violences perpétrées contre les enfants, contre les femmes et la population en général. C'est cela l'autre visage du modèle libéral : ce qui fait du Chili un pays isolé sur la scène internationale, un pays dans lequel toutes les conquêtes sociales ont été laminées, où tout est privatisé et où la flexibilité de l'emploi est la règle (avec des journées de travail dont la durée a souvent doublé). Tout cela, nous le vivons quotidiennement. »18

 

Le régime dictatorial a désigné le général Pinochet « Président de la République » le 17 décembre 1974.

 

17 décembre = 17 12

 

17x12 = 204

 

Adolf Hitler – le dirigeant du IIIe REICH – est né un 20 4 (20 avril).

 

Dieu nous fait comprendre que le néolibéralisme mis en place par Pinochet, a permis au RICHE de connaître une « renaissance » car il a pu accaparer une bien plus grande partie des richesses du pays. À l'échelle de la planète, cette accaparement de richesses par une minorité de la population mondiale, condamne des milliards d'êtres humains à vivre dans la MISÈRE.

 

C'est la raison pour laquelle le 17 décembre 1974 – le jour marquant le début de présidence de Pinochet – le Pape François fêtait ses 38 ans.

 

Le département 38 est celui de l'ISÈRE.

 

ISÈRE = MISÈRE

 

À travers le Pape ARGENTIN, Dieu nous révèle ainsi que le néolibéralisme crée la MISÈRE en permettant à César : le RICHE – d'accaparer la majeure partie de l'ARGENT sur Terre.

 

Les théories néolibérales de Milton Friedman ont été mises en œuvre par le général PINOCHET après le renversement du régime socialiste de SALVADOR ALLENDE.

 

SALVADOR signifie SAUVEUR en espagnol.

 

ALLENDE = 1x12x12x5x14x4x5 = 201600

 

2016 = TAF

 

Dieu nous indique le TAF à effectuer pour SAUVER l'humanité.

 

00 = ce sont des yeux.

 

Nous devons ainsi regarder les signes que Dieu nous envoie.

 

PINOCHET = PIN TECHO

 

PIN = 16x9x14 = 2016

 

2016 = TAF

 

 TECHO signifie PLAFOND en espagnol.

 

Dieu nous fait ainsi comprendre que notre TAF est d'instaurer un PLAFOND de revenus à ne pas dépasser afin de SAUVER l'humanité car actuellement des milliards d'êtres humains vivent dans la MISÈRE et des millions d'entre eux en meurent chaque année.

Pourtant, jamais le monde n’a produit autant de richesses qu’à l’heure actuelle. Si cette richesse était répartie de manière égale entre tous et partout dans le monde, une famille avec trois enfants disposerait d’un revenu de 2.870 euros par mois et d’un patrimoine (épargne, valeur du logement…) de 125.000 euros.

Or, actuellement, un être humain sur trois ne dispose pas de dispositif sanitaire de base, et un sur quatre n’a pas accès à l’électricité. Un sur sept vit dans un bidonville, un sur huit a faim et un sur neuf n’a pas accès à l’eau potable.19

 

« Une étude réalisée en 2015 par l’Institut de Développement d’Outre-mer (ODI) sis à Londres, indiquait que le nombre des personnes qui survivent avec moins de 1,25 dollars par jour dans le monde était susceptible d’être beaucoup plus élevé que le chiffre déjà stupéfiant de 1,2 milliard fourni par la Banque mondiale.

Si, comme l’affirmait le rapport, les chiffres mondiaux de la pauvreté étaient ''sous-estimés d’un quart'', alors plus de 2,5 milliards de personnes, soit plus d’un tiers de la population mondiale, survivent avec moins de 2 dollars par jour.

Les couches les plus défavorisées de la société – ceux qui sont sans abri ou qui vivent dans des situations dangereuses au point que les chercheurs ne peuvent pas les atteindre – ne sont pas comptabilisées par les recensements qui, de par leur conception, sont incapables de les comptabiliser.

Si l’on devait définir la pauvreté comme le fait de vivre avec moins de 5 dollars par jour, plus de 4 milliards de personnes, soit les deux tiers de la population mondiale, entrerait dans cette catégorie, selon les estimations de la Banque mondiale.

Pendant ce temps, les multimillionnaires et milliardaires du monde dont les actions en bourse sont en hausse vertigineuse, dépensent sans compter pour s’acheter supervoitures, yachts et appartements de luxe en nombre jamais vus. Alors que la politique monétaire menée par les banques centrales du monde injecte des quantités inimaginables d’argent dans les coffres d’une aristocratie financière parasitaire, la majeure partie de l’humanité se bat pour survivre au milieu de la pauvreté, de l’austérité et de la guerre.

Le magazine Forbes a rapporté que la valeur nette combinée des milliardaires de la planète avait atteint en 2015 le nouveau sommet de 7 000 milliards de dollars. Depuis 2000, la richesse totale des milliardaires du monde a été multipliée par huit. Le magazine a signalé que, ''Malgré la chute des prix du pétrole et un euro affaibli, les rangs des riches n’ont cure de la tourmente économique mondiale et se sont gonflés encore une fois.'' »20

Le problème n’est donc pas qu’il n’y a pas assez de richesse, mais que celle-ci est répartie de manière scandaleusement inégale.

 

Ainsi, à travers Salvador Allende et Augusto Pinochet, Dieu nous indique le TAF à effectuer pour SAUVER la vie de millions d'êtres humains chaque année – en instaurant sur l'échelle de la planète un PLAFOND de revenus à ne pas dépasser – afin que les richesses soient équitablement redistribuées entre chaque être humain. C'est LA solution pour SAUVER le monde car lorsque les hommes ne pourront plus s'enrichir, ils ne mèneront plus de guerres impérialistes aux quatre coins du monde et ils arrêteront de détruire l'environnement, ce qui sauvera ainsi notre planète.

 

Dieu nous fait donc comprendre que nous SAUVERONS le monde en interdisant à l'homme de devenir RICHE, et il nous donne LA solution à travers PINOCHET, l'homme qui a mis en œuvre, pour la première fois au monde : le néolibéralisme, dont le message central est : « ENRICHISSEZ-VOUS ! »

 

La mise en place d'un PLAFOND de revenus à ne pas dépasser est l'exact opposée de l'idéologie néolibérale. Milton Friedman considérait notamment que l'instauration d'un salaire maximum réduirait l'incitation à innover et ce recul serait problématique selon lui car l'innovation est une source de croissance économique.21

Or nous n'avons pas besoin de croissance, il y a suffisamment de richesses sur Terre, le problème c'est la redistribution de ces richesses, donc nous devons instaurer un PLAFOND maximum de revenus à ne pas dépasser, pour que toutes les richesses soient équitablement redistribuées entre chaque être humain. C'est la voie à suivre pour que chacun ait un TAF dignement rémunéré.

 

Nous SAUVERONS ainsi l'humanité en fixant à l'échelle de la planète, un PLAFOND de ressources à ne pas dépasser, de l'ordre, par exemple, de 2 870 euros par mois pour que partout dans le monde, toutes les familles puissent disposer de ce revenu tous les mois. Ce qui signifie qu'aucun être humain ne pourra avoir de revenus supérieurs à 2 870 euros par mois. À partir du moment où en France nous adopterons une telle mesure, nous pourrons enfin proclamer que nos valeurs sont l'égalité, la liberté et la fraternité.

Effectivement, ne pas avoir la liberté de s'enrichir permettra à tous les citoyens d'avoir la liberté de vivre dignement.

 

L'actuel président de la République est Emmanuel MACRON.

 

Le MAÇON construit le PLAFOND de chaque pièce d'une maison.

 

Il y a un R en plus à MACRON par rapport au mot MAÇON.

 

R = 18

 

18 = AH = ce sont les initiales d'Adolf Hitler : le dirigeant du IIIe REICH.

 

REICH = RICHE

 

Le chef-lieu du département 18 est la ville de BOURGES.

 

BOURGES = RICHES

 

La lettre R symbolise ainsi le RICHE.

 

Dieu a supprimé la lettre R à MAÇON  par rapport à MACRON, car il nous fait comprendre que nous devons supprimer le RICHE en construisant un PLAFOND de revenus à ne pas dépasser pour redistribuer équitablement les richesses de la Terre entre chaque être humain.

 

Pour construire ce PLAFOND, nous devons devenir MAÇON en prenant la place du président de la République.

 

Nous obtiendrons ce TAF en nous unissant politiquement le jour de l'élection présidentielle pour prendre le pouvoir en main.

 

 

Au Chili, à l'origine, SALVADOR Allende exerçait le métier de médecin donc à travers lui, Dieu nous donne la solution pour guérir le monde. Allende a été porté au pouvoir par l'UNITÉ POPULAIRE, une coalition de partis de gauche. Par conséquent, Dieu nous révèle que nous SAUVERONS le monde grâce à l'UNITÉ politique de tous les PEUPLES – qui instaureront un PLAFOND de revenus à ne pas dépasser afin de redistribuer équitablement les richesses de la Terre entre chaque être humain.

 

Salvador Allende s'est suicidé le 11 septembre 1973 suite au coup d'État du général Pinochet.

 

Le département 73 est celui de la SAVOIE.

 

Dieu nous indique ainsi SA VOIE à suivre pour SAUVER l'humanité.

 

Le 11 septembre est une date symbolique car 28 ans après le coup d'État de Pinochet, les Tours du Wold Trade Center se sont écroulées.

 

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Ces deux Tours avaient été inaugurées le 4 avril 1973, l'année du coup d'État du général Pinochet.

 

L'architecte des Tours jumelles est Minoru Yamasaki. Il est né le 1er décembre 1912.

 

1912 = AIL

 

1er décembre = 1 12

 

1x12 = 12

 

12 = L = AILE

 

L'architecture des Tours symbolisait la puissance, l'arrogance, le pouvoir, l'argent, c'est-à-dire le message délivré par le néolibéralisme : « L'ARGENT vous donnera des AILES » ; car en construisant des tours giganstesques, vous pouvez toucher le ciel mais il faut de l'argent pour les construire et seuls les plus riches peuvent siéger au sommet.

 

« Al-Qaïda » signifie « la BASE » en arabe.

 

Le 11 septembre 2001, la BASE de la Tour s'est révoltée contre le sommet en démontrant ainsi que l'argent génère la haine entre les hommes.

 

Ces Tours symbolisaient le néolibéralisme car cette idéologie a fait exploser les inégalités entre les hommes, par conséquent, les riches sont devenus beaucoup plus riches et c'est pourquoi, actuellement, les tours se multiplient dans le monde entier en atteignant des records de hauteur, symbolisant la hauteur de la fortune des riches, et donc l'écart phénoménal de richesse entre les riches au sommet et les pauvres à la BASE.

 

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Al-Qaïda signifie la BASE en arabe, alors à travers Pinochet qui a pris le pouvoir un 11 septembre, Dieu nous demande de détruire les Tours, c'est-à-dire de détruire les injustices sociales en éradiquant le néolibéralisme afin que tous les hommes siègent à la même hauteur, à la BASE, sur un pied d'égalité.

 

Dieu nous demande ainsi de détruire les Tours avec le MOT « PLAFOND » car nous obtiendrons la PAIX dans le monde avec les MOTS.

 

Les Tours du World Trade Center ont été inaugurées le 4 avril 1973, et le coup d'État de Pinochet s'est déroulé le 11 septembre 1973, c'est-à-dire 5 mois et 7 jours après l'inauguration des Tours.

 

La durée de 5 mois et 7 jours est symbolique : le département 57 étant celui de la MOSELLE.

 

MOSELLE se prononce MOTS AILES

 

Dieu nous révèle ainsi que les MOTS donnent des AILES car en votant pour inscrire le MOT « PLAFOND » dans la loi – afin de partager équitablement les richesses – nous pourrons nous envoler un jour au paradis.

 

Par conséquent, Dieu nous fait comprendre que la dernière chose que nous verrons avant de mourir ne sera pas un PLAFOND. Je vous rappelle la réplique du film Naissance des pieuvres : « Quand on y pense, le PLAFOND, c’est sûrement le dernier truc que voient plein de gens. Au moins 90 % des gens qui meurent, tu crois pas ? C’est sûr. En plus, quand tu meurs, la dernière chose que tu vois elle reste imprimée dans ton œil, un peu comme une photo. T’imagines le nombre de personnes qui ont des PLAFONDS dans les yeux. »

 

Dieu nous révèle ainsi qu'en votant pour inscrire le MOT « PLAFOND » dans la loi, notre dernière vision ne sera pas un PLAFOND puisque ce MOT nous permettra d'obtenir les AILES qui mènent au paradis.

 

Je rappelle le signe initial : Les Tours du World Trade Center ont été inaugurées le 4 avril 1973, et le coup d'État de Pinochet s'est déroulé le 11 septembre 1973, c'est-à-dire 5 mois et 7 jours après l'inauguration des Tours.

Dieu met également en lumière le chiffre 57 car le chef-lieu du département 57 est la ville de METZ.

Un METS est un plat servi lors d'un repas, donc en associant l'inauguration des Tours – qui symbolisent l'injustice sociale – à l'inauguration du néolibéralisme à partir du coup d'État de Pinochet, Dieu nous demande de détruire les Tours de l'injustice sociale en éradiquant le néolibéralisme pour permettre à tous les êtres humains sur Terre de manger à leur faim ; nous devons ainsi établir un PLAFOND de revenus à ne pas dépasser pour que les richesses mondiales soient équitablement redistribuées entre tous les habitants de la planète.

 

Les Tours du Word Trade Center ont été inaugurées le 4 avril 1973.

 

4 avril = 44

 

Jules César est mort en 44 av. J.-C.

 

Dieu nous demande ainsi de tuer démocratiquement César : le RICHE qui construit les tours et fait exploser les inégalités entre les hommes – en condamnant des milliards d'êtres humains à vivre dans la misère.

 

Les TOURS du World Trade Center ont donc été inaugurées le 4 avril 1973, et le coup d'État de Pinochet s'est déroulé le 11 septembre 1973, c'est-à-dire 5 mois et 7 jours après l'inauguration des Tours.

 

5 mois et 7 jours = 5 7

 

L'homme le plus RICHE du monde est Elon MUSK.

 

MUSK = 13x21x19x11 = 57057

 

Dieu met ainsi en lumière le chiffre 57 qui symbolise la TOUR de l'injustice sociale.

 

Elon Musk est le fondateur de l'entreprise TESLA.

 

TESLA = 20x5x19x12x1 = 22800

 

Minoru Yamasaki – l'architecte des TOURS du World Trade Center – est né à SEATTLE.

 

Bill Gates – qui fut l'homme le plus RICHE du monde pendant de nombreuses années – est également né à SEATTLE.

 

SEATTLE = 19x5x1x20x20x12x5 = 2280000

 

2280000 = 22800 00

 

00 = ce sont des yeux car Dieu nous demande de regarder le nombre 22800.

 

Je rappelle qu'Elon Musk – l'homme le plus RICHE du monde – est le fondateur de TESLA.

 

TESLA = 22800

 

La ville de SEATTLE est surnomée « Rainy City » : « la ville de la PLUIE » en anglais.

 

La PLUIE symbolise l'EAU de la nouvelle Alliance.

 

Dieu nous révèle ainsi que l'Alliance de l'EAU nous impose de détruire la TOUR de l'injustice sociale en instaurant un PLAFOND de revenus ne dépassant pas 22 800 euros par an : c'est-à-dire 1 900 euros net par mois.

 

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Le 24 avril 2015, lors du journal de 20H de France 2, cette journaliste nous apprenait que les Français gagnaient en moyenne 28200 euros par an.

 

28200 = 22800

 

Dieu nous fait ainsi comprendre que nous devons tous gagner 22 800 euros par an maximum.

 

Cette journaliste nous donnait cette information en 2015.

 

2015 = 20 15

 

20 = VIN

 

15 = O = EAU

 

Dieu remplace ainsi l'Alliance du VIN avec Jésus par celle de l'EAU qui nous impose de lutter pour la construction d'un monde égalitaire.

 

 

28 ans séparent le 11 septembre 1973 : le coup d'État du général Pinochet – et le 11 septembre 2001 : la destruction des Tours du World Trade Center.

 

Le département 28 est celui de l'EURE-et-LOIR.

 

LOIR = LOI R

 

R = 18

 

18 = AH = ce sont les initiales d'Adolf Hitler : le dirigeant du IIIe REICH.

 

La lettre R symbolise ainsi le RICHE.

 

Dieu nous fait comprendre qu'il est l'HEURE de changer la LOI en instaurant un plafond de revenus à ne pas dépasser pour supprimer le RICHE.

 

Le chef-lieu du département 28 est la ville de CHARTRES.

 

Une CHARTE est un acte juridique.

 

Dieu multiplie les signes pour nous dire qu'il est l'HEURE de changer la LOI.

 

Le maire de CHARTRES est Jean-Pierre Georges. Il est né un 3 août à GONESSE.

 

3 août = 3 8

 

GONESSE = GENOVESE

 

En 1964, Kitty GEVOVESE a été assassinée en pleine rue devant 38 témoins, qui ne sont pas intervenus pour la sauver.

 

Le département 38 est celui de l'ISÈRE.

 

ISÈRE = MISÈRE

 

Actuellement, la MISÈRE tue des millions d'êtres humains chaque année et quasiment personne n'intervient pour les sauver.

 

Le maire de Chartres est né en 1953.

 

1953 = SEC

 

Un enfant est tué par la pauvreté toutes les 5 secondes car devant ce massacre aucune larme ne coule sur le visage des hommes, les yeux restent SECS, alors personne n'agit pour sauver ces enfants, étant insensibles à leur mort.

 

À travers le maire de CHARTRES, Dieu nous demande de rédiger une nouvelle CHARTE, c'est-à-dire une nouvelle LOI, afin d'éradiquer la MISÈRE en PLAFONNANT les revenus de tous les hommes sur Terre.

 

Le maire de Chartes s'appelle Jean-Pierre GEORGES car la planète REGORGE de richesses mais elles sont accaparées par une minorité – donc nous devons PLAFONNER les revenus pour que les richesses soient redistribuées entre nous tous.

 

Le chiffre 38 est symbolique :

 

3x8 = 24

 

Le chef-lieu du département 24 est la ville de PÉRIGUEUX.

 

Un GUEUX est une personne qui vit dans la MISÈRE.

 

Le GUEUX PÉRI par millions chaque année car les richesses de la Terre ne sont pas équitablement redistribuées entre les hommes.

 

Kitty Genovese a été assassinée le 13 mars 1964 sous les yeux de 38 témoins qui n'ont rien fait pour la sauver.

 

Le chef-lieu du département 64 est la ville de PAU.

 

Des centaines de millions de PAU-VRES ont la « PAU sur les os » puisque nous ne faisons rien pour les SAUVER de la MISÈRE.

 

13 mars = 13 3

 

13 3 = CA C

 

C A C se prononce C'EST ASSEZ.

 

Dieu nous dit « C'EST ASSEZ », rédigez une CHARTE universelle afin de PLAFONNER les ressources de chaque habitant sur Terre pour que tous les hommes puissent vivre dignement.

 

Dieu nous transmet ce message à travers le CHILI.

 

CH = 38

 

ILI = 9+12+9 = 30

 

Le chef-lieu du département 30 est la ville de NIMES.

 

Dieu nous demande ainsi d'écrire une CHARTE universelle avec les MINES de nos stylos.

 

Tous les peuples doivent établir cette CHARTE pour SAUVER l'humanité.

 

Dieu nous transmet ce message à travers SALVADOR ALLENTE et Augusto PINOCHET.

 

PINOCHET = PIN TECHO

 

TECHO signifie PLAFOND en espagnol.

 

PIN = 16x9x14 = 2016

 

PAIN = 16x1x9x14 = 2016

 

LOI = 12x15x9 = 1620 = 2016

 

Ce site internet a été mis en ligne en 2016, donc depuis 2016, Dieu redescend sur Terre pour nous demander d'inscrire dans la LOI un PLAFOND universel de ressources à ne pas dépasser afin de partager équitablement le PAIN entre tous les hommes sur Terre.

 

ALLENDE = 1x12x12x5x14x5 = 201600

 

201600 = 2016 00

 

SALVADOR signifie SAUVEUR en espagnol.

 

Depuis 2016, Dieu nous donne ainsi la solution pour SAUVER des milliards d'êtres humains en éradiquant la misère.

 

00 = ce sont des yeux.

 

Dieu nous fait comprendre que cette mesure est VISIONNAIRE car elle nous permettra de SAUVER l'humanité, à commencer par SAUVER l'environnement et la vie de centaines de millions d'êtres humains dans les prochaines années.

 

CHILI = CH ILI

 

ILI = 9+12+9 = 30

 

Le chef-lieu du département 30 est la ville de NIMES.

 

CH+MINES = CHEMINS

 

À travers le CHILI – Dieu nous fait ainsi comprendre que dans Le CHEMIN lumineux – il nous indique CHEMIN à suivre pour SAUVER l'humanité – en établissant une CHARTE universelle qui plafonne les revenus de chaque être humain.

 

Le magazine Forbes précisait que la valeur nette combinée des milliardaires de la planète avait atteint en 2015 le nouveau sommet de 7 000 milliards de dollars.

 

Si les peuples avaient établi une CHARTE plafonnant les revenus de tous les hommes à hauteur maximum de 22 800 euros par an, les 7 000 milliards auraient pu être équitablement redistribués entre tous les habitants de la Terre.

 

Avec 7 000 milliards de dollars, nous pourrions éradiquer la malnutrition dans le monde pendant 350 ans.

 

Un enfant meurt de pauvreté toutes les 5 secondes car aucune loi ne PLAFONNE les revenus des hommes donc Dieu nous donne la solution pour SAUVER ces enfants, à travers le pays dans lequel le néolibéralisme a été imposé pour la première fois, de manière violente, reflétant ainsi la violence de cette idéologie criminelle.

 

Les États-Unis ont joué un rôle majeur pour renverser le régime socialiste de Salvador Allende. En effet, « peu de temps après son élection, le président Richard Nixon, après avoir soutenu farouchement l’opposition à l’Unité Populaire (UP), chargea son secrétaire d’État Henry Kissinger de préparer un plan pour ''faire hurler l’économie chilienne''. Étant donné que Washington avait échoué à faire barrage à Salvador Allende dans les urnes, il fallait désormais trouver de nouvelles combines pour renverser le président démocratiquement élu. On utilisa donc l’économie comme arme de destruction massive. Le but était de créer des crises à répétition, d’organiser des pénuries, d’instaurer le chaos... Bref, il fallait créer un sentiment de mécontentement au sein de la société chilienne pour délégitimer le gouvernement populaire de Salvador Allende et ainsi le pousser vers la sortie.
Pour cela, les États-Unis s’appuyèrent sur ses alliés de l’oligarchie chilienne. Tout d’abord, cette dernière, qui avait perdu son pouvoir politique mais qui gardait encore son hégémonie économique, entama une guerre sans merci contre le gouvernement et en définitive contre le peuple chilien. Un petit groupe de capitalistes était alors les ''propriétaires'' du Chili. Il s’agissait de la richissime famille Edwards qui détenait notamment le journal El Mercurio, un quotidien qui joua un rôle central dans le renversement du président Allende, de la célèbre famille Matte Perez ainsi que de José Alessandri, ancien président chilien, qui devint après sa défaite contre Salvador Allende en 1970 le président de la puissante entreprise de la Compagnie Manufacturière de Papiers et de Cartons (CMPF).
Tous ces puissants bourgeois à la solde des États-Unis qui dominaient alors le Chili étaient chargés de ''faire hurler l’économie chilienne''. Pour cela, ils utilisèrent une arme très performante : la spéculation et l’accaparement. Il s’agissait alors de produire ou d’importer des marchandises mais de ne pas les mettre en vente. Ces dernières étaient stockées dans d’immenses hangars. On spéculait sur tous types de produits mais spécialement sur ceux de première nécessité comme le papier toilette, les œufs, la farine, le sucre, le lait, le riz... Toutes sortes de produits basiques dont les Chiliens avaient besoin pour vivre convenablement. Ces pénuries n’étaient donc pas la conséquence de l’incompétence du gouvernement ou d’un manque de production. Non, elles étaient soigneusement orchestrées par les maîtres de l’économie chilienne largement soutenue par les États-Unis.
Comme l’a affirmé l’ancien vice-président de la Banque Centrale chilienne, Hugo Fazio : ''Si on étudie les chiffres de l’économie chilienne de cette période (1970-1973), la production chilienne n’a jamais diminué, donc de ce point de vue, on ne pouvait pas expliquer le désapprovisionnement''.
José Cadermatori qui fut nommé ministre de l’économie en 1973 par le président Allende confirme les propos d’Hugo Fazio : ''Le volume de la production se maintenait mais le problème, c’est que les produits n’étaient pas mis en vente. Ils étaient accaparés, cachés, pour ainsi spéculer sur ces derniers ou bien pour des raisons purement politiques''. Tous ces produits qui disparaissaient mystérieusement réapparurent à la suite du coup d’État et de la prise de pouvoir du dictateur Pinochet.

De leur côté, les États-Unis étaient prêts à tout pour en finir avec celui que Nixon qualifiait de ''fils de pute'', en l’occurrence Salvador Allende. Des grossièretés qui témoignent de la haine immense que Washington portait au gouvernement populaire chilien.

Dès 1970 donc, de nombreuses banques états-uniennes bloquèrent les crédits au secteur bancaire chilien. À la fin de l’année 1970, c’est au tour de la Banque Mondiale sous contrôle des États-Unis de stopper ses crédits à Santiago. Washington faisait également pression sur ses alliés européens pour que ces derniers n’investissent pas au Chili. Et puis on pourrait citer le sabotage électrique de 1972 ou encore le financement par le gouvernement états-unien de la grève des camionneurs qui paralysa tout le territoire chilien.

Ainsi, pendant tout le mandat de Salvador Allende, les agressions économiques ne faiblirent pas. Il fallait absolument faire plier un gouvernement qui avait osé s’attaquer aux intérêts états-uniens dans le pays en nationalisant, et ce fut le plus grand ''crime'' que commit Allende, les gigantesques mines de cuivre alors sous contrôle des multinationales états-uniennes. »22

 

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L'agression militaire succéda aux agressions économiques. Ainsi, le 11 septembre 1973, le coup d'État militaire amena Pinochet au pouvoir. En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes, travailleurs, paysans, militants et suspects furent arrêtés, parqués dans des stades, des terrains vagues.

 

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Beaucoup furent torturés, des milliers furent exécutés. La mort d'Allende, dont on apprit plus tard qu'il s'agissait d'un suicide, fut annoncée.

Il s'agissait de briser par la terreur toute velléité de résistance des classes populaires. La gauche et le mouvement ouvrier chiliens étaient écrasés. Le peuple chilien entrait dans les ténèbres d'une dictature qui allait durer dix-sept ans.23

Voilà de quelle manière le néolibéralisme a été imposé pour la première fois au monde.

 

Le Chili fut ainsi le premier pays à instaurer les mesures néolibérales préconisées par Milton Friedman et l'École de Chicago. « D'abord, le gouvernement devait éliminer l'ensemble des règles et règlements qui entravaient la réalisation de profits. Ensuite, il devait vendre tous les actifs que des entreprises privées pouvaient administrer à profit. Enfin, il devait réduire de façon draconienne le financement des programmes sociaux. À propos de cette démarche en trois temps – déréglementation, privatisation, réduction des dépenses –, Friedman fournissait d'amples détails. Les impôts, s'il en faut, doivent être réduits au minimum ; les riches et les pauvres doivent être assujettis au même taux uniforme. Les sociétés doivent pouvoir vendre leurs produits dans le monde entier, et les gouvernements ne doivent rien faire pour protéger la propriété et les industries locales. Tous les prix, y compris celui de la main-d'œuvre, doivent être déterminés par le marché, sans salaire minimum fixé par la loi. Friedman préconisait la privatisation des services de santé, de la poste, de l'éducation, des caisses de retraite et même des parcs nationaux.(...) Et il ne s'arrêtait pas là – il revendiquait l'expropriation de tout ce que les travailleurs et les gouvernements avaient bâti au cours des décennies de travaux public frénétiques. Les actifs dont Friedman pressait le gouvernement de se départir étaient le produit d'années d'investissements de savoirs et de fonds publics. D'où leur valeur. Pour Friedman, cette richesse collective devait être, pour une raison de principe, cédée au secteur privé. »24

 

Cette thérapie de choc néolibérale débuta en 1973, lorsque le coup d'État de Pinochet mit fin aux mesures du gouvernement de l'Unité Populaire, qui à l'inverse, avait mis en place la participation des travailleurs dans les entreprises (cogestion) ; la juste redistribution des terres par la réforme agraire ; l'augmentation des salaires ; la nationalisation des banques et de certaines entreprises ; la nationalisation du cuivre ; et la distribution d'un demi-litre de lait par enfant chaque jour. À ceux qui avaient souri de son slogan : « un demi-litre de lait par jour à chaque enfant chilien », Allende avait répondu : « Je renvoie les rieurs à leur ignorance. Savent-ils comment vit le peuple chilien ? Sont-ils allés au fond des campagnes et dans les bidonvilles ? Savent-ils que 600 000 petits chiliens sont anormaux parce qu’ils ont souffert de la faim ? Quand j’étais ministre de la santé, j’avais déjà proposé que les enfants reçoivent jusqu’à l’âge de six ans leur lait gratuit dans les services de l’État. Je veux que, dans le service de santé que nous allons créer, les travailleurs et leurs familles soient assistés médicalement. Le meilleur investissement que peut faire un peuple, c'est de nourrir et éduquer ses enfants. »25

 

La révolution d'Allende était pacifique et démocratique, elle s'inscrivait dans le respect des institutions existantes afin de protéger et développer les acquis sociaux, rendre la société propriétaire de l’essentiel des moyens de production et promouvoir la culture.

 

Allende a refusé d'armer son peuple contre la bourgeoisie chilienne, qui elle, fut armée jusqu'aux dents par les États-Unis. Pacifiste jusqu'au bout, Allende déclara : « Le peuple doit se défendre, mais pas se sacrifier ». Mais face à des adversaires décidés à employer la violence, les sentiments démocratiques n'ont pas suffi et la révolution socialiste a été écrasée par la bourgeoisie chilienne. Les doctrines néolibérales ont donc été instaurées dans le sang par les Chicago Boys de Milton Friedman. La dictature militaire leur offrit une « discrétion totale qui leur permis d'agir à leur guise en utilisant les Chiliens comme des souris de laboratoire. Privatisations, restitutions des terres à leurs anciens propriétaires, révisions du droit de travail dans un sens systématiquement défavorable aux salariés, système de retraite abandonné à des fonds de pension privés, couplage du peso et du dollars ; ce fut la fête du marché et de la mitraillette. »26

 

Salvador Allende était l'opposé de Miton Fredman, ils étaient le jour et la nuit. Or Dieu a décidé de donner les pleins pouvoirs au diable donc le néolibéralisme de Friedman a écrasé par la force le socialisme de l'Unité Populaire.

L'idéologie de Milton Friedman règne actuellement dans la plupart des pays du monde donc cet homme est malheureusement le prophète de notre époque contemporaine.

L'Histoire a un sens alors nous devons tirer les leçons de l'échec de la révolution socialiste chilienne pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.

« Salvadore Allende est aujourd'hui célébré à gauche comme un martyr victime de la réaction et des violences militaires, mais c'est une partie de la réalité. La politique réformiste d'Allende et des partis de l'Unité populaire se voulait respectueuse de la bourgeoisie, de la propriété capitaliste, mais aussi de l'armée, des institutions et de l'ordre bourgeois. Face à la réaction militaire, appuyée par la bourgeoisie chilienne et par l'impérialisme américain, ils excluaient de faire appel à une mobilisation populaire qui serait alors devenue révolutionnaire. Ce faisant, ils conduisaient consciemment les travailleurs à l'abattoir.

Le suicide d'Allende, préférant se donner la mort plutôt que d'organiser la lutte du peuple qui l'avait soutenu, reste aussi le symbole de l'impasse du réformisme. »27

Lorsque nous prendrons le pouvoir en main en obtenant plus de 50 % des voix le jour de l'élection présidentielle, une révolte armée des capitalistes n'est pas à exclure, en tout cas, aucune révolte armée des plus riches ne pourra renverser un peuple uni. Donc quelques soient les menaces, nous exproprierons les capitalistes de l'économie, nous plafonnerons les revenus de chaque citoyen, nous détruirons la bureaucratie militaire et nous resterons constamment solidaires face à la contre-révolution qui sera forcément organisée, de manière violente ou non, par l'oligarchie capitaliste mondiale.

Comme l’écrit Franck Gaudichaud : « Si l’Unité populaire continue à nous interpeller, c’est qu’elle raconte les difficultés d’un changement radical de société et d’une démocratisation pleine et entière à tous les niveaux, qui puissent réconcilier émancipation et représentation, participation démocratique et appropriation sociale […] Ceci sans nous faire oublier que, dans un tel moment de polarisation, une élite menacée dans ses intérêts fondamentaux est capable de s’appuyer sur le terrorisme d’État et l’interventionnisme de puissances étrangères pour rétablir ses privilèges. »28

 

PINOCHET = PIN

 

PIN = 16x9x14 = 2016

 

ALLENDE = 1x12x12x5x14x4x5 = 201600

 

201600 = 2016 00

 

00 = ce sont des yeux.

 

Depuis 2016, Dieu redescend sur Terre pour nous demander de regarder l'Histoire, l'étudier, l'analyser, afin de nous servir des erreurs des révolutions passées pour anticiper et éviter les coups que la bourgeoisie et les capitalistes essaieront de nous infliger afin de mettre un terme à notre révolution. Comme le disait Karl Marx : « Qui ne connaît pas l'Histoire est condamnée à la revivre ».

 

 

SALVADOR signifie SAUVEUR en espagnol.

 

Depuis 2016, Dieu nous demande de SAUVER le monde en renversant le capitalisme.

 

Tu dois donc choisir ton prophète : Milton Friedman et la religion néolibérale, qui te promet que l'enrichissement personnel te donnera des ailes, ou la révolution humaniste qui te permettra d'obtenir la vie éternelle en combattant la dictature du roi Argent.

 

Milton Friedman est né le 31 juillet 1912 (31 7 1912).

 

31x7 = 217

 

217 = BAG

 

La BAGUE de mariage est une ALLIANCE.

 

1912 = AIL

 

La grande partie de la classe politique et les médias te font croire que l'ALLIANCE avec le néolibéralisme te donnera des AILES en t'apportant la prospérité, or c'est un mensonge, cette ALLIANCE t'apportera avant tout l'exploitation, la précarité, l'injustice – et si tu fais partie de la minorité qui s'enrichit, tu creuseras ta tombe car les riches ne vont pas au paradis ; alors ne crois pas les néolibéraux quand il essayent de te faire croire que l'argent te donnera des AILES.

 

N'oublie pas que cette idéologie a été mise en œuvre pour la première fois par PINOCHET, et les médias aux ordres nous disent constamment que le néolibéralisme est la meilleure des idéologies parce que de toute façon : « il n'y a pas d'autre alternative ».

 

Les néolibéraux mentent, ce sont des PINOCCHIO.

 

PINOCCHIO est un personnage de fiction dont le nez s'allonge quand il ment.

 

PINOCHET = PINOCHIO

 

Dieu veut te faire comprendre que les défenseurs du néolibéralisme dans les médias sont des menteurs.

 

PINOCCHIO = CHIO

 

La démocratie est née à CHIO.

 

Les électeurs votent pour le néolibéralisme car ils croient les mensonges des hommes politiques et des journalistes qui sont aux mains des puissances de l'argent.

 

PIN = 2016

 

Depuis 2016, Dieu te donne les clés pour comprendre leurs techniques de manipulations puisque ces PINOCCHIOS n'ont pas le nez qui s'allongent quand ils mentent alors tu as besoin d'un guide pour démasquer les menteurs.

 

Les néolibéraux te diront éventuellement à travers les médias qu'ils contrôlent, que l'instauration d'un PLAFOND universel de revenus à ne pas dépasser ne permettra pas à des milliards de pauvres de sortir de la misère ; alors s'ils font ce genre de déclaration, c'est qu'ils sont vraiment des menteurs : des PINOCCHIOS.

Car il est évident que si les 171 milliards de Bernard Arnault, les 90 milliards de Françoise Bettencourt ou les 10 milliards de Xavier Niel, étaient équitablement redistribués, nous pourrions sortir 10 millions de Français de la pauvreté. Et appliqué à l'échelle de la planète, le PLAFOND sortirait des milliards d'êtres humains de la misère.

 

En 2016, les 10 plus grandes fortunes de France disposaient d'une fortune cumulée de 180 milliards d'euros.

Qui va nous faire croire que laisser 180 milliards d'euros entre les mains de 10 personnes profite à la majorité des Français ? Car c'est quand même ce qu'ils nous disent régulièrement dans les médias !

 

Le néolibéralisme est fondé sur la « théorie du ruissellement », selon laquelle l'enrichissement d'une minorité profite à la majorité, les richesses étant supposées ruisseler du haut vers le bas, mais cette théorie est fausse, depuis 40 ans, les richesses restent uniquement en haut et les 10 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté sont là pour nous le prouver. C'est pourquoi les médias et une partie de la classe politique essayent de nous faire croire que les Français les plus pauvres sont des fainéants, des assistés qui ne veulent pas travailler, vu que les dominants ne veulent pas nous donner la vraie raison de la pauvreté, à savoir que les richesses sont accaparées par en haut, par conséquent, elles ne peuvent pas ruisseler vers le bas ; la richesse des uns se nourrit ainsi de la pauvreté des autres.

 

NÉO = 14x5x15 = 1050

 

1050 = 10 05 = JE

 

Le NÉO-libéralisme fait l'apologie du « JE » car cette idéologie donne les clés de l'économie à la minorité qui possède l'argent – les capitalistes – dont l'enrichissement individuel est censé apporter la prospérité au plus grand nombre.

 

1050 = 10 05

 

10 05 = 10 mai

 

Le 10 mai est la journée commémorative de l'abolition de l'esclavage.

 

Dieu nous révèle que nous sommes les esclaves du NÉO-libéralisme, cette idéologie soumettant 8 milliards d'êtres humains au pouvoir de ceux qui possèdent les capitaux ; alors que ce sont les travailleurs du monde entier qui produisent toutes les richesses mondiales mais elles sont accaparées en grande majorité par le capitaliste, ce qui condamne des milliards d'êtres humains à vivre dans la misère et des centaines de millions de travailleurs à être au chômage.

 

En France, en 1983, il y avait 1,5 million de chômeurs, et après 40 ans de néolibéralisme, nous sommes rendus à 3,5 millions de chômeurs sans aucune activité, et 6 millions de chômeurs si on prend en compte ceux qui ont eu une petite activité (temps partiel, CDD, intérim). Alors que dans le même temps, les riches ont vu leur fortune se démultiplier. Alors « tandis que les grands patrons et les actionnaires se goinfrent de dividendes, de stock options et de retraites chapeau, la masse de la population reçoit et continue de recevoir les foudres de ce système basé sur l’hyper profit de quelques-uns et l’exploitation du plus grand nombre. Les statistiques sont là pour en témoigner. Alors que, dans toute son histoire, la France n’a jamais été aussi riche, on compte plus de 140 000 sans domicile fixe. Selon l’Insee, le taux de pauvreté était de 12,6 % en 2004, il a grimpé à plus de 14 % en 2012. De plus, ce sont plus de 3,5 millions d’individus qui bénéficient de l’aide alimentaire et 3,8 millions de personnes qui perçoivent les minimas sociaux. Et les riches dans tout ça ? Ne nous inquiétions surtout pas pour eux, ils vont très bien ! L’Europe est en récession mais par contre la croissance des milliardaires, elle, est affolante. En effet, selon le magazine Challenges ils étaient 55 en 2013. En 2014, ils étaient 12 de plus. En 2022, il y avait 54 milliardaires de plus. Le patrimoine des 500 fortunes de France se porte bien également. Ce dernier a augmenté de 15 % en 2014, atteignant ainsi les 390 milliards d’euros, et un an plus tard, en 2015, il atteignait 460 milliards d'euros. Puis en 2022, il dépassait les 1 000 milliards d'euros. Et après, on vient nous raconter que l’État est ruiné et qu’il n’a plus d’argent pour assurer les services publics...»29

 

« Déjà au 19eme siècle, plus la bourgeoisie s’enrichissait plus la misère et la pauvreté progressaient à pas de géant, et n’en déplaise au forcené de l’idéologie libérale ce n’est pas le ruissellement de la richesse de la bourgeoisie qui a fait reculer la pauvreté, mais ce sont les luttes sociales et les révoltes ouvrières qui ont réussi à rééquilibrer un tout petit peu le partage des richesses… car de tout temps, ceux qui produisent les richesses n’ont que des miettes, les exploiteurs leur volent tout, protégés par les lois de leur république. Aujourd’hui, cela n’a pas changé, proportionnellement c’est même pire !

Les salariés, sont de plus en plus exploités et aliénés, soumis au matraquage médiatique capitaliste, empêtrés dans les difficultés matérielles, sont désabusés et désorientés. Pour le capital seul compte l’exploitation maximum des salariés, en maintenant les masses dans la peur du chômage, du terrorisme, de l’insécurité permanente, qu’elle soit sociale, physique ou psychologique, et en les abreuvant sans cesse d’images et d’émissions abrutissantes, en les submergeant par un flot continu d’événements sportifs, de films, de reportages ou d’émissions à la con.

Face aux attaques terroristes, le gouvernement a dit que le pays était en guerre, mais la guerre est surtout sociale, car toutes les lois actuelles (retraites, santé, emplois, formation, service public), remettent en cause les droits des salariés (loi Macron), présentés comme des ''freins à l’emploi'' (code du travail), pour ''libéraliser'' l’économie. Le patronat continue de dénoncer le ''coût du travail'', les ''charges'' et les impôts, voulant revenir à la période bénie d’avant le programme du Conseil National de la Résistance.

Oui, il faut proclamer l’état d’urgence, mais l’état d’urgence sociale, car les racines du terrorisme s’enfoncent dans le terreau de la misère. Il faut instaurer des règles strictes, comme fixer un revenu maximum, car le capitalisme prospère sur l’absence de règles, le fameux renard libre dans un poulailler libre ! Toucher à la répartition des profits c’est toucher au socle même du système capitaliste, à la propriété des moyens de production et à l’organisation du travail. La question du partage des richesses est la question fondamentale, à savoir quel type de société nous voulons. La captation de richesses démesurée par quelques-uns au détriment du plus grand nombre est le plus grand hold-up de l’Histoire.30 »

Alors arrêtez de croire et de voter pour PINOCCHIO.

 

Dieu nous a imposé le néolibéralisme pour nous éduquer, il nous fait vivre le pire de chaque idéologie afin que les générations futures ne reproduisent plus jamais les mêmes erreurs. Nous sommes des souris de laboratoire destinées à apporter les remèdes aux générations suivantes. Dieu nous éduque et il nous le prouve avec le nom des deux hommes associés à la mise en œuvre du néolibéralisme dans un pays pour la première fois au monde.

 

PINOCHET = HOCHET

 

Un HOCHET est un jouet d'éveil pour bébé.

 

Le nom maternel de Milton Friedman est LANDAU.

 

Un BÉBÉ est transporté dans un LANDEAU.

 

Nous sommes des bébés car nous vivons au début des années 2000 et un jour, les êtres humains vivront en l'an 900 000, en l'an 10 millions ou en l'an 750 millions.

Nous sommes donc les premiers hommes sur Terre et Dieu nous fait vivre le pire de chaque idéologie afin de nous éduquer pour montrer aux futures générations les failles de la nature humaine. Dieu pousse le LANDEAU et nous devons analyser son éducation. Par exemple, nous savons que si nous poursuivons le modèle productiviste capitaliste, la Terre sera invivable pour les générations futures, et pourtant, nous continuons à voter pour le maintien de ce modèle productiviste, étant indifférents au fait que des êtres humains ne puissent plus habiter notre planète dans le futur. Dieu met en lumière notre égoïsme, nous sommes uniquement centrés sur nous-mêmes, nous manifestons dans la rue notre colère lorsque le gouvernement touche à nos retraites mais nous restons les bras croisés lorsque des millions d'êtres humains meurent de faim chaque année. Par ailleurs, la majeure partie des citoyens préfèrent que des familles de migrants meurent sur les routes plutôt que de les accueillir dans leurs pays.

Dieu éduque ainsi les futures générations en leur montrant les failles de la nature humaine.

 

Concernant le Chili, « quarante ans après sa tragique disparition, que retenir de l’héritage d’Allende ? Tout d’abord, que la révolution est possible lorsque le peuple s’unit et s’organise. Le Chili actuel renoue avec ses luttes historiques et déploie des forces multiples qui convergent dans une critique radicale du modèle politique. Ensuite, que la voie qu’a ouverte Allende est suivie par la "nouvelle gauche" apparue il y a une décennie en Amérique latine. Les gouvernements de Bolivie et du Venezuela, suivis par d’autres États latino-américains, ont tenté de construire une démocratie socialiste et révolutionnaire dans laquelle le peuple est un facteur fondamental et qui exclut la privatisation extrême au profit d’une minorité avide de capital. Enfin, que face à la crise mondiale du capitalisme, la création d’un "nouvel homme" est nécessaire. Salvador Allende et Ernesto Guevara partageaient l’idée que le processus révolutionnaire consistait à transformer l’individu, sa conscience, ses valeurs, ses habitudes et ses relations sociales car le véritable facteur de changement d’une société repose sur ceux qui la composent. Aussi, la base fondamentale du "nouvel homme" est l’éducation grâce à laquelle la société sera basée sur la solidarité humaine plutôt que sur le consumérisme et le profit.

 

Au Chili comme ailleurs, le banditisme financier, l’exploitation irresponsable et criminelle des ressources naturelles et la privatisation des services publics suscitent l’indignation et génèrent d’importantes mobilisations sociales pour plus de justice. Mais au-delà de la colère, la volonté d’un changement de paradigme se précise et l’espoir d’une nouvelle société fondée sur des valeurs humanistes et portée par de nouveaux hommes se dessine. »31

 

Dieu nous donne les solutions pour quitter l'une des époques les plus régressives de l'histoire de l'humanité, à travers des consignes simples à mettre en œuvre : la nationalisation sans indemnité des principaux secteurs de l'économie, l'autogestion des entreprises par les travailleurs, et le plafonnement des revenus.

 

Le nom des idéologies se termine par les lettres « ISME » (communisme, socialisme, libéralisme, néolibéralisme...).

 

Le néolibéral-ISM-e a débuté sous la dictature de PINOCHET.

 

PINOCHET = PIN

 

ISME = SIM

 

Après avoir inséré une carte SIM dans le téléphone portable, nous devons entrer le numéro de code PIN.

 

PIN = 16x9x14 = 2016

 

Depuis 2016, Dieu nous APPELLE pour nous demander de combattre le néolibéralisme afin de le remplacer par une idéologie humaniste, altruiste, solidaire.

 

PAIN = 2016

 

Dieu nous demande simplement de redistribuer équitablement le PAIN entre tous les habitants de la Terre.

 

PINOCHET = PIN OCHET

 

OCHET = 15x3x8x5x20 = 36000

 

Le code postal 36000 est celui de la ville de CHÂTEAUROUX.

 

Depuis 2016, Dieu nous demande de couper la tête des ROIS le jour de l'élection présidentielle afin de prendre le contrôle des CHÂTEAUX et ainsi redistribuer au peuple le PAIN que les ROIS on volé.

 

Le maire de CHÂTEAUROUX est Gil AVEROUS.

 

AVEROUS = AVE SOUR

 

Dieu nous demande de ne pas rester SOURD à son appel et ainsi ne plus dire « AVE César » le jour de l'élection présidentielle.

 

Alors PLAFONNE les revenus de César afin que ce dernier n'ait plus l'argent nécessaire pour accaparer les médias et ainsi manipuler les masses. Nous vivrons enfin dans une démocratie.

 

Et en PLAFONNANT les revenus de César à l'échelle de la planète, tu permettras à des milliards d'êtres humains de vivre dignement.

 

Pour SAUVER l'humanité, César ne doit pas gagner plus de 22 800 euros par mois. Le reste de sa fortune doit être redistribué entre tous les habitants de la Terre.

 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Friedman.jpg.

 

Milton Friedman est mort le 16 novembre 2006 et Augusto Pinochet le 10 décembre 2006.

 

Les deux principaux artisans de la mise en œuvre du néolibéralisme pour la première fois au monde, sont morts à 24 jours d'intervalle.

 

24 se prononce 20 4.

 

Adolf Hitler – le dirigeant du IIIe REICH – est né un 20 4 (20 avril).

 

Dieu associe le néolibéralisme à Adolf Hitler car cette idéologie permet au RICHE d'accaparer la majeure partie des richesses de la Terre en laissant ainsi des millions d'êtres humains mourir de faim et de maladies chaque année.

 

Le chef-lieu du département 24 est la ville de PÉRIGUEUX.

 

Les GUEUX sont des miséreux.

 

Dieu nous fait comprendre que le GUEUX PÉRI par millions chaque année car les richesses mondiales ne sont pas équitablement redistribuées entre chaque être humain.

 

Le néolibéralisme est le contraire du mot partage : il combat la juste redistribution des richesses. Ainsi, « la période néolibérale a été terrible pour les peuples d´Amérique Latine. Le nombre de pauvres dans ce continent est passé de 100 millions en 1980 à 210 millions en 1996. Les taux de malnutrition, de mortalité infantile, de chômage ont explosé. Les États latino-américains ont été bradés sur l'autel des privatisations. Jugez vous-mêmes : 90 milliards de dollars de biens publics sont passés des mains de l´État à la gestion privée entre 1988 et 2003. »32

 

Il est évident que le néolibéralisme est la pire des idéologies car en Amérique Latine, « durant la période 1999-2014, des gouvernements progressistes sont arrivés au pouvoir et ils ont rompu avec le dogme néolibéral, les résultats ont alors été spectaculaires : le taux de pauvreté est passé de 43,8 % à 21,1 % de la population, le chômage est passé de 11.2 % à 6.8 % sur la même période. La mortalité infantile a été diminuée de plus de la moitié, les taux de scolarité dans le primaire et le secondaire ont augmenté de façon exponentielle tout comme l'accès à la santé.33 »

Il est clair que le néolibéralisme est la pire des idéologies, c'est l'ennemi de tous peuples. Mais les médias ont un tel pouvoir d'endoctrinement sur les masses qu'ils parviennent à faire croire le contraire. C'est dans leur intérêt puisque le néolibéralisme permet aux propriétaires de ces médias d'acquérir des fortunes phénoménales au détriment de la majorité de la population ; je rappelle qu'en France, 9 milliardaires possèdent 90 % des grands médias, alors forcément ces médias nous racontent des mensonges en affirmant que le néolibéralisme est la meilleure des idéologies et qu'il n'y a pas d'autre alternative.

 

Le néolibéralisme a ainsi pris le pouvoir en France grâce à un coup d'État médiatique, car non endoctrinés, les peuples n'auraient jamais pu adopter une telle idéologie qui n'est clairement pas dans leur intérêt, c'est la raison pour laquelle, en Amérique Latine, le néolibéralisme n'est pas né d'un choix démocratique mais a été imposée par la force.

Ainsi, « dans le cône sud de l'Amérique latine, pourtant, premier endroit où la religion contemporaine du libéralisme sans entrave sortit des sous-sols de l'université de Chicago pour entrer dans le réel, la démocratie ne fut pas au rendez-vous. En fait, la nouvelle religion entraîna le renversement de la démocratie dans tous les pays où elle fut instaurée. Et elle n'apporta pas la paix : au contraire, elle requit l'assassinat de dizaines de milliers de personnes et la torture de 100 000 à 150 000 citoyens. »34

« Ce schéma atterrant, on le retrouve dans quasiment toute l’Amérique du Sud de l’époque : la sanglante junte militaire arrivée au pouvoir en 1976 en Argentine et responsable d’au moins 30 000 morts fut soutenue par la communauté internationale, et surtout par les États-Unis. Au Brésil et en Uruguay, des formateurs américains expliquaient les joies du manuel Kubark aux futurs bourreaux amenés à torturer les opposants.

Difficile de mettre ça uniquement sur le dos de l’École de Chicago et des adeptes du libéralisme à tout crin. Par contre, ils jouèrent un rôle de tout premier plan dans la mise en place des régimes et encouragèrent ouvertement des situations visant à plonger le peuple dans l’effroi. L’extase économique – qui jamais ne vint – était à ce prix…

Les politiques conseillées étaient toujours les mêmes : rigueur, licenciements massifs, privatisations, ouverture aux capitaux étrangers... Avec toujours le même résultat : quelques-uns se goinfrent, l’immense majorité pleure.
L’ensemble rappelant furieusement l’injonction de Nixon au directeur de la CIA Richard Helms lorsqu’il apprend l’élection d’Allende (1970) : ''Faites crier l’économie !'' ».35

« Le sale secret de l'époque néolibérale, c'est que les idéaux socialistes n'ont jamais été vaincus dans le cadre de grandes batailles d'idées ni rejetés par les électeurs, mais balayés à coups de chocs à des moments politiques charnières. En cas de résistance féroce, ils étaient terrassés, par la violence pure et simple – écrasés par les tanks de Pinochet, d'Eltsine et de Deng Xiaoping. »36

 

Le nazi-capitalisme a donc été imposé par la force au Chili avant de se répandre sur la planète. Les PEUPLES doivent dorénavant s'UNIR pour éradiquer cette idéologie ignoble dans les urnes.

 

Il y a quarante ans, à l’époque de leur révolution assassinée, les Chiliens chantaient : « Un pueblo unido jamás será vencido » : un peuple uni jamais ne sera vaincu.

 

Une chose est certaine, DES peuples UNIS ne seront jamais vaincus : le peuple d'un pays pauvre n'étant pas certain de pouvoir se libérer tout seul de la dictature du Roi Argent, il aura besoin d'une grande puissance à ses côtés afin de supporter les coups infligés par les puissances capitalistes. Alors il est probable que la France sera le premier pays à se libérer de la dictature du nazi-capitalisme, Dieu nous ayant programmé pour être le phare du monde.

 

Par ailleurs, lorsque nous aurons pris le pouvoir politique en main, nous plafonnerons les revenus de chaque citoyen en décidant par exemple que le revenu maximum à ne pas dépasser sera de 2 400 euros net par mois, mais si une catégorie professionnelle comme les médecins refuse de voir ses revenus plafonnés et se met alors en grève pour continuer à s'enrichir, les médecins seront en position de force parce qu'ils sont irremplaçables, tous les citoyens ayant besoin un jour ou l'autre d'être soignés, c'est même une question de survie, donc c'est l'une des professions qui nous posera le plus de problèmes pour imposer le plafonnement des revenus en cas de révolte des professionnels de santé ; et ce n'est certainement pas un hasard si Salvador Allende était médecin, car Dieu nous annonce ainsi que nous aurons certainement un problème avec cette profession, étant la seule vraiment irremplaçable, et les médecins seront alors en position de force pour supprimer le PLAFOND de leurs revenus. Nous serons alors peut-être obligés d'accepter leurs revendications car nous pourrions recruter des médecins dans les pays du Tiers Monde mais nous ne pouvons pas les enlever à leurs pays d'origine dont les populations ont besoin d'eux, alors nous serons éventuellement obligés de nous soumettre aux médecins français s'ils refusent de respecter la volonté du peuple, et nous pourrons alors constater qu'un certain nombre de médecins seront malades du cœur. D'ailleurs, les médecins faisaient partie de la catégorie professionnelle la plus représentée dans le Parti nazi, environ 50 % d'entre eux avaient rejoint le Parti d'Adolf Hitler, donc Dieu nous envoie peut-être un signe car l'Histoire se répétera éventuellement lorsque 50 % des médecins français accepteront de gagner au maximum 2 400 euros net par mois alors que les autres refuseront et se révolteront pour rester RICHE, d'où le message : RICHE = REICH. Certaines professions nous poseront ainsi problème mais ça ne nous empêchera pas de plafonner les revenus de la grande majorité des citoyens, alors nous parviendrons quand même à établir une égalité quasi-parfaite entre nous. Dieu se chargera ensuite de punir les malades du cœur le jour de leur mort et il n'y aura aucune anesthésie pour les soulager.

 

 

Le Chili après Pinochet : Le retour à la démocratie

Après la défaite d’Augusto Pinochet lors du plébiscite de 1988, la constitution est amendée par Pinochet pour provoquer des élections, et faire élire de nouveaux sénateurs, diminuer le rôle du Conseil de Sécurité Nationale et y mettre autant de membres civils que de militaires (quatre membres de chaque ensemble). Beaucoup de politiciens chiliens considèrent ce Conseil de Sécurité comme des restes du régime autoritaire. Tout est fait pour réformer la constitution.

En décembre 1989 a lieu le premier tour des élections présidentielles qui est le point de départ du régime démocratique. Le démocrate chrétien Patricio Aylwin, candidat de la Concertation des partis pour la démocratie (regroupant le Parti Démocrate chrétien, le Parti socialiste, le Parti pour la Démocratie, et le Parti radical social démocrate), affronte Hernán Büchi, candidat de la coalition Alianza por Chile (regroupant l'Union démocrate indépendante et Rénovation nationale). En février 1991, la commission Vérité et Réconciliation, établie un an auparavant par Aylwin, informe sur les violations des Droits de l’Homme commises par le régime militaire.

Le 11 mars 1990, à la suite d'élections démocratiques, Pinochet cède son poste de président de la république au démocrate chrétien Patricio Aylwin, élu à la tête d’une coalition — la Concertación — englobant les héritiers du socialisme d’Allende. Mais Pinochet demeure encore sept ans chef des armées.

Patricio Alywin doit remettre en place la démocratie, établir une nouvelle politique nationale, maintenir la bonne santé économique du pays (qui s'améliore sensiblement avec le retour de la démocratie). Enfin, encore plus important pour les Chiliens, l’armée doit reconnaître les violations des Droits de l’Homme commises pendant la dictature.

Le 11 mars 1994, Eduardo Frei Ruiz-Tagle devient président de la République. Il est élu grâce à la coalition de la Concertación. Son gouvernement qui dure six ans, se caractérise par l’ouverture du marché chilien à l’étranger (les années 1990-1997 se caractérisent par une croissance annuelle du PIB de l’ordre de 7 %). Cependant à la fin de son mandat, une nouvelle crise économique affecte le pays. En 1999, le PIB du Chili régresse même de 0,3 %, à cause des conséquences de la crise économique asiatique.

Après des élections assez difficiles, Ricardo Lagos devient président en mars 2000 (en étant le troisième président de la Concertación et le premier président socialiste depuis Salvador Allende), dans un climat économique relativement mauvais. Lagos devient populaire car il remet l’économie au vert, met en place de nombreuses réformes comme l’école gratuite et obligatoire jusqu’à 18 ans, légalise le divorce en 2004. Lagos signe également de nombreux traités de libre-échange, principalement avec l’Union européenne et les États-Unis.

 

La socialiste Michelle Bachelet est élue au second tour avec 53,5 % des suffrages le 15 janvier 2006 ; elle entre en fonction le 11 mars suivant. Elle devient ainsi la première femme dans l'histoire du Chili à devenir présidente. Son gouvernement se caractérise par une parité hommes/femmes.37

 

 

Michelle Bachelet présidente : Ce n'est pas le changement

L'élection à la présidence d'une femme dans le cône sud du continent américain a été très commentée. Dans un pays où les deux tiers des femmes restent à la maison et où la majorité de celles qui travaillent n'ont souvent qu'un travail précaire, la profession de pédiatre de la nouvelle élue comme sa situation de femme divorcée élevant seule trois enfants ont certainement joué en sa faveur auprès de l'électorat féminin. Les tentatives de son adversaire pour se rattraper en distribuant des bouquets de fleurs aux électrices en fin de campagne, après avoir déclaré "qu'il fallait un homme pour diriger le Chili", étaient pitoyables.

Cependant Bachelet n'est pas une nouvelle venue. Elle a fait ses armes dans le gouvernement du président précédent, le socialiste Lagos, d'abord au ministère de la Santé puis à celui de la Défense, autre "première" pour une femme ministre en Amérique du Sud. Le poste était d'autant plus difficile à tenir que l'armée devait encaisser les poursuites en cours contre Pinochet pour une partie de ses crimes pendant la dictature et pour corruption.

Certains commentateurs ont fait grand cas de cette "nouvelle" victoire de la gauche en Amérique latine. Mais la réalité est que cette Concertation démocratique, réunit le centre-gauche (le Parti Socialiste) et le centre-droit (la démocratie-chrétienne), et gouverne le pays depuis 1990, sous présidence socialiste depuis 1999.

Le compromis entre politiciens mis en place en 1990 avait pour objectif d'assurer une "sortie de dictature" en douceur, amnistiant les militaires puis restant neutre vis-à-vis des suites judiciaires de la dictature, mais assumant également son héritage économique. Pinochet, inspiré par les théoriciens ultras du libéralisme économique, après avoir brisé les organisations ouvrières, avait en effet privatisé l'essentiel de l'économie du pays. Non seulement la Concertation démocratique n'a pas remis cela en cause, mais ses deux composantes se sont relayées au gouvernement pour compléter les privatisations.

Cela a permis à l'économie chilienne, surtout exportatrice de matières premières comme le cuivre, de renforcer considérablement la prospérité des possédants et de la petite bourgeoisie qui gravite autour, en même temps que cela creusait les inégalités. Les 5 % les plus riches disposaient en 2003 d'un revenu 209 fois supérieur à celui des 5 % les plus pauvres. En 1990, il n'était "que" de 130 fois supérieur ! La pauvreté "officielle" approche les 20 %. La moitié des travailleurs survivent grâce au travail au noir. Deux tiers des familles disposent d'un revenu moyen, sept fois inférieur au revenu moyen des 20 % de familles les plus riches.

Il n'a jamais été question dans la campagne de Michelle Bachelet de remettre cela en question. Elle a mis en avant des réformes limitées pour la santé, la retraite, l'éducation et les droits des femmes, destinées à réduire un peu les inégalités mais pas à les supprimer. Trente-six mesures d'importance variables sont ainsi annoncées : des soins gratuits dans des dispensaires pour les plus de 60 ans, des bourses éducatives pour les familles pauvres, l'ouverture de nouvelles garderies pour les enfants, des aides aux petites entreprises, l'inscription automatique sur les listes électorales, la création d'un ministère de l'Environnement et de 6000 postes de policiers.

Elle a aussi parlé de réformer, d'ici 2010, le système des retraites (un système par capitalisation depuis la dictature, qui écarte d'une pension correcte les salariés qui n'ont pas assez cotisé et ceux qui n'ont survécu qu'avec le travail au noir).

Dans tout cela il n'est pas question de s'en prendre aux grandes familles du pays qui s'accaparent l'essentiel des richesses. Et celles-ci s'accommodent aujourd'hui très bien des politiciens issus des élections, comme hier elles applaudissaient l'armée qui brisait les os de la classe ouvrière. L'important pour eux c'est de continuer à prospérer et d'accroître leur fortune.38

 

 

La présidence de Bachelet (2006-2010)

Malgré sa grande popularité, Bachelet est confrontée à une situation difficile dès sa première année de présidence. En mai 2006, les protestations d’un groupe d’étudiants du secondaire exigeant plusieurs mesures et réformes pour améliorer la qualité de l’éducation, mouvement dénommé « révolution des manchots » (Revolución de los pingüinos ou Revolución pingüina), s’étendent. Le sommet est atteint le 30 mai, quand 600 000 à un million d’étudiants à travers le pays se réunissent dans des manifestations, des grèves, et des occupations de bâtiments. De tels événements provoquent une crise politique. Bachelet décide de remplacer trois ministres d’État, y compris celui de l’Intérieur, et annonce plusieurs mesures qui aident à réduire la mobilisation. Le coût politique a été important, provoquant une baisse de sa popularité (bien que quelques mois plus tard elle remonte de quelques points dans les sondages).

Fin 2006, la découverte d’une série de faits de corruption à l'Institut National des Sports seront associés directement à des membres de la Coalition, comme le sénateur Guido Girardi. Le fossé s’est creusé entre les parlementaires de l’aile la plus à gauche et les secteurs les plus conservateurs de la coalition du gouvernement, sur des sujets comme le droit à l'avortement (2005) ou les relations avec le président du Venezuela, Hugo Chávez. Cependant, l’Alliance pour le Chili n'arrive pas à tirer profit de la situation dans le conglomérat officialiste.

Le 10 février 2007, le projet Transantiago, un système de transport en commun, va enfin démarrer complètement, mais une série d’erreurs de conception qui vont s'ajouter aux manquements de certaines entreprises, vont déclencher une nouvelle situation d’urgence. Le chaos provoqué les premiers mois provoque une nouvelle augmentation du mécontentement de la population. Bachelet fait un mea culpa public et un nouvel ajustement de son cabinet.

Le 17 janvier 2010, Sebastián Piñera remporte les élections présidentielles.39

 

Retour de bâton

Après 20 ans de gouvernement néolibéral de centre-gauche (social-démocrate et démocrates-chrétiens), la droite remporte les élections. Le multimillionnaire chilien Sebastian Piñera a savouré sa victoire aux élections présidentielles, le 17 janvier 2010, devant des milliers de sympathisants. Il est élu président de la République au second tour, avec 51,6 % des voix, à la tête d’une coalition qui regroupe la droite libérale (Rénovation nationale) et les secteurs réactionnaires (Union démocratique indépendante) qui ont soutenu directement la dictature militaire de Pinochet (1973-1989).

Face à lui, l’ancien président démocrate-chrétien Eduardo Frei obtient 48,4 % des votes à la tête de la Concertation, une coalition de sociaux-démocrates et de démocrates-chrétiens, au gouvernement depuis 1989. Cette alternance met fin à quatre mandats successifs de la coalition social-libérale qui s’est largement adaptée au modèle néolibéral hérité de la dictature, tout comme à la Constitution autoritaire de 1980, amendée mais jamais remise en cause. Il s’agit d’un tournant politique.

La Concertation est en crise et n’apparaît plus comme une option stable au service des classes dominantes. Cela s’est vu dès le premier tour, avec les 20 % obtenus par le candidat dissident Marco Enriquez Ominami, issu de la Concertation, qui mélangeait quelques mesures progressistes avec un programme économique libéral.

Face à cet immense marketing politique, le Parti communiste chilien et ses alliés ont proposé la candidature de Jorge Arrate, ex-ministre de la Concertation, et un programme appelant à des réformes sociales combiné à une alliance « instrumentale », au niveau des élections législatives, avec la Concertation, afin de rompre avec leur « exclusion institutionnelle ».

Ainsi, aucun porte-parole des classes populaires indépendant n’était présent dans cette campagne. La gauche radicale, notamment le jeune Mouvement des peuples et des travailleurs (MPT), qui regroupe plusieurs petites organisations anticapitalistes, a fait campagne pour « annuler le vote », dénonçant cette absence d’alternative.

Le retour de la droite chilienne est historique : le dernier président de droite élu est Alessandri en 1958. Désormais, c’est un représentant direct de la bourgeoisie qui sera aux commandes. Surnommé le « Berlusconi chilien », Piñera est un entrepreneur qui s’est enrichi durant la dictature. Il contrôle une des principales chaînes de télévision du pays, la compagnie d’aviation Lan Chile et un important club de foot.40

 

 

Accident minier de Copiapó

L’accident minier de Copiapó est un effondrement survenu le 5 août 2010 dans la mine de San José extrayant du cuivre et de l'or au nord de Copiapó au Chili, qui laissa 33 mineurs bloqués sous terre. Initialement considérés comme morts, ces derniers surnommés Los 33 ont pu se mettre à l'abri dans un refuge de la mine et donner un signe de vie. Les opérations de sauvetage qui durèrent plus de deux mois eurent un très fort retentissement national et international. Leur remontée à la surface, un à un, le 13 octobre 2010 après 69 jours sous terre se déroula en présence du Président du Chili, Sebastián Piñera et fut diffusé en direct par plusieurs télévisions à travers le monde.41

 

Derrière l’euphorie médiatique, les hommes...

Le sauvetage, grâce à un puits d’évacuation, des trente-trois mineurs bloqués dans la mine de San José a été un succès. Des milliers de journalistes ont convergé du monde entier vers le lieu du « miracle ». Après l’annonce de l’accident, le président chilien, M. Sebastián Piñera, ne s’épargne aucun effort pour montrer qu’il supervise personnellement les travaux : sa cote de popularité a d’ailleurs grimpé de dix points après le lancement d’une opération qu’il estime « sans comparaison dans l’histoire de l’humanité ». Mais une fois passé le temps des réjouissances – toutes naturelles –, le Chili s’interrogera-t-il sur les conditions qui ont rendu possible cet accident ?

 

22 août 2010, 14 h 30. Copiapó, désert d’Atacama, au Nord du Chili. Quelques lettres griffonnées à l’encre rouge remontent d’un conduit, foré au-dessus de la mine de San José, dans l’une des régions les plus arides du monde : « Nous allons bien dans le refuge, tous les trente-trois. »

Trente-deux mineurs chiliens et un bolivien sont coincés à près de sept cents mètres sous la surface de la terre, enterrés vivants dans les entrailles d’une mine de cuivre et d’or. Depuis l’effondrement de plusieurs murs de soutènements, sous des milliers de tonnes de roche et de boue, ils survivent tant bien que mal dans l’un des refuges encore accessibles. Ils boivent les eaux de ruissellement, rationnent leurs maigres denrées alimentaires, et souffrent d’une chaleur étouffante. Mais, leur petit mot le démontre : ils sont en bonne santé.

Cette découverte est saluée par une liesse populaire : tout un peuple communie avec « ses » mineurs dans un élan de solidarité qui parcourt la cordillère des Andes et plonge jusqu’aux provinces du Sud du pays. « Oui, les héros existent bien », titre le journal à grande diffusion Las Ultimas noticias dans une édition spéciale du 23 août 2010. Le campement de San José où se sont installées les familles des mineurs est rebaptisé « campement de l’espoir ». Les travaux de sauvetage débutent.

Le 13 octobre, lorsque les premiers mineurs retrouvent la liberté, pas moins de mille sept-cents journalistes du monde entier les attendent, au milieu des drapeaux chiliens. Pour se préparer au « grand jour », les mineurs ont même dû suivre des leçons de « media-training » – au fond de la mine – en prévision de l’avalanche d’interviews et d’émissions télévisées (sans compter les propositions d’adaptation de leur histoire au cinéma, dans diverses langues).

Durant deux mois, le ministre des mines – et ancien cadre dirigeant de la filiale chilienne d’ExxonMobil –, M. Laurence Golborne, a joué les animateurs vedettes. Sans jamais quitter son blouson aux couleurs du pays et des festivités liées au bicentenaire de l’indépendance (1810-2010), il embrassait les proches des victimes et commentait les moindres progrès de l’opération de sauvetage. Mais le jour « J », c’est le président lui-même qui s’est placé sous les feux des projecteurs.

Cinq heures onze du matin : le premier mineur sort du puits d’évacuation. Il embrasse son enfant, son épouse puis… le président. Quatre minutes plus tard, ce dernier fait sa première déclaration et remercie Dieu, « sans qui ce sauvetage n’aurait pas été possible ». Il ajoute : « Aujourd’hui, nous pouvons nous sentir plus orgueilleux que jamais d’être chiliens. »

Pour l’exécutif, le drame présentait certains avantages. M. Sebastián Piñera, président-entrepreneur multimillionnaire élu le 17 janvier 2010, connaît des débuts difficiles. Sa gestion désastreuse des conséquences du tremblement de terre au mois de février suscite de nombreux mécontentements cependant que les mobilisations et grèves de la faim des Indiens Mapuches, dans le sud, lui donne du fil à retordre. Le martyre des « 33 » représentait donc une occasion rêvée d’organiser, deux mois durant et en direct, un formidable spectacle télévisé. Alors que les « 33 » étaient proclamés « héros du bicentenaire de l’indépendance », tout fut fait pour transformer l’élan de solidarité en un consensus politique : « tous unis » derrière le président Piñera. Pourtant, selon le journaliste Paul Walder, l’accident de San José constitue surtout une allégorie du Chili contemporain, un pays où la classe ouvrière se trouve « ensevelie » sous un système qui l’opprime.

 

Dans la région d’Antofagasta, 277 gisements sur 300 sont exploités sans être aux normes

Dans les faits, les trente-trois mineurs surmédiatisés demeurent paradoxalement sans voix. Ni eux, ni leur familles, ni le mouvement syndical – historiquement puissant dans ce secteur, mais affaibli par la dictature et ses réformes néolibérales –, n’ont eu l’occasion de donner leur analyse des causes de l’accident. À l’extérieur, ceux qui ont réussi à échapper à l’éboulement tentent de rappeler que leurs salaires n’ont pas été versés depuis plusieurs semaines : « Arrête ton show Piñera, nous sommes aussi trois cents dehors. » Ils se heurtent à l’indifférence générale.

Le Chili est l’un des fers de lance du capitalisme minier latino-américain. L’extraction représente 58 % des exportations et 15 % du produit intérieur brut (PIB). Le pays exploite le charbon, l’or et surtout le cuivre, dont il est le principal producteur au monde (avec 40 % du marché), notamment grâce à la plus grande mine à ciel ouvert de la planète (Chuquiquamata). Le Chili disposerait même de réserves équivalentes à deux cents ans d’exploitation.

Au moment des grandes nationalisations de 1971, le président socialiste Salvador Allende avait estimé que l’exploitation du cuivre constituait le « salaire du Chili ». Le gouvernement de l’Unité populaire avait alors exproprié les grandes firmes américaines et transféré leur propriété à la Corporation nationale du cuivre (Codelco).

À partir du coup d’État de 1973, la dictature, puis la démocratie néolibérale, inversèrent la logique en offrant de nombreux gisements en concession aux entreprises privées nationales et internationales. Sans oublier de ramener les taux d’imposition à l’un des niveaux les plus faibles au monde et les conditions de sécurité à leur plus simple expression. Elles sont parfois inexistantes. Peu importe, de toute façon : dans la région d’Antofagasta, 277 gisements sur 300 sont exploités sans être aux normes. Dans un tel contexte, l’exploitation minière devient une activité très lucrative.

 

Trente-et-un morts par an

Tout irait néanmoins pour le mieux puisque le développement de l’activité aurait propulsé les mineurs au rang de véritable « aristocratie ouvrière ». Leurs salaires ne sont-ils pas jusqu’à trois fois supérieurs au salaire minimum (262 euros mensuels) ? Mieux, ajoutait un quotidien du soir : « Le drame des “33” de San José et l’opération en cours pour les sauver ne doivent pas faire oublier l’essentiel : la grande majorité des mineurs chiliens travaillent dans d’excellentes conditions de sécurité. » Pourtant, avec trente-et-un morts par an, en moyenne (sur un total de 106 340 personnes travaillant dans la mine et les gravières), on a connu environnement plus engageant.

« San José est un cauchemar. C’était dangereux, je le savais, tout le monde le savait, déclare l’un des mineurs rescapés. Il n’y a qu’un mot d’ordre : productivité. » La compagnie minière San Estaban – qui exploite le sous-sol du pays depuis plus de deux cents ans – appartient à MM. Alejandro Bohn (60 % du capital) et Marcelo Kemeny (40 %), le fils du fondateur de la compagnie. Des deux mines qu’ils possédaient, l’une a dû fermer, épuisée. Il fallait donc que San José continue à financer le train de vie des dirigeants de la société.

À San José, la hausse du prix du métal sur le marché mondial se traduit par une intensification du travail, le recours quasi-systématique aux heures supplémentaires (jusqu’à douze heures par jour) et… une certaine désinvolture dans le domaine de la sécurité : quand, au moment de l’accident, le 4 août, les trente-trois mineurs se précipitent dans la cheminée de secours pour remonter, ils découvrent qu’aucune échelle n’y a été installée...

Une surprise ? Non : depuis 1999, les accidents se multiplient. En 2004, suite à la mort d’un ouvrier, les syndicats avaient déposé une plainte d’abord rejetée par la cour d’appel. Finalement, en 2005, c’est la fermeture sur décision de la direction du travail. Pourtant, la mine rouvre en 2009, sans que l’ensemble de l’exploitation ait été mise aux normes. En juillet 2010, nouvel accident : un mineur a les jambes broyées. Malgré tout, trois semaines plus tard, le service national de géologie et des mines (Sernageomin) autorise le maintien de la production. Plusieurs syndicalistes parlent de corruption. Vingt-six familles de mineurs ont même décidé de porter plainte contre les propriétaires et l’État.

M. Nestor Jorquera, président de la Confédération minière du Chili (syndicat qui regroupe dix-huit mille salariés), regrette que le Chili ne soit pas signataire de la convention 176 de l’organisation internationale du travail (OIT) sur la sécurité et la santé dans les mines. Il dénonce surtout une législation du travail régressive, héritage de la dictature. Le droit de grève, par exemple, est limité.

Malgré quelques programmes de prévention des risques, la superintendance de sécurité sociale (ministère du travail) reconnaît que 443 personnes sont décédées suite à un accident du travail en 2009 (282 pour le premier semestre 2010), tandis que 191 685 accidents non mortels ont été enregistrés en 2009 (pour une population active de 6,7 millions d’individus).

Le 28 août 2010, le président Piñera a annoncé la création d’une « superintendance des mines » (les syndicats n’y seront pas représentés), renvoyé le directeur du Sernageomin et promis l’augmentation des contrôles et du nombre d’inspecteurs. Il faut dire qu'au moment de cette annonce, ces derniers étaient... seize, pour contrôler plus de quatre mille mines réparties dans tout le pays.42

 

 

Bachelet, le retour

La victoire électorale de la « socialiste » Michelle Bachelet, le 15 décembre 2013, a confirmé la tendance du premier tour des présidentielles, après quatre ans de gouvernement de Sébastian Piñera (droite néolibérale).

Face à Evelyn Matthei (droite, 37,8 % des voix), Michelle Bachelet est donc la prochaine présidente avec plus de 62,2 % des voix. Cette nette victoire électorale valide les résultats des primaires et du premier tour, pour celle qui était annoncée depuis des mois comme la grande gagnante de ce cycle politique institutionnel.

De retour de New York, après avoir dirigé le programme « femmes » de l’ONU, Bachelet a néanmoins réussi à préserver sa popularité, incarnant une figure maternelle, consensuelle… et infantilisante, cherchant aussi à effacer la mémoire des nombreuses répressions – contre le peuple mapuche en particulier – de son gouvernement. Fille d’un général mort des suites de la torture, elle-même victime de la dictature, elle a su jouer en permanence sur les ambiguïtés de son programme, présenté comme réformiste progressiste et à la fois clairement néolibéral sur le plan économique. Elle a aussi bénéficié d’une immense machinerie de marketing communicationnel, d’une équipe de campagne de 500 personnes et du soutien financier d’une partie du patronat : lors du premier tour, certains grands patrons n’avaient pas hésité à apporter leur soutien à l’ex-présidente, dont Jorge Awad, président de l’association des banques chiliennes. Globalement, l’apport des grandes entreprises à la campagne de la pédiatre socialiste a représenté le triple des sommes allouées à la candidate de droite, Evelyn Matthei…43

 

 

Abstention et crise du système politique

Si l’on analyse ces élections, il semble bien que la majorité des classes populaires ne se sente pas tout à fait représentée par la « Nouvelle majorité » et, plus fondamentalement, par la classe politique et un système institutionnel façonné en dictature. Sur les quelque 13 millions d’électeurs, et alors qu’une récente modification électorale a aboli le vote obligatoire, moins de 50% se sont déplacés aux urnes : un record historique. Si certains secteurs militants et intellectuels ont appelé consciemment à la « grève électorale », c’est surtout l’apathie et le désenchantement qui dominent encore, dans une société marquée par l’atomisation néolibérale et l’hyper-endettement généralisé.

Derrière les lambris et la façade étincelante du « jaguar » chilien, on trouve des inégalités sociales abyssales et 50 % des salarié·e·s du pays qui gagnent moins de 300 euros par mois. Les années précédentes ont été celles de grandes mobilisations collectives, mais souvent isolées : luttes massives des étudiants, luttes écologistes et régionalistes, grèves des salarié·e·s de plusieurs secteurs. Les grèves et la combativité des travailleurs portuaires en sont un exemple clair (en particulier dans le Nord du pays). Mais le mouvement syndical est encore très faible, peu représentatif et souvent bureaucratisé, alors que domine encore largement dans la société l’hégémonie culturelle et subjective d’un modèle néolibéral imposé à feu et à sang, et désormais « naturalisé » dans une large mesure. Dans ces conditions, et alors que deux terribles catastrophes (tremblement de terre dans le Nord et vaste incendie dans le port de Valparaiso) ont à nouveau dévoilé le vrai visage des immenses inégalités du « modèle » chilien, un troisième tour social peut-il mettre les alternatives à l’ordre du jour ? Rien de sûr. Comme le déclarait l’historien Sergio Grez : « Il existe effectivement un danger que le gouvernement, et les partis qui le soutiennent, réussissent à dévier une partie de l’énergie sociale au moyen de réformes constitutionnelles qui ne signifient pas un changement profond. Néanmoins, avec le temps, les réformes révéleront leur caractère véritable, car elles ne résoudront pas les problèmes fondamentaux. Si la future Constitution, retouchée dans quelques éléments secondaires, n’établit pas que les ressources stratégiques doivent être aux mains de l’ensemble de la société, si elle ne déclare pas que l’État du Chili est plurinational, pluriethnique et pluriculturel, si elle ne garantit pas que l’éducation, la santé publique et la protection sociale sont des droits sociaux qui doivent être garantis par l’État, et si les conséquences pratiques de cela ne sont pas tirées, les causes fondamentales des problèmes ne seront pas éliminées. Si la Constitution ne sort pas l’État du rôle purement subsidiaire qu’il a depuis quarante ans, alors cela signifierait que ce n’est qu’un maquillage juridique et politique du modèle néolibéral et que, par conséquent, les problèmes sociaux seront toujours là, avec les conséquences que cela entraîne en termes de mécontentement, d’opposition au régime, de mobilisations sociales, d’explosions de colère et de malaise social. »44

 

 

Crise politique et scandales financiers

En mai 2015, les scandales financiers à répétition ont plongé le Chili et le gouvernement de Michelle Bachelet dans une crise politique sans précédent depuis le retour à la démocratie en 1990, éloignant certainement de manière profonde les Chiliens de leur gouvernement et de la politique. Après avoir demandé la démission de tous ses ministres, la présidente du Chili a décidé d’en garder 18 sur 23. Parmi les partants figurent, le ministre de l’Intérieur Rodrigo Peñailillo ainsi que Claudia Barattini ministre de la Culture.

Les scandales commencent à la fin de l’année 2014, lorsqu’on découvre le financement illégal de campagnes électorales. Le groupe financier Penta est pris dans une affaire de corruption, fausses factures et fraude fiscale pour plus de 800 000 euros. Pour étendre ses intérêts au cœur du pouvoir législatif, le groupe a financé des candidats de la droite au Congrès. Des hauts fonctionnaires des services des impôts sont aussi impliqués dans cette affaire – le directeur d’un centre d’impôts s'est ainsi retrouvé en détention provisoire. Pour la première fois dans l’histoire de la justice chilienne, c’est un procureur chilien qui a pris en charge l’enquête.

Une autre affaire fait déborder le vase : c’est au tour de l’entreprise minière Soquimich, leader mondial du lithium et propriété de l’ex-gendre du dictateur Augusto Pinochet, d’être sur le banc des accusés, et avec elle plus de 170 politiciens de gauche comme de droite soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin. Cette affaire touche principalement l’opposition de droite, mais des noms de membres de l’équipe de la présidente sont apparus dans l’enquête. Ces événements ont provoqué une grande méfiance dans la population et une chute rapide de la popularité de la présidente socialiste. Élue avec 61 % des voix, 14 mois après, elle ne bénéficie plus que de 31 % d’opinion favorable.

Au milieu de cette tourmente, l’hebdomadaire Qué Pasa révèle en février une douteuse opération immobilière réalisée par le fils de la présidente Bachelet, Sebastián Dávalos, chargé culturel du Palais de la Moneda, et par son épouse Natalia Compagnon. Le couple a obtenu un crédit de 10 millions de dollars pour l’entreprise Caval, propriété de la belle-fille à 50 %. Une instruction a été ouverte pour trafic d’influence et délit d’initié. Suite à toutes ces affaires, Michelle Bachelet a créé un conseil d’experts chargé d’élaborer des normes contre la corruption, les conflits d’intérêt et le trafic d’influence.

C’est dans ce contexte que la présidente a annoncé le 6 mai 2015 dans la soirée, alors qu’elle participait à une émission télévisée, sa décision de demander à ses ministres de démissionner en bloc et qu’elle rendrait publique la composition du nouveau gouvernement dans un délai de 72 heures. Michelle Bachelet a fait cette annonce, attendue depuis des mois, en plein milieu de l’interview, la voix hachée, pour tenter de résoudre la crise politique. L’annonce présidentielle au beau milieu d’un programme de télévision populaire est quelque chose d’inédit au Chili et a choqué plus d’un dans ce pays où la politique se voudrait encore austère. Après avoir demandé la démission de tous ses ministres, la présidente du Chili a décidé d’en garder 18 sur 23.

Elle espère ainsi donner un nouveau souffle à son gouvernement. Mais ce remaniement donne une note plus conservatrice, que l’opposition de droite applaudit tandis que les secteurs de la gauche le regrettent, craignant que les réformes annoncées –dont celle très importante de la Constitution– tombe aux oubliettes. Le nouveau ministre de l’Intérieur, le démocrate-chrétien Jorge Burgos, est ainsi plus au centre que son prédécesseur, plus proche de la vieille garde du centre gauche. Quant au nouveau ministre des Finances, Rodrigo Valdés, il est plus libéral et plus proche du secteur privé.45

 

 

La droite remporte l’élection présidentielle

Le 17 décembre 2017, le candidat de la droite, Sebastian Piñera, un des capitalistes les plus riches du pays, a remporté largement le deuxième tour de l’élection présidentielle chilienne avec 54,6 % des voix contre les 45,4 % du candidat de la coalition conduite par le Parti socialiste, Alejandro Guillier, qui ne succédera donc pas à la présidente PS sortante, Michelle Bachelet.

L’arithmétique du premier tour pouvait laisser penser que les 22 % du candidat socialiste, ajoutés aux 20 % de la candidate de la gauche du Frente amplio, le Front large, suffiraient à battre les 36 % du candidat de la droite. Les principaux dirigeants du Frente amplio, dont leur candidate présidentielle Beatriz Sanchez, ont bien appelé à voter, à titre personnel, pour Guillier, mais ils n’ont pas forcément été suivis et surtout l’électorat de droite s’est fortement mobilisé.

D’abord, le candidat d’extrême droite du premier tour, José Antonio Kast, 7,5 % des voix, s’est mobilisé pour que son électorat soutienne le candidat de droite. Kast se présente comme un fervent admirateur du général Pinochet. Et si le candidat de la droite, Piñera, se dit de la droite libérale et prétend en finir avec les mauvais souvenirs de la dictature de Pinochet, il n’a pas dédaigné ce soutien.

Guillier, qui ne voulait pas endosser le relatif discrédit de la présidence Bachelet dans les milieux populaires et parmi la jeunesse, a axé sa campagne principalement contre la personnalité de Piñera, déjà président en 2010. Ce à quoi la droite a rétorqué en agitant l’épouvantail du moment, le Venezuela de Maduro, en pointant un risque imaginaire de « Chilezuela ».

Piñera a joué sur les deux tableaux. Il a laissé dire les ultras de son camp dont certains brandissaient en public des bustes de Pinochet, tout en agitant par ailleurs quelques promesses, la gratuité des études supérieures, l’augmentation des retraites ou la réduction de la pauvreté, pouvant séduire au-delà de la droite modérée. Mais la promesse qu’il assumera à coup sûr est celle qui concerne la baisse des impôts des entreprises, qui coïncide avec ses propres intérêts et ceux du 1 % de privilégiés qui contrôle 30 % des richesses du pays.

 

 

Explosion de colère

Une augmentation du prix du ticket de métro de Santiago a provoqué une révolte populaire dans tout le pays. Le président Sebastian Piñera a reculé. Il a annoncé, le 23 octobre 2019, des mesures en faveur des plus pauvres, dont l’augmentation de 20 % du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité.

Quand, pour la seconde fois cette année, Piñera a annoncé une augmentation du prix du ticket de métro de 800 à 830 pesos, la jeunesse des lycées et des facultés de Santiago s’est mobilisée. Le 7 octobre, elle a envahi les stations de métro, sautant par-dessus les tourniquets et bloquant la circulation des trains.

Or, dans cette capitale complètement saturée, le métro est utilisé chaque jour par trois millions d’usagers. Le coût du transport peut représenter 20 % du salaire ouvrier et près de 40 % de la pension de bien des retraités. Aussi la mobilisation des jeunes a tout de suite été populaire.

Et quand le gouvernement a envoyé la police dans le métro contre les jeunes, la colère a explosé. Le 18 octobre, une quarantaine de stations de métro ont été incendiées, ce qui a entraîné la fermeture de tout le réseau et un chaos général dans la capitale. Le soir même, le président Piñera instaurait l’état d’urgence, en application d’une loi sécuritaire datant de la dictature militaire de Pinochet (1973-1990). Le général Javier Iturriaga del Campo a déployé dix mille soldats dans la capitale.

Piñera pensait que les dégradations retourneraient l’opinion et que l’envoi de l’armée démobiliserait les manifestants. Il a obtenu le résultat inverse. Le déploiement des soldats dans les rues a réveillé le cauchemar de la dictature militaire. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Santiago, faisant retentir des cacerolazos, des concerts de casseroles, aux cris de « Dehors, les militaires ! »

Des manifestants brandissaient des photos de disparus de la dictature et saluaient le courage des jeunes qui avait effacé leurs propres peurs.

Les affrontements se sont multipliés, d’autres stations ont été incendiées, des bus brûlés, des entreprises privées envahies, comme l’immeuble de la société d’électricité Enel, succursale de Banco Chile, des supermarchés pillés, notamment ceux de l’enseigne nord-américaine Walmart.

La contestation s’est étendue aux communes autour de la capitale, puis à tout le pays.

Le samedi 19 octobre, Piñera, contraint de reculer, a annoncé l’annulation de la hausse du ticket de métro.

En même temps, le général Iturriaga annonçait un couvre-feu à partir de 22 heures.

Mais cette nouvelle provocation a rempli à nouveau les rues de manifestants : à Santiago, à Valparaiso, à Concepción, à Antofagasta et dans bien d’autres villes, où les incendies de bâtiments publics se sont multipliés.

Le couvre-feu a été étendu à de nombreuses villes, sans faire baisser la mobilisation.

Le 20 octobre, Piñera déclarait à la télé : « Nous sommes en guerre, contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne. » Sept manifestants étaient morts et 1 500 arrêtés mais, pour le président, les manifestants étaient de « véritables criminels ».

Le 21, la Confédération étudiante, le syndicat des mineurs de la plus grande mine de cuivre du pays, La Escondida, et le syndicat des dockers de Valparaiso appelaient à la grève générale. Du coup, la Centrale unitaire des travailleurs, la CUT, et diverses fédérations syndicales se sont réveillées. Muettes jusqu’alors, elles ont dénoncé l’état d’urgence et appelé à la grève pour le 23.

Quelques semaines auparavant, le président Piñera avait vanté le Chili comme une oasis dans une Amérique latine en ébullition.

Son intransigeance a fait exploser toutes les colères. Un « papillon », un tract de la taille d’une paume de main, qui circulait ces jours-là, titrait : «Ce n’est pas seulement le métro mais la dignité de toute une société », dénonçant tout ce qui ne passe plus dans un Chili très inégalitaire : « La santé, l’éducation, le logement, les prix de l’électricité et de l’essence, le salaire des parlementaires, les détournements d’argent des militaires et l’impunité du patronat. »

La privatisation générale de l’économie, démarrée sous Pinochet, y compris le système de santé, l’éducation et les retraites, avec pour conséquences des soins très peu remboursés, des études supérieures où on s’endette pour des dizaines d’années et des pensions de misère et un salaire minimum 32 fois inférieur à celui d’un parlementaire : c’est tout cela qui a d’explosé.

Les piteuses excuses de Piñera, présentées le 23 octobre, ne suffiraient sans doute pas à satisfaire la population.46

 

 

Victoire de la gauche

Le 19 décembre 2021, le deuxième tour de l’élection présidentielle qui opposait le candidat d’extrême droite et défenseur de la dictature de Pinochet, José Antonio Kast, à Gabriel Boric, présenté comme « à gauche de la gauche », s’est terminé par la nette victoire de ce dernier.

Avec 4,6 millions de voix (56 % des votants) contre 3,6 millions (44 %), l’écart était suffisant pour que Kast reconnaisse sa défaite. Pendant la campagne, celui-ci a agité l’épouvantail communiste pour mobiliser la droite, qui a d’autant moins à redire contre la dictature de Pinochet que celle-ci a assuré la domination des possédants. Aux sujets abordés pendant la campagne, droit à l’avortement, mariage homosexuel, droits des femmes et des indigènes, dénonciation de la dictature, corruption de la classe politique, Kast a surtout répondu par le mensonge et la calomnie.

Le nouvel élu, Gabriel Boric, dirigeant des manifestations étudiantes de 2011 pour la gratuité de l’éducation, a soutenu la forte mobilisation sociale de 2019, qui a vu plus d’un million de personnes manifester dans les rues de Santiago le 25 octobre ! Député depuis 2014, il a été élu avec le soutien d’un « front large » associant le Parti communiste, des écologistes et des personnalités de centre-gauche, dont deux ex-présidents socialistes, Ricardo Lagos et Michelle Bachelet. Depuis 2020, il est l’un des participants de la rédaction d’une nouvelle Constitution devant remplacer le texte actuel, inchangé depuis la fin de la dictature en 1990.

Boric a annoncé une réforme fiscale pour faire participer les plus riches au financement de la santé, de l’éducation et des retraites avec la formule : « plus de droits sociaux, tout en restant fiscalement responsables ». Il a promis de lutter contre le réchauffement climatique, s'est déclaré pour la légalisation de l’avortement et les droits des minorités indigènes. Tout cela, il a prétendu le faire à la façon des gouvernements sociaux-démocrates, dans le cadre du système capitaliste.

C’est déjà ce qu’avait prétendu faire Allende il y a un demi-siècle. Celui-ci avait même dit aux travailleurs qu’on pouvait faire confiance à l’armée, accordant des maroquins ministériels à des militaires qui devaient le renverser quelques semaines plus tard.

La dictature de Pinochet avait alors, non seulement mis un terme avec violence aux aspirations des classes populaires, mais déblayé le terrain pour imposer un capitalisme tout puissant, démantelant les industries d’État et privatisant les services publics, permettant ainsi à une poignée de possédants de spéculer avec l’argent de l’éducation, de la santé et des retraites. Grâce à cela se sont bâties des fortunes qui font aujourd’hui du Chili un des pays les plus inégalitaires : 1 % de la population concentre 30 % des richesses, que ces possédants n’ont en aucune façon l’intention de partager.

Ces inégalités, fortes et visibles, ont amené l’explosion sociale d’octobre 2019. Le président-milliardaire d’alors, Piñera, avait tenté d’en sortir par une violente répression policière, puis en l’amenant sur la voie de garage de la rédaction d’une nouvelle constitution et l’illusion que la loi pourrait protéger un peu mieux les classes populaires. C’est sur cette voie que s’engagea la coalition de gauche qui a remporté la présidentielle, y compris le nouveau président.

Près de cinquante ans après Allende, les mêmes dangers continuent pourtant à peser sur les classes populaires chiliennes. Face à leurs aspirations à mieux vivre, elles trouvent une bourgeoisie prête à défendre bec et ongles ses privilèges, un appareil d’État et une armée prêts à se mettre à son service.47

 

 

La nouvelle Constitution rejetée

Lors du référendum du 4 septembre 2022, presque 62 % des électeurs chiliens ont voté « je rejette », refusant ainsi le projet de nouvelle Constitution censée remplacer celle datant de la dictature militaire de Pinochet (1973-1990).

Le vote a donc confirmé, et au-delà, les sondages. Le président de centre gauche, Gabriel Boric, avait déjà fait savoir que, en cas d’échec, il relancerait un processus constitutionnel, et il l’a redit suite à ce rejet.

Le 25 octobre 2019, lorsqu’un million de manifestants avaient envahi les rues du pays, la présidence avait d’abord réagi par la répression. Puis, la mobilisation ne faiblissant pas, Piñera avait proposé de réviser cette Constitution.

Dans cette manœuvre, le président avait reçu le soutien de la plupart des partis de gouvernement qui, le 15 novembre 2019, signaient un accord « pour la paix sociale ». Les manifestations ont ainsi cessé, de façon à faire rêver leurs participants à une « bonne » Constitution, qui réglerait tous les problèmes sociaux qu’ils endurent.

Le 15 octobre 2020, plus de 78 % des électeurs votaient donc pour une réforme de la Constitution. Et, en mai 2021, une Convention constitutionnelle de 155 membres parmi lesquels 17 représentants des peuples indigènes, était élue pour rédiger le projet qui vient d’être rejeté.

En fait, outre les élus indigènes, ces élus représentaient surtout les partis de la gauche dite radicale, et des personnalités intellectuelles dites indépendantes, tandis que les partis traditionnels étaient écartés.

Certains s’interrogent pour savoir ce qui a mécontenté les électeurs. On évoque la suppression du Sénat, le droit à l’avortement ou le pouvoir que cette Constitution aurait pu donner aux peuples indigènes qui revendiquent certaines terres. Quoi qu’il en soit, et comme l’avaient imaginé les politiciens qui l’ont mise en place, cette carotte constitutionnelle a permis de dévoyer la lutte amorcée en octobre 2019. Bien des participants de ce mouvement ont pu croire que le fait d’inscrire dans une Constitution le droit au travail ou au logement pourrait en faire une réalité.

En abandonnant le terrain de la rue, les manifestants de 2019 ont lâché la proie pour l’ombre.

Le président de centre gauche a annoncé qu'il relancerait le processus constitutionnel en y réin­tro­dui­sant les partis traditionnels, y compris ceux qui, à droite, ont fait campagne pour le rejet. La droite la plus conservatrice s’est dite partante. Il en sortira peut-être un texte plus consensuel. Mais, en attendant, le sort des classes populaires ne changera pas et on les priera de continuer d’attendre la satisfaction des aspirations qui les ont mobilisées en 2019. 48

 

 

Un pays parmi les plus inégalitaires du monde

Selon un rapport de 2015 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Chili est le pays le plus inégalitaire parmi les 34 nations les plus riches de la planète. L’économie chilienne est une de celles qui ont le plus progressé en Amérique latine depuis les années 1980. Mais cette richesse est accaparée par la bourgeoisie. En 2014, les cinq familles les plus riches du pays, dont la plupart des membres préfèrent vivre en Californie, se partageaient 16 % du PIB, parmi lesquelles la famille Piñera, celle du président chilien dont la fortune personnelle est évaluée à plus de deux milliards d’euros. C’est ainsi que 180 000 Chiliens, les plus riches, disposent de plus du quart de la richesse nationale tandis qu’à l’autre bout neuf millions, la moitié de la population, n’ont que deux malheureux pour cent à se partager ! 49

 

 

Sources

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'ind%C3%A9pendance_du_Chili
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d'ind%C3%A9pendance_du_Chili
(5) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(6) Jacques Fontenoy http://www.lutte-ouvriere-journal.org/lutte-ouvriere/2055/divers/article/2007/12/19/16738-chili-21-decembre-1907-le-massacre-des-mineurs-de-santa-maria-de-iquique.html
(7) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(8) https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Chili
(9) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(10) https://fr.wikipedia.org/wiki/Salvador_Allende
(11) Françoise Lopez http://www.legrandsoir.info/Du-Chili-d-Allende-au-cauchemard-Pinochet-par-Francoise-Lopez.html
(12) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(13) https://fr.wikipedia.org/wiki/Augusto_Pinochet
(14) https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Condor
(15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(16) https://fr.wikipedia.org/wiki/Augusto_Pinochet
(17) Julien Sansonnens http://www.popvaud.ch/site/?p=340
(18) Francisca Rodriguez interviewée par Isabelle Bourboulon dans « Voix rebelles du monde », Edité par HB ; Attac-04, impr - paru en 2007, p.205.
(19) Marc Vandepitte https://www.investigaction.net/fr/Le-fosse-entre-riches-et-pauvres-n/
(20) Zaida Green http://www.mondialisation.ca/un-milliard-et-demi-de-personnes-vivent-avec-moins-de-125-par-jour/5443865 Article original, WSWS, publié le 17 avril 2015
(21) https://fr.wikipedia.org/wiki/Salaire_maximum
(22) Tarik Bouafia https://www.investigaction.net/fr/De-Salvador-Allende-a-Hugo-Chavez/
(23) Henriette Mauthey http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2013/09/11/il-y-40-ans-chili-11-septembre-1973-le-coup-detat-de-pinochet-et-lecrasement-du-mouvement-ouvrier_30619.html
(24) Naomi Klein, « La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre », Édité par Léméac ; Actes Sud, 2008, p.75-76.
(25) François Lopez http://www.legrandsoir.info/Du-Chili-d-Allende-au-cauchemard-Pinochet-par-Francoise-Lopez.html
(26) Serge Halimi, « Le grand bond en arrière », Fayard, 2005, p.359.
(27) Henriette Mauthey http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2354&id=43
(28) Franck Gaudichaud cité par Henri Wilno http://www.npa2009.org/content/chili-apprendre-du-passe-est-la-clef-de-nos-presents-et-la-condition-de-nos-futurs
(29) Tarik Bouafia https://www.investigaction.net/fr/un-monde-de-plus-en-plus-inegalitaire/
(30) Jean-Pierre Acasoca http://2ccr.unblog.fr/2016/01/26/62-personnes-possedent-plus-que-le-reste-du-monde/
(31) Sofia Injoque https://www.investigaction.net/fr/Allende-sa-voix-resonne-encore-et/
(32) Alex Anfruns / Romain Migus http://www.investigaction.net/lamerique-latine-entre-turbulence-et-resistance/
(33) Ibid.
(34) Naomi Klein, « La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre », Édité par Léméac ; Actes Sud, 2008, p.111.
(35) http://www.article11.info/?Naomi-Klein-La-Strategie-du-Choc
(36) Naomi Klein, « La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre », Édité par Léméac ; Actes Sud, 2008, p.111.
(37) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chili
(38) Jacques Fontenoy https://www.lutte-ouvriere-journal.org/2006/01/18/chili-michelle-bachelet-presidente-ce-nest-pas-le-changement_12289.html
(39) https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Chili
(40) Franck Gaudichaud http://www.npa2009.org/content/chili-retour-de-baton-0
(41) https://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_minier_de_Copiap%C3%B3
(42) Franck Gaudichaud http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-10-14-mineurs-chiliens
(43) Franck Gaudichaud http://www.npa2009.org/content/apres-les-elections-au-chili
(44) Franck Gaudichaud http://cadtm.org/Chili-Le-gouvernement-Bachelet-le
(45) Olga Barry https://www.anti-k.org/2015/05/13/le-chili-au-coeur-dune-crise-politique-et-de-scandales-financiers-remanie-le-gouvernement/
(46) Antoine Ferrer https://journal.lutte-ouvriere.org/2019/10/23/chili-explosion-de-colere_135266.html
(47) Jacques Fontenoy https://journal.lutte-ouvriere.org/2021/12/22/chili-voter-gauche-ne-suffira-pas_192344.html
(48) Jacques Fontenoy https://journal.lutte-ouvriere.org/2022/09/07/chili-la-nouvelle-constitution-rejetee_402848.html
(49) J.F. https://journal.lutte-ouvriere.org/2019/10/23/chili-un-pays-parmi-les-plus-inegalitaires-du-monde_135265.html